Janvier 2017

LA CONCORDE – L’obélisque en la présence du roi Louis-Philippe tutoie, de loin, la tour Eiffel. Sur la plus spacieuse des places parisiennes, tout semble relier la capitale au ciel, y compris les colonnes rostrales dont les feuilles d’or, par temps gris, reflètent les scintillements de soleils imaginaires. En contemplant la Concorde, on oublie qu’elle ruissela jadis de sang : Louis XIV et Marie-Antoinette y furent décapités et sous la Terreur des milliers de citoyens virent leur sort tranché par la guillotine. (Dessin fait le 14 janvier 2017)
LE LOUVRE - Au carrefour de civilisations, au carrefour des siècles, mais aussi au carrefour de tous les chemins croisant Paris car inévitable : le musée du Louvre. Un monde à part. Une collection de chefs d’œuvre monumentale mais aussi une architecture stupéfiante. Ici : le Pavillon Richelieu, construit pendant le second Empire. (Dessin fait le 6 janvier 2017 à travers la fenêtre d’une salle au 2ème étage.)

Un dessin sans doute opportun

Paris est ainsi fait : les réminiscences d’un passé très lointain subsistent, émiettées, au milieu d’immeubles haussmanniens. Il faut gratter, s’informer, s’imprégner des lieux, comme à la place Sainte-Opportune, pour mieux percevoir l’évolution de la ville. 

 

6 janvier 2016



Quel joli nom, comme Paris en recèle à foison: Sainte Opportune! Entre la rue de Rivoli et le périmètre des Halles s’entrecroisent quelques rues étroites et tortueuses débouchant sur une place portant le nom de cette sainte. Avec un peu de flair, il est aisé de percevoir les réminiscences, hélas si morcelées, d’un passé fécond où le peuple était imprégné de croyances, bien avant que l’argent et la frime ne deviennent les maîtres du monde. Et dans ce quartier, c’est le commerce, les fringues, les futilités qui triomphent désormais.

Sainte Opportune, ce fut une église démolie, ou plutôt réduite à l’état de carrière, en 1795. La châsse de cette sainte était portée lors d’une procession car elle était sensée éloignér les calamités publiques. Aujourd’hui, qui pourrait croire à de telles «choses»?

Le thermomètre avait basculé au dessous de zéro, ce vendredi 6 janvier. Les rares passants qui s’aventuraient dans les rues ne parlaient que de ça : «La galette des rois…»

A l’angle de la rue du Plat d’Etain et de la rue des Halles, un duo de maisons jure par rapport aux immeubles haussmanniens tout autour. Elles n’ont pas un esprit carré du tout, ces maisons! Façades gondolées, ondulées, comme si les années les avaient froissées à dessein. Percluses de rhumatismes. Sur trois étages, leurs petites fenêtres ne sont pas alignées, peut-être creusées à l’improviste. Leur toit est criblé de mansardes sur plusieurs niveaux.

Sans chichi
 
Pour «reproduire» ces maisons, rien ne valait une halte à la terrasse d’un bistrot sur la place Sainte Opportune. Terrasse désertée par un jour de si grand froid. Il me fallut une heure pour élaborer un tel dessin. Le patron du restaurant   - le Petit Opportun -  vint me voir: «Vous êtes bien courageux de travailler ainsi. » (Pas tant que ça, en vérité.)

Mais qui était-il, ce gars si attentionné dont la barbe poivre et sel encadrait un sourire complice? Avec son épouse Véronique, il tient ce restaurant depuis quatre ans. Ils l’ont gardé dans son jus plutôt que d’en faire un endroit dénué de toute mémoire. Un endroit simple, sans chichi, réputé pour sa cuisine authentique où l’on se sent vite en famille. 

Le revêtement de faïence, sur un mur à l’intérieur ainsi que le carrelage de sol évoquent ces vieux cafés pleins à craquer, jour et nuit, aux abords des Halles, quand celles-ci étaient le ventre de Paris. Sans avoir connu semblable époque, on peut imaginer à quel point elle était à la fois dure et pleine de chaleur partagée entre les gens, alors que de nos jours le quartier des Halles se résume à un endroit mercantile et consumériste où la mode symbolise une concurrence entre les gens dans la quête de vanité et d’étalage de leur ego.

Devantures en bois

Pour vous faire une idée des bouleversements subis par ce quartier, allez donc consulter deux photos, en sépia, accrochées dans l’arrière salle du bistrot, montrant la place Sainte Opportune et les environs il y a si longtemps. (Les photos ne sont pas datées.)
A l’emplacement des boutiques de griffes vestimentaires pullulant aujourd’hui, il y avait une tripotée de commerces avec des devantures en bois gratifiés d’enseignes d’une calligraphie parfaite. La Maison Paulard proposait du vin. De l’autre côté de la rue Courtalon (un passage, en réalité) se tenait une boutique dont l’enseigne indiquait, en lettres géantes, «Cuir, Peaux et Vernis». Il y avait aussi, occupant deux fenêtres d’un étage, un hôtel qui portait le nom de la place.

