JuinJuillet2020

Une mine d’or que ces belles rencontres…

Le Covid a tué en grande partie mon petit métier de dessinateur de rue. Mais pour autant, je fais confiance aux rayons de soleil qui éclairent notre route dans ce monde devenu soudain si sombre.

 

Bonjour, je reprends avec joie le fil de ces chroniques accompagnées de dessins, après une période à la fois très déstabilisatrice et triste : le Covid-19 .

Je ne savais pas si l’énergie dont j’ai besoin pour dessiner reviendrait vraiment. Pourtant, pendant toute la période du Covid, ce confinement qui fut d’une violence inimaginable, j’ai tenté de prendre un autre chemin, créant un journal, Le Nouveau Franc-Parler. Un épisode tragique m’a incité à cette ‘folie créatrice » : une publication que j’avais élaborée, gratuitement, à l’intention d’un groupe de militants….

Mais ce fut une hécatombe, d’autant plus que la tête de liste n’en fit qu’à sa tête, trahissant bien des accords, se servant des compétences des uns et des autres pour compenser ses propres failles, et j’ai pu découvrir ainsi le côté grotesque de la politique. Une sale expérience qui m’a permis de comprendre pourquoi la démocratie, en définitive, est un « concept » fort en péril, car c’est davantage de vanité que d’idées qu’il est question lors des campagnes électorale.

Expérience d’autant plus cruelle que la candidate m’avait supplié : « Yann, j’ai besoin d’un artiste sur ma liste ». Un artiste, ça vaut de l’or pour donner de la crédibilité à une liste. Mais un vrai artiste ne vent pas son âme, ne se laisse pas soumettre à des chantages, essaie de casser les code du formatage des esprits. La politique et l’art : incompatibles ? Je me pose des questions : tout le monde aimerait avoir la sympathie d’un artiste, mais peu de gens ambitieux supporte la sincérité que l’art implique.

Alors, j’ai très mal vécu ce genre d’irréalités. Ma loyauté à cette personne a été « récompensée » par des accusations, après la campagne, selon lesquelles j’aurai saboté les résultats pitoyables de la liste en question. Faussement aimé, exploité jusqu’à renoncer à produire des dessins pour faire du tractage, j’ai soudain vu se propager la haine et le mépris autour de moi.

Dès lors, chaque dessin que je fais est un petit miracle, d’autant plus que tant de mes connaissances ont péri des conséquences du Covid, et que j’ai moi-même perdu cette joie qui consistait à vendre, de temps en temps, un dessin dans les rues.
Mais quand il reste un rayon de lumière en soi, c’est forcément que subsiste un soleil quelque part, un soleil en soi, prêt à éclairer davantage notre chemin. Beaucoup d’entre nous ne le comprennent pas, et ils font le choix d’assombrir la vie des autres par négation de leurs propres compétences.

A vous toutes et à vous tous qui suivez mon modeste travail au fil de ces pages virtuelle, j’adresse un grande MERCI. Je fais triste mine, souvent, mais rien ne me semble plus enrichissant, d’un point de vie humain, que les mines de mes crayons car lorsque je dessine, je fais des rencontres épatantes. Des rencontres qui me permettent d’oublier combien une certaine médiocrité s’est emparée d’un monde en perdition.

Yann

 

 
 
 
 
 

Retrouvailles avec le Pont des Arts... et celui du Pont Neuf

La tragérie du Covid-19 a brisé mon « petit métier » de dessinateur de rue. Sans la présence d’Américains, de Chinois, etc, à Paris : difficile de vendre des dessins faits sur place. Mais je continue, comme si de rien n’était. Il me reste une « richesse » : des rencontres imprévues avec des personnes désireuses d’échanger… 

 

25 juin 2020


 

 

Observateur attentif et amoureux du Pont des Arts, dont il réalise de fréquentes vidéos, Claude Boher m’avait prévenu, au sortir du confinement : « Il reviendra, le jour où le Pont des Arts se remettra à vivre… » Mon cahier de dessins posé sur la rambarde de ce qui fut « le pont des cadenas de l’amour », j’en ai fait par dizaines, des croquis, la tête tournée de préférence vers le Pont Neuf, formidable source d’inspiration, endroit insolite, car feignant d’être spacieux dans une capitale toujours plus bétonnée et densément occupée. La Seine y offre des nuances de bleus de vert si précieux. Et sous les arches du pont se faufilent des bateaux d’une envergure telle qu’on se demande comment ils s’y prennent pour ne pas égratigner les piles

Mais j’appréhendais ces retrouvailles avec le pont des Arts et son voisin en amont. J’y avais passé de si fécondes soirées, à discuter en anglais avec des touristes venus du monde entier, leur expliquant, souvent, l’histoire de l’Institut de France dont on me demandait, à cause de son dôme, s’il n’avait pas été une église. Puis un soir de juin, le 25, j’ai brisé cette psychose… revoir un pont des Arts déserté par les touristes, dans ce Paris dont le coronavirus avait démembré le cosmopolitisme.