Rien de tout cela n’a subsisté.
 

Yann Le Houelleur

 

Premiers dessins de l’année : rue Saint-Paul, place du Marché Sainte-Catherine…

 

Malgré un froid assez exceptionnel par sa férocité, impossible de réfréner une envie terrible de retourner sur les terrasses des cafés pour y croquer de jolis endroits. Ainsi commence l’Année Nouvelle, que je vous souhaite radieuse : débordante de couleurs vives ! 

 

3 janvier 2017 


 

Déprimé, mal en point, un copain m’a demandé de lui tenir compagnie. Rue des Francs Bourgeois : un « pauv’banlieusards » de ma trempe ne saurait se refuser pareille invitation. Ah, comme j’aimerais avoir les moyens de louer ne fut-ce qu’une boîte à chaussure derrière une mansarde perchée sur ces toits parisiens si entremêlés qu’un dessinateur ne saurait en débrouiller l’écheveau ! Le matin, je sauterais avec frénésie dans les rues du Marais pour croquer ces maisons vaguement médiévales bombant le torse, aux contours sinueux, fenêtres étroites à peine écarquillées ne dévoilant jamais des intérieurs qu’on imagine douillets.

A 9 heures, comme cet hôte de marque ne se résignait pas à se réveiller, je décidai de prendre le large en douce… et me voilà, plaisir inavouable, en proie aux morsures d’un hiver plus sévère qu’à l’accoutumée.

Il me fallait absolument achever un croquis entamé à la terrasse d’un café le long de la rue Saint Paul. La veille, la nuit avait dégringolé trop vite. Une dame dont l’accent trahissait les origines (from the States !) s’arrêta pour me dire : « Oh, comment arrivez-vous à dessiner sur une terrasse aussi froide ? Moi, je ne fais des aquarelles dans Paris que s’il y a du soleil et pendant l’hiver je m’occupe avec d’autres distractions.» Retraitée, elle a été prof d’anglais à Paname.

Sitôt ce dessin terminé, je hâtais le pas vers la place du Marché Sainte Catherine, si charmante en toute saison. Une demi-douzaine de restaurants y alignent leurs stores rouges et verts, dont le Sainte-Catherine.

Sous toutes les coutures

A onze heures, j’étais encore le seul client ! Rien à voir avec l’affluence que j’avais pu constater en été quand j’avais passé plusieurs après-midi à observer sous toutes les coutures cette place. Cette fois-ci, mes crayons allaient s’intéresser aux troncs des arbres et aux réverbères avant tout, sans pour autant oublier les bancs de bois fort nombreux.

Le responsable du restaurant et une serveuse, fumant une cigarette assis à une table, en profitaient pour échanger des propos sur leur soirée de Réveillon.

Deux jours après la Saint-Sylvestre, Paris semblait anéanti par tant de bonne chère et de champagne. Un silence troublant. Pas même le froissement d’ailes de pigeons. Vers 13 heures, toutefois, plusieurs groupes de jeunes gens vinrent consommer et même déjeuner. Ils étaient bien élevés, parlaient un français châtié si différent de celui qu’on entend à la télévision: le reflet d’une "autre France", celle des étudiants prétendument bien nés qui s’accrochent à l’idée de réussir un jour dans la vie et qui évoquent des projets de stages, de séjour à l’étranger, entrecoupant ces préoccupations de considérations sur leurs dernières fréquentations amoureuses. Tout semble, si vite, leur réussir !

Et moi, je serai toujours amoureux de cette place habituellement débordante de vie.

Yann Le Houelleur

BOULEVARD EDGAR QUINET - Au pied de la sinistre tour Montparnasse : un attroupement de maisons d’une envergue modeste, qui ont miraculeusement survécu à la voracité des bétonneurs dans les années 60 et 70. Des stores, transpirant un rouge vif, signalent des restaurants et des commerces. Atmosphère provinciale, le long du boulevard Edgar Quinet, où règne un calme surprenant dans Paris alors qu’un peu plus loin (boulevard du Montparnasse, rue de Rennes) bouillonne le fleuve rageur des voitures… (Dessin fait le 26 décembre 2016)

Sous les auspices de la cathédrale

 

Pour bien finir l’année et en commencer une autre bénie par la Providence, voici un énième croquis de la cathédrale fait par un jour d’assez grand froid. Les passants pressaient trop le pas. Mais ce qui compte, c’est le bonheur que dégage Notre-Dame.

 

28 décembre 2016


 

Ce sera mon dernier dessin « greffé » sur ce site en 2016. Notre Dame tout simplement ! Et dire que par peur de faire la queue sur le parvis (une foule toujours touffue) je n’y suis pas allé y exaucer des vœux cette année… Il serait si bon de goûter la lumière veloutée baignant la nef.

Elle m’a porté bonheur, la cathédrale, pendant tout l’été quand j’ai vendu quelques dessins sur les quais et tissé tant de rencontres fructueuses en sa présence! Alors, je désirais lui exprimer ma gratitude en l’interprétant une dernière fois en 2016 avec mes stylos feutres et crayons, posté à une extrêmité du pont Saint-Louis.

En vérité, Notre Dame, si souvent en cours de restauration, est balafrée par quelques échafaudages en cet hiver. Rien à voir avec la tour voisine de l’église Saint Gervais depuis si longtemps emmaillotée (échafaudages également). Cette tour est invisible depuis plusieurs années…

Un peu de mensonge…

Toutefois, un dessinateur qui se fait un devoir de restituer la réalité peut se permettre de mentir un peu. Sur ce dessin, les échafaudages ont disparu et les arcs boutant se déploient un peu comme les feuilles d’arbres exotiques. Quelle architecture pléthorique : les touristes, quand ils découvrent Notre-Dame sous cet angle, en sont bouche bée.

Hélas, en cette saison, très peu de touristes nord-américains. Ils apprécient mes dessins et ils ne se privent pas de me faire des compliments ou même d’emporter un croquis. (C’est comme ça, en grande partie, que j’arrive à survivre.) Quand je suis arrivé sur le pont Saint-Louis, François m’avait prévenu : « Les gens ne s’intéressent pas aux artistes en ce moment. Ils sont trop obsédés par leur nuit de Réveillon. » François, c’est le marionnettiste qui manipulant des animaux façonnés par lui narre des fables signées La Fontaine. Sa voix tonitruante effraie et fascine tout à la fois les enfants.

Effectivement, je n’ai rien vendu ce mercredi 28 décembre.

Ce sera donc un dessin de plus à proposer à la belle saison, quand les gens seront plus ouverts d’esprit grâce au retour du soleil.

Y. Le H.

 

Un bar à salade armé d’optimisme…

Avenue de la Grande Armée, il y a de très beaux immeubles, dont ceux-ci dessinés depuis un nouveau restaurant, l’Ankka, fort d’un nouveau concept. La gérante, Corinne, a implanté sa franchise à un endroit idéal.


29 décembre 2016



C’est l’une des voies les plus prestigieuses de la capitale : l’avenue de la Grande Armée. Elle fut tracée lors du règne de Louis XV, alors que la place de l’Etoile était encore un carrefour fréquenté par les chasseurs.

Longtemps, elle fut empruntée par des promeneurs qui se rendaient au Bois de Boulogne. Quand Haussmann redessina Paris, la place de l’Etoile se vit abreuvée par douze avenues, dont celle de la Grande Armée qui par la suite fut le théâtre d’événements majeurs en raison de l’Arc de Triomphe. Défilé des troupes autrichiennes et russes en 1814 et 1815, passage de 80.000 soldats en 1840 lorsque furent rapatriées les cendres de Napoléon 1er ; défilé de la Victoire le 14 juillet 1919, jour où un million de personnes se massèrent aux abords de l’Etoile pour ovationner les vainqueurs de la Grande guerre…


Doubles colonnes

 
Oui, tout cela  - et plus encore -  s’est déroulé le long de l’avenue de la Grande Armée. Aujourd’hui, elle paraît bien assagie, l’avenue, avec les vitrines rutilantes de commerces voués à l’habillement et à la gastronomie qui s’ajoutent à de nombreux concessionnaires automobiles. Quant aux sièges de grandes entreprises, ils abondent dans ce quartier.

A côté de la bouche de métro Argentine se dressent deux immeubles d’un gabarit imposant, de chaque côté de la rue Villaret-de-Joyeuse. La façade donnant sur l’avenue de la Grande Armée est striée de doubles colonnes cannelées correspondant à trois étages. Une coupole formant un V renversé fait s’étirer ces immeubles davantage encore vers le ciel.
Pour les dessiner, par un jour de froid, mieux vaut se réfugier dans un restaurant ouvert à la fin 2016, Ankka. On peut y prendre un café, voire une bière, mais c’est avant tout un bar à salade où se décline un nouveau concept de restauration à la fois rapide et saine.

"Ca marche bien ! "

Une colonne Morris, sur le trottoir, semble dialoguer avec les coupoles mentionnées plus haut. «Ca vous plait, cet endroit?» m’a demandé Corine. Cette femme qui paraît quinze ans de moins que son âge, coquette et avenante, a implanté ce restaurant à la fin de 2016, l’administrant par le biais d’une franchise. «Pour l’instant, ça marche bien, m’a-t-elle expliqué, puisque nous servons 120 personnes à midi.»

Corine m’a raconté avoir effectué une reconversion professionnelle. Alors salariée d’une entreprise dans le textile, elle a voulu mener sa barque elle-même. Cette franchise, c’était l’occasion rêvée. «Maintenant, j’ai mes week-end à moi.» Elle avait un poste dans le marketing, et elle a donc su injecter ses compétences dans de nouvelles responsabilités.

Cela fait plaisir de dessiner tout en abordant des personnes entreprenantes heureuses d’accomplir leur dessein…

Yann Le Houelleur

Marre d’être volé à tout bout de champ !