SOCIOLOGUE SOUDANAIS - Malgré tout, j’ai quand même passé un moment délicieux sur ce pont que je n’avais pas vu depuis d’interminables mois. Une petite foule, insouciante, déferlait sur les lattes de ce pont dont la singularité est de n’accueillir aucune voiture… Mais seule la langue française avait droit de cité. Les Américains, les Chinois, les Mexicains, etc. avaient déserté cet endroit magique et pluriel. Toutefois, je fis quelques rencontres intéressantes, en particulier avec Addoya, qui me pria de m’exprimer en français ! De nationalité soudanaise, il était venu à Paris pour étudier la sociologie, discipline qu’il résumait ainsi : « Nourrir un esprit critique sur la société en s’imprégnant de matières telles que la géographie, l’histoire… » Addoya se réjouissait de constater, non sans raison, que les sociologues occupaient une place prépondérante dans les émissions de télévision en France. Puis un beau jeune homme vint admirer mes dessins, et il me dit : « C’est magnifique tes couleurs.

PHOTOGRAPHE ESPAGNOL - D’origine espagnole, Samuel Vasquez Garcia a vécu dans le Valais, canton suisse dont il a conservé l’accent, et il veut creuser son sillon dans la photographie. Un créneau très particulier que le sien puisqu’il restitue des scènes érotiques, mais sans vulgarité aucune. Une phrase, dans la présentation de son travail qu’il faut sur son website m’a intrigué : plusieurs questions me sont parvenues... « (…) Pourquoi ne pas regarder plus bas?  Pourquoi ne pas découvrir ce qu'il se cache sous cet amas de tissus? Pourquoi couvrir toutes les épreuves que celui-ci a enduré, pourquoi ne pas dévoiler toute son histoire, pourquoi ne vouloir qu'en sortir la perfection alors que celle-ci n'existe pas et surtout pourquoi catégoriser alors que nous sommes tous pareils. »

Samuel ne veut retourner ni en Suisse ni en Espagne où, confirme-t-il, la crise économique est encore plus féroce qu’ailleurs. « Je vais me lancer dans l’auto-entreprenariat », proclame-t-il, plein d’espoir.

Yann Le Houelleur

 
 
 
 
 
 
 
 

Un parfum de Bretagne au pied du Moulin Rouge

« Cet été, nous n’aurons presque plus d’événements folkloriques chez nous, à commencer par les Vieilles Charrues», déploraient des Bretonnes à la terrasse du Rouge Bis. »

 

26 juin 2020



Grâce à la bienveillance de Joseph, le patron du Rouge Bis, j’ai le privilège de pouvoir transformer une table, sur la terrasse de son restaurant, en atelier de dessin. De l’autre côté du boulevard de Clichy, le Moulin Rouge met une note de fantaisie dans un Paris souvent tristounet. Sa couleur rouge vif trouve un écho dans les framboises surplomblant les monticules de crème fouettée cachant de moelleux biscuits servis, en guise de dessert, aux consommateur de cette basserie nappée de décontraction.

Les années précédentes, à 17 heures, à pareille époque, les tables étaient prises d’assaut. Mais ce jour-là, seule une sur trois était occupée. « Yann, prenez votre temps, vraiment », me rassura Olga, une robuste serveuse ukrainienne qui traite chacun des clients tels des amis. Olga était tout contente de me retrouver après des mois d’absence, mais j’avais la larme à l’œil, ému de revoir « mon » moulin dont les ailes ne se mirent à tourner, zébrées de rouge et de jaune, qu’à 21 h L’idée m’était venue qu’en deux mois, la Covid-19 avait détruit l’économie française avec davantage de férocité qu’une « vraie guerre ».

A une table voisine, trois dames, charmantes, évoquaient le même sujet. Deux d’entre elles étaient venues du Finistère rejoindre une amie habitant l’Essonne. « Le plus cruel, c’est qu’on nous a interdit de fréquenter nos plages, qui sont indispensables pour nous ressourcer en fin de semaine », relevaient les deux Bretonnes. Elles évoquèrent le drame que représentait l’annulation, cette saison, des festivals qui foisonnent en été à travers toute la Bretagne , à commencer par les Vieilles Charrues, le plus important festival de musique en France. Située dans la péninsule armoricaine, cette ville dynamique compte 8000 habitants.

Yann Le Houelleur 

 

 

 

 
 
 
 

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

19.06 | 07:03

Bonjour Yann, pas de nouvelles depuis mars 2020 ! Comment vas-tu ?

...
17.11 | 04:01

Bonjour Bruno! Merci, nous sommes voisins... Je n'arrive pas à "voir qui vous êtes" si toutefois vous habitez aussi la grande barre Victor Hugo à Gennevilliers!

...
14.11 | 18:55

Coucou Yann c'est bruno
Un ptit coucou que je trouve super ton site
Bonjour a sheriff
A bientôt
Bruno de Henri MUSLER toujours a VH

...
18.07 | 04:10

You can send me your email address too. Thanks

...
Vous aimez cette page