Dans un Mc'Do, un de mes sacs à dos (fort heureusement, le plus petit) a été dérobé. Etre exposé aux vols, à la petite racaille grouillant dans les rues un peu partout : c’est devenu monnaie courante. Un dessinateur n’y échappe pas plus que les autres…

 


24 décembre 2016



Etre volé, me faire faucher du matériel et des affaires : telle est ma terreur. Bienheureux les artistes créant dans un atelier, coupés du monde réel. Ils ne savent pas combien la rue est pleine de périls même si elle regorge avant tout de joies non perceptibles.

Au cours de mes pérégrinations et séances de dessin dans Paris, j’en ai «perdu» des choses. Le comble, ce fut au cours de l’été 2016, quand un inconnu parvint à me ravir un bloc à dessin que j’avais commencé à utiliser (frénétiquement) plusieurs jours auparavant. Une trousse à crayons s’évapora de même. 

Et cinq mois plus tard, en plus hiver, la même déconvenue, cette fois-ci dans un Mc’Do.


Thermomètre en baisse

Le 20ème arrondissement est une source d’inspiration tout aussi pléthorique que les quartiers les plus touristiques. Alors, j’avais envie d’aller dessiner du côté de la place Gambetta. Une entrée de métro retint mon attention. Mais le thermomètre ne volait pas haut ce jour-là et j’allais me réchauffer dans un bar donnant sur la place. Or, en fin de journée, on n’y servait déjà plus de café, ainsi que le déclara abruptement un serveur. Parfois, les cafetiers ont de ces idées pour forcer la clientèle à dépenser davantage!

L’idée me vint d’aller commander un café au Mc’Do, juste à côté. C’est alors que surgit un ami, Gerald, habitant une rue voisine. Je l’avais rencontré la veille pour lui vendre quelques dessins. Incroyable coïncidence : un jour plus tard, ce célibataire endurci avait eu l’idée d’avaler un hamburger sous pavillon franco-américain. Et j’étais là, en train de boire un café !

Or, pendant que nous discutions, un «petit malin» me déroba un sac à dos dans lequel j’avais enfilé une trousse à crayons et une trousse avec des stylos feutres ainsi qu’un pantalon de rechange. Dieu merci, mon gros sac, plein à craquer, où je transporte tant de matériel parfois onéreux, resta à mes pieds, une de ses lanières enroulées autour de mes jambes.


Mafias en tout genre


C’est rageant de se voir ainsi volé à plusieurs reprises, d’autant plus que je gagne ma vie fort mal. Mais telle est la rançon de tant de tolérance, dans ce pays, vis-à-vis des vauriens de toute sorte, qu’ils s’appellent Cahuzac ou qu’ils soient du menu fretin.

Sous prétexte que le chômage est la mère de tous les maux, et parce que nous refusons de voir les causes véritables de l’appauvrissement sous toutes ses formes d’une société décadente, il faut conjurer en permanence ce péril invisible : les voleurs à la tire, les mendiants qui n’en sont pas, les Roumains promenant leurs yeux partout, les mafias en tout genre.

C’est insupportable, cette insécurité qui finit par tous nous atteindre, voire nous toucher de près, à tout bout de champ ! Elle nous coûte une fortune, elle porte préjudice à toute la société, à commencer par les travailleurs les moins bien payés.

RUE DU TEMPLE ET RUE DES GRAVILLIERS - A n’en point douter : cet immeuble, dans le Marais, est « purement » haussmannien, avec ses deux rangées (au premier et au dernier étage) de balcons filants. Il est entouré de maisons bien différentes, non visibles sur ce dessin fait le 15 décembre 2016.

Deux immeubles incontournables

Alors que l'Art Nouveau battait son plein, l’architecte Albert Sélonier a conçu plus de deux cent bâtiments à Paris. Les façades, en pierre de taille, sont virevoltantes et chantournées, farcies de nombreux ornements qui les rendent végétales.

 

21 décembre 2016



Sans pour autant exagérer, «on» pourrait bien les appeler «les rois du quartier». Corpulents, robustes, élancés, ils veillent sur le boulevard Raspail et le boulevard du Montparnasse, à l’intersection où ces artères mêlent leurs flots de voitures. Ils ont le même père: un architecte, Albert Sélonier, qui a conçu plus de deux cents immeubles à Paris en l’espace de vingt ans. Ils se touchent de peu, séparés toutefois par la discrète rue Delambre, laquelle rejoint le carrefour. Et ils rivalisent d’élégance et d’audace, chacun comportant un dôme.


Le Dôme

Chaque fois que je m’aventure en ces lieux l’envie me saisit de croquer ces deux immeubles emblématiques de l’art nouveau. Encore faut-il que le dessinateur se lâche et perçoivent à quel point ces bâtiments sont virevoltants, ondoyants, chantournés. Celui à gauche (datant de 1898) qui dévoile une géométrie sophistiquée, constitué de nombreux ressauts, certains faisant place à des bow-windows. Les balcons reposent sur un jeu de consoles se déployant telles des fleurs. Celui a droite se confond vraiment avec l’histoire de Montparnasse : il héberge la brasserie Le Dôme.
«De nos jours, on ne saurait plus faire d’aussi beaux immeubles car les compétences manqueraient.» Le patron du café où j’avais pris place, Le Mont, m’adressa ces paroles en me voyant entamer le dessin. Il en profita pour fustiger les atroces bâtiments plus loin le long du boulevard du Montparnasse, à la hauteur de la Coupole, qui torpillent toute une harmonie architecturale. 

Picasso

Jean-Bernard, le nom de ce cafetier restaurateur, en a profité pour expliquer des «choses bien curieuses». S’occupant de quatre établissements dans Paris, il vient de moderniser ce café qui auparavant s’appelait le Véronèse. Les carrelages qui faisaient le charme du Véronèse ont disparu car soupçonnés d’être mêlés à de l’amiante.
Détail peu connu: le carrefour mentionné auparavant porte le nom de Picasso qui a travaillé et vécu à Montparnasse, plus précisément à la cité Nicolas Poussin, voie sans issu non loin de là. Jean-Bernard aurait voulu rebaptiser «Picasso» son café. «Mais cela m’a été interdit, pour la simple raison que la famille du peintre m’aurait demander une fortune en royalties.»

Jadis bouillonnant de créativité et désormais trop sage: Montparnasse

Les années folles ont vu émerger des brasseries telles que le Dôme, La Coupole, la Rotonde. Tant de peintres et d’intellectuels y ont cru refaire le monde ! Hélas, à Montparnasse, on ne fait plus la fête. Une atmosphère trop aseptisée règne dans ce quartier pourtant si beau…


19 décembre 2016



C’est un quartier somptueux, prestigieux, et même luxueux: les immeubles y sont imposants, ornés de mascarons, de corbeaux, de moulures. Certains, dépassant d’une tête leurs voisins, portent d’épais bonnets de tuiles. Ou si vous préférez, des dômes.


Sous l’empire de l’architecture haussmannienne, avec un zeste d’art nouveau, Montparnasse transpire un charme bien parisien. Mais quand on connaît (un peu) l’histoire de Paris, qui fut une ville tantôt ensanglantée tantôt joyeuse et illuminée, on ne peut que trouver Montparnasse bien triste et trop sage. Comment imaginer à quel point ce quartier fut submergé par l’allégresse et l’insouciance à l’apogée des années folles? La Coupole, la Rotonde, le Dôme : ces brasseries étaient le théâtre de fêtes exubérantes qui allaient de pair avec une effervescence artistique sans précédent. 

Gauguin, Picasso, etc.

Très peu d’éléments, aujourd’hui, rappellent une telle époque, si ce ne sont plusieurs toiles et décorations agrémentant ces établissements. Des artistes valant leur pesant d’or y ont côtoyé des intellectuels et des hommes politiques.
Paul Gauguin, Pablo Picasso, mais aussi André Breton et Ernest Hemingway (parmi tant d’autres) ont beaucoup fréquenté le Dôme, considéré comme la doyenne des brasseries de Montmartre. C’est là, un lundi en fin d’après-midi, que j’ai pris place pour dessiner. Le serveur qui m’a apporté deux cafés avouait 15 ans de maison! Il en avait de la classe. Un homme la fois courtois et cultivé, aux petits soins pour les clients.

Denis – le nom de ce serveur – me garantit que je pouvais prendre tout mon temps, mais j’avais quand même peur de «faire un peu désordre» en étalant sur ma table tant de crayons…Il me fit observer que parmi les clients du Dôme figurent «plusieurs artistes confirmés» qui ont les moyens de se (faire) payer un bon repas. Et la note, au Dôme, s’avère plutôt salée.

Vers 16 h 30, poussant la porte d’un air timide, une dame vint faire une réservation pour Noël. Denis lui précisa le prix du plateau de fruits de mer, ce jour là: 85 euros pour une personne, 140 euros pour un couple.

Vitrages blindés

Denis m’expliqua que l’endroit où je consommais était en fait une terrasse qui, grâce aux prodiges de la technologie, s’apparentait à une salle normale donnant sur le boulevard à la mauvaise saison. «Les vitrages, au-dessus de votre tête, sont blindés, prévu pour supporter la chute d’une cheminée.»

Tout en dessinant, je lui répondis : «Les restaurants, à Paris, consentent effectivement des fortunes pour se moderniser toujours davantage.» Or, de retour à la maison, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que le Dôme avait déposé son bilan un mois plus tôt. Grâce à un moteur de recherches, je trouvais aisément une information publiée par Le Monde et Le Figaro: entre 2013 et 2015, le chiffre d’affaires a rétréci de 15 %.

La baisse de la fréquentation touristique, après maints attentats, n’a fait qu’aggraver la situation.
Que serait Paris sans le Dôme et tant de restaurants amenés à souffrir d’une situation économique devenue intolérable par son atonie? Un sombre tableau que celui ainsi dépeint…

LA PLACE D’ALIGRE : un village dans la ville ; une atmosphère presque provinciale : la place d’Aligre, dans le 12ème, où se tient un double marché chaque jour : dans la halle (non visible sur ce dessin) et au pied de ces maisons. Il y a un monde fou se pressant autour des exposants, dont les brocanteurs, mais on peut dessiner en toute quiétude assis sur un banc. (16 12 2016)

Du baume au cœur par un jour si triste

Le long des quais, impossible d’échapper à ce sentiment de tristesse plutôt sévère que dégagent les bâtiments en hiver. Voilà un dessin raté (selon moi), celui de l’hôtel de Nesmond, car trop sombre. Ce n’était pas l’avis d’une jeune passante appréciant avant tout un graphisme spontané.

 

15 décembre 2016


 

Aucun acheteur, le long des quais, à cause du froid qui amène tout un chacun à fourrer continuellement ses mains dans les poches.

C’est très simple : seul le soleil, en tout cas pour mes dessins, suscite l’envie d’emporter un ou plusieurs dessins. Et puis, les Américains, en cette saison basse pour le tourisme, ont déserté Paris.
Mais il est sain de maintenir le contact avec le public : les riverains, les passants, les touristes. Tout en me voyant dessiner, mes dessins exposés à mes côtés, ils m’adressent des clins d’yeux complices. Voilà qui réchauffe le coeur.

Ce jeudi après-midi, alors que la Seine transpirait une humidité exacerbée coupable de faire gondoler le papier, je fus abordé par un couple de jeunes gens. Très vive d’esprit, forte personnalité dans un fourreau de charme, la jeune femme s’exclama : « J’aimerais avoir la liberté de dessiner comme vous ! Je fais des études d’architecture et je suis obligée de reproduire des bâtiments avec des lignes droites et minutieusement tracées. Cela finit par me dégoûter de l’architecture, moi qui ai une âme d’artiste. » Elle vait l'oeil: elle repéra d’emblée quelques dessins qui par leur spontanéité semblaient se détacher du lot, dont un de Notre Dame, aux arcs boutant virevoltant, improvisé en mai 2016. 

Superbe demeure

Plutôt que de dessiner à nouveau la cathédrale, en ce jeudi si glacial, j’avais préféré me tourner vers l’hôtel de Nesmond (au croisement du quai de la Tournelle et de la rue des Bernardins), une superbe demeure dont les différents corps de bâtiments déploient des toits de grande envergure autour d’une cour intérieure dont une porte assez monumentale défend l’entrée. Mais j’eus vraiment l’impression d’avoir raté ce dessin quand la jeune femme y jeta un coup d’œil.

Paroles incroyables par elles prononcées : «  Gardez le bien ce dessin car dans quelques mois, je vous assure, vous ne regretterez pas de l’avoir fait ». Mais il s'avère vraiment triste, comme l’est Paris généralement en hiver. Impossible d’échapper à cette grisaille relevée de tons ocres et rosacés dans laquelle s’englue la capitale : même l’inspiration des dessinateurs et des peintres succombe à une telle tristesse.

RUE PIERRE LESCOT (1er) : Etrange après-midi. Etrange Dessin. Pause dans le café Le Père Fouettard dont la terrasse couverte en hiver prit soudain l’eau à cause de trous dans le store un peu obsolète. Les serveurs, d’une extrême gentillesse, m’offrirent le café, voyant que mon dessin était mouillé… Mais comme j’utilisais des crayons aquarellés : pas trop grave ! Toujours est-il que cette intersection entre la rue Rambuteau et la rue Pierre Lescot comprend de belles façades et des cafés pimpants. (12 décembre 2016)

Sur les quais, un artiste hélas stupide

Cela ne peut que m’irriter et aussi me chagriner : comment un artiste peignant dans la rue peut-il manifester de l’hostilité à un autre quand il se sent envahi sur ce qu’il croit être son territoire. Hélas, ce genre d’incidents m’arrive de temps en temps dans Paris.

 

DESSINS ET TEXTES DE YANN LE HOUELLEUR

 

10 décembre 2016



La voici délivrée des feuillages qui en masquait toute une partie lors de la belle saison puis lors de l’automne : la cathédrale Notre Dame ! C’est l’occasion de contempler la prodigieuse alliance de la nature et l’architecture, toujours plus explicite en hiver. Les arcs boutant et les marronniers se dressant au pied de la cathédrale semblent partager les mêmes racines tant ils se fondent, en certains points, les uns dans les autres. S’ils ne tranchaient pas à cause leurs teintes sombres émaillées de lueurs cuivrées, les vaillants arbres pourraient s’assimiler à un « dispositif bis » destiné à soutenir cette nef mirobolante par son envergure. Autre curiosité : la flèche pourrait fort bien s’apparenter au tronc d’un arbre quant à lui céleste.

Mais j’avoue m’être quelque peu «planté» dans les proportions de ce dessin fait à l’extrémité du pont de l’Archevêché, à proximité du quai de Montebello. Un certain énervement nuisait à la nécessaire concentration. Quand je dessine en ces lieux, j’expose toujours, en principe, quelques-uns de mes dessins. Et si je peux en vendre quelques-uns, tant mieux. Mais ce jour-là, un aquarelliste qui s’installe souvent ici même me fit une observation désagréable, sensé défendre le territoire d’un autre peintre qui lui tient souvent compagnie, en tout cas en été. «Vous vous mettez à la place d’un collègue qui va bientôt arriver… »


Ils sont à plaindre


Abruptement, je lui répondis que «personne sous le ciel de Paris n’est propriétaire de son bout de trottoir». J’ai manqué de le traiter de «pauvre con».

Je les plains vraiment, ces artistes qui se croient aussi enracinés dans leur prétendu fief que les arcs boutant de la cathédrale dans l’Ile de la Cité. Ils devraient se montrer capables d’éprouver un peu d’audace et d’esprit d’aventure en changeant parfois d’emplacement. Ainsi se révéleraient-ils de vrais artistes, aptes à voir le monde sous un autre angle. D’ailleurs, bien qu’ils aient un indéniable talent, ils sont un peu redondants à mon goût : leurs peintures, d’une vivacité et luminosité sans égal, ont quand même le défaut de se répéter à longueur d’année.

Ils finissent par tirer sur les mêmes ficelles, un peu comme ces caricaturistes qui à force de reproduire des visages ont au fond de leur cervelle des logiciels instinctifs capables de comparer un visage nouveau à des milliers d’autres emmagasinés dans les méandres de la mémoire.

En fait, ai-je pu noter, cet aquarelliste vend plutôt bien ses dessins. Mais il semble avoir assez peu de sympathie pour ses clients qu’il traite sans trop de chaleur humaine. Cela m’a frappé. C’est tout. Et il ne m’empêchera pas de dessiner dans le coin si l’envie m’en démange… D’autant plus que cet après-midi là, son collègue n’est pas apparu. Un comble !

Y. le H.


P.S. : Cet après midi-là, pas un seul dessin vendu mais je sais qu’en hiver les touristes, mains dans les poches, n’ont pas envie de s’arrêter à cause du froid qui les pousse à accélérer le pas.

Rue Legendre: des couleurs si parisiennes

Dans cette rue au bâti hétéroclite, plutôt triste, quelques vieilles maisons miraculeusement préservées créent une rupture bienvenue, charmantes par leur simplicité. Ici comme ailleurs, Paris réserve tant de surprises.

  

9 décembre 2016 


 

Etroite, sombre, saturée d’immeubles de toute sorte et dénuée de ces arbres qui ailleurs donnent à la ville un surcroît d’humanité : en provenance de la rue Marcadet, dans le 18ème, la rue Legendre (*) traverse la tumultueuse avenue de Clichy pour s’enfoncer dans le 17ème  , perçant le cœur du quartier des Batignolles.
Cette rue plutôt banale, à sens unique, réserve toutefois d’agréables surprises. En particulier un immeuble Art nouveau au numéro 126, conçu par un architecte prolifique, Henri Senet. Les balcons, sinueux, reposent sur des consoles fort joliment ciselées.

Plus loin, quelques bâtiments relativement anciens, d’un gabarit modeste, rappellent un Paris humble, presque provincial, que la modernité s’est acharnée à grignoter, ne laissant que des miettes. Par exemple, cette maison de deux étages créant une fissure, peut-être même une rupture, dans la haute muraille d’immeubles. Un espace béant, juste à côté, laisse entrevoir un patchwork d’immeubles et habitations sans cohérence aucune, donnant sur une arrière cour.

Certaines de ces constructions furent belles, notamment l’une d’entre elles, badigeonnée de rose bonbon dont plusieurs fenêtres comportent des frontons.
Ici même, rue Legendre, une boulangerie s’abrite sous un store rouge-grenat, ce qui ne peut que faire le bonheur du dessinateur: des couleurs aussi tranchantes sont assez rares dans le paysage parisien.


Intense moment de plaisir

En l’occurrence, élaborer un tel dessin fut un intense moment de plaisir. Peu de monde dans cette rue, ce qui m’incita à occuper un pan de trottoir en toute quiétude, à côté de la terrasse d’un restaurant où je commandais un café.  En toute décontraction, je posais la tasse sur le bitume. Vers 16 h, le serveur vint me prévenir : «Monsieur, nous allons fermer le restaurant jusqu’en fin d’après-midi et il faut que je reprenne votre tasse». Déjà, le ciel commençait à s’assombrir et l’hiver, un instant clément, reprenait sa vigueur.

Le trottoir commençait à devenir humide. Il fallait finir ce dessin en toute hâte. Un monsieur âgé m’adressa des encouragements comme j’aime en recevoir quand je travaille dans les rues : «Voilà un dessin avec des couleurs bien parisiennes ! Vous avez l’œil, assurément ». Puis une dame au fort accent portugais s’arrêta quelques minutes : « Il y a de nombreux artistes dans ce quartier, mais je ne sais pas ce qu’ils font, eux… »

Yann Le Houelleur

(*) Adrien-Marie Legendre fut un mathématicien né en 1752 et décédé en 1833.

 

Le parc Monceau: le plein de sérénité au milieu des beaux quartiers

Assurément, c’est l’un des plus beaux espaces verts dans la capitale, jonché de curiosités historiques (dont une arche issue de l’ancien hôtel de ville) dissimulées au milieu d’une végétation abondante et exubérante. Un manège en bois y fait le bonheur des enfants.

 

6 novembre 2016 


 

Ils sont nombreux à traverser plusieurs quartiers de Paris pour se délecter d’une sérénité toute particulière. Une quiétude rare enveloppe le parc Monceau malgré la foule : certains jours des vagues de promeneurs déferlent le long des allées s’étirant d’une extrémité à une autre. Alors que je dessinais l’une des portes majestueuses donnant accès au parc, en l’occurrence le long de l’avenue de Courcelles, une dame franco-américaine vint m’encourager, épatée par la présence inédite de ce dessinateur assis par terre… « J’habite un endroit épouvantablement bruyant, la rue Blanche, et j’en deviens folle dans mon petit appartement. Alors, il me faut de grands espaces comme ce parc pour faire le vide en moi. »

Curieusement, le parc Monceau paraît fort vaste malgré ses dimensions plutôt modeste : 8 hectares. Peut-être cette impression d’immensité découle-t-elle d’un air de parenté avec un parc prestigieux : le domaine qui se déploie tout autour du château de Versailles. Ici, dans le 8ème arrondissement, les arbres sont aussi beaux que sur les terres du Roi Soleil, s’épanouissant sans complexe, d’une robustesse qui défie le temps.

Le parc Monceau fut lui aussi, mais à une toute autre échelle, un espace où la cour aspirait à assouvir ses plaisirs. Louis Philippe, duc de Chartres, était le cousin du roi Louis XVI. Il brassait une fortune considérable et il fit aménager une parcelle acquise près du village de Mousseau. D’où l’appellation Monceau.
Se mirent à jaillir tout à la fois un pavillon octogonal, un moulin à eau, un autre à vent, un temple, et toutes sortes d’éléments évoquant la franc-maçonnerie, en particulier une pyramide, l’un des seuls témoins de cette époque. Le duc de Chartres était en effet Grand Maître du Grand Orient de France.

Guillotine

Imprégné des idéaux de la Révolution, le duc prit le nom de Philippe Egalité. Elu à la Convention nationale, il commit l’outrage de participer au vote en faveur de l’exécution de Louis XIV. En novembre, il fut jugé par le Tribunal révolutionnaire puis (juste retour des choses) guillotiné.

Après la mort de Philippe Egalité le parc s’englua dans l’oubli. Il prit une toute autre allure sous le second Empire, quand le baron Haussmann reconfigura Paris et modernisa la capitale de fond en comble.

Des curiosités bien différentes y furent installées, en particulier une arche, réminiscence de l’ancien hôtel de ville incendié sous la Commune et une colonnade se reflétant dans un étang. Celle-ci provient d’une église à Saint-Denis. Et puis, un peu partout à travers les pelouses du parc surgissent des statues, certaines dédiées à des artistes, en particulier Alfred de Musset. D’ailleurs, plusieurs des rues débouchant sur le parc portent des noms de peintres: Van Dick, Rembrandt, Murillo, etc.

Nounous

S’y ajoute… un manége en bois qui tourne en toute saison pour le plus grand bonheur des enfants. Et des enfants, il y en a par centaines dans ce parc où des nounous, en semaine, s’aventurent avec des poussettes. Le quartier est très chic, il est vrai : les parents, qui travaillent, ont les moyens de s’adjoindre les compétences d’une baba.
En fait, les grands boulevards délimitant le parc sont bordés d’immeubles haussmanniens de la meilleure qualité, striés de balcons soutenus par d’incroyables sculptures en forme de volutes. Egalement : de somptueux hôtels particuliers et deux musées, Nissim de Camondo et le Musée Cernuschi.

Yann Le Houelleur

MUSEE NISSIM DE CAMONDO - Son jardin, exigu, communique avec le parc Monceau : le musée Nissim de Camondo abrite la collection d’un richissime homme d’affaires dont l’existence fut tragique. En fait, Moïse, père de Nissim mort au combat pendant la première guerre mondiale. L’architecte, René Régent, s’inspira du Grand Trianon et du château de Champ. Ce dessin a été fait à travers les vitres des fenêtre de la salle à manger. (4 décembre 2016)

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Commentaires

14.06 | 14:36

Né à Belleville et aimant ton travail : https://www.flickr.com/photos/patpardon/collections/72157627544273902/

...
14.06 | 14:27

Je découvre ce blog grâce à flickr.com/photos/110805203@N04/. Toutes mes félicitions pour ton excellent travail, sincère et aussi précis qu'évanescent.

...
10.06 | 16:00

Un réel plaisir d'avoir fait ta rencontre Yann et encore merci de m'avoir laisser immortaliser ce moment ;)
A la prochaine... et un grand bravo pour ta galerie!

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03.06 | 01:08

Merci à vous Yann pour parler avec moi sur le Pont Saint Louis autours Napoléon et votre avis de Paris. Je ne t'oublierai jamais!

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