Juillet 2018 (suite)

Rien de plus traditionnel que ce dessin, je sais… Mais pour le faire, quelle aventure! Je raconterai bientôt comment, assis tranquillement au pied d’une statue, je me suis fait agresser par cinq prétendus artistes arabes, un texte déjà lisible sur ma page « fb » (Yann Le Houelleur, tout simplement)

Une soirée, la dernière de juillet, d’une douceur exquise

Pour dessiner l’Arc de Triomphe, rien ne vaut une tasse de café (ou une autre boisson) à la terrasse du Cristal, le long de l’avenue de la Grande Armée. Ce soir-là, de belles rencontres émaillèrent l’élaboration d’un croquis fait avec des crayons « normaux », des crayons aquarellables et un peu d’encre de Chine

 

31 juillet 2018



Léger pincement au cœur : les jours commencent à rétrécir. Déjà, le souvenir de ces journées bénies émaillées de soleil jusqu’à 11 h.

Ce soir, à 20 h 30, l’Arc de Triomphe resplendit encore sous un ciel voilé de mauve prêt à dévorer des portions de bleu très pur. Cet icône de la vie touristique à Paris, il me faut absolument le faire et le refaire, car s’il manque dans l’éventail de mes dessins, rien ne se vent. Il est la locomotive de tout ce train de croquis et esquisses faites dans les rues.

L’endroit que je préfère pour interpréter ce monument si complexe par ses proportions, majestueux mais pas forcément beau, est la terrasse du Cristal, le seul restaurant d’où l’on peut observer l’Arc de Triomphe. J’y suis bien accueilli à tel point que je transforme, moyennant une ou deux tasses de café (un euro de plus à partir de 22 h !)  une table en un atelier d’artiste, étalant absolument tout sur une si petite surface : les crayons Luminance, les crayons Muséum (aquarellables), les « rouleaux » de pastel, les pots d’encre de Chine… Car quand je commence un dessin, je ne sais jamais à quel matériel j’aurai recours. Selon l’humeur du jour.


Deux garçons venus de Toronto

Des enfants aux yeux bleus et cheveux blonds dont les parents terminent leur repas viennent me parler : ils habitent Toronto et sont parfaitement bilingue. Agés de 5 et 10 ans, ces deux frères sont d’une intelligence épatantes. Ils me posent plein e questions sur ma manière de dessiner et me racontent que leurs parents vont les emmener visiter Dijon, Avignon et Bordeaux.

A ce moment là, 21 h 30, le monument s’est métamorphosé, en partie gommé avant que son illumination ne commence. Je vais devoir continuer mon dessin comme s’il faisait encore jour.

Une dame, sans doute russe, dépose un billet de 10 euros sur ma table : « C’est magnifique ce que vous faites, continuez… » Des dons tels que ceux-ci, dois-je avouer, j’en suis gratifié souvent.

On a beau dire que le monde va de mal en pis: il y a beaucoup de gens tout aussi merveilleux autour de nous.


C’est alors qu’une vigoureuse jeune femme noire, plantureuse et très belle, vient s’asseoir à côté de moi. Je doute que ce soit pour draguer une vieillerie telle que moi… Non, elle veut en savoir davantage sur mes dessins. Elle commande un café, verse la moitié de sa tasse dans la mienne. Une gentillesse exquise. Elle me demande de rédiger, sur son portable en mauvais état, un texto pour son petit ami. Je le fais volontiers.

Puis elle me raconte qu’elle adore discuter avec les gens, et qu’en France  - elle est née en Guinée -  il est facile de parler avec des inconnus. Je lui dis que moi aussi, j’adore parler à « n’importe qui » et que je n’ai peur de personne.


Vivre dans la rue

Si je le pouvais, je vivrai dans la rue en permanence. Non pour devenir SDF mais parce que lorsqu’on se détourne de son maudit portable pour se connecter au monde réel, celui-ci prend alors une toute autre saveur et surgissent sur notre route des gens qu’on a envie de prendre dans nos bras et d’embrasser pour les remercier d’avoir illuminé notre ciel.


Merci, Lisa, de m’avoir tenu compagnie. C’était une nuit d’une douceur réconfortante, après une journée s’assimilant à une fournaise. Une légèreté inexplicable flottait dans l’air. Les gens s’affirmaient détendus et souriant. C’était le mois d’août qui démarrait, mois splendide car gorgé de belles surprises avant les premiers coups de griffes de l’automne à la rentrée…

Lisa m’a dit qu’elle travaille dans un salon de coiffure à proximité de l’Etoile. J’espère la revoir un jour. Elle me rappelle beaucoup, je ne sais trop pourquoi, le Brésil et la spontanéité touchante de ses habitants.

BOULEVARD SAINT GERMAIN – Soudain, une vive colère céleste éclate… Il faut abandonner mon dessin du Mondrian (article ci-dessous) fait à même le trottoir et me réfugier à la terrasse de celui-ci. Beaux immeubles que ceux se succédant le long du fameux boulevard. (29 juillet 2018)
IMPASSE DE LA GAITE - En été, il faut savoir s’éloigner des endroits trop fréquentés, tout au moins pendant la journée quand le soleil redouble d’agressivité. Voilà une voie bien agréable, plongée dans l’ombre : l’Impasse de la Gaîté, dans un quartier truffé de théâtres et de… restaurants. (13 juin 2018)

La paix entre une Iranienne et un Saoudien, au pied de l’Arc de Triomphe

Il arrive qu’autour de mes dessins se nouent des dialogues très émouvants, comme ce fut le cas un soir alors que j’interprétais ce monument plutôt hallucinant par ses proportions, qu’est l’Arc de Triomphe.

 

fin juillet 2018



La canicule est à son paroxysme et si ce blog ne s’étoffe pas suffisamment, malgré toutes les aventures qu’il m’arrive de vivre dans les rues de Paris, c’est à cause du manque d’inspiration causé par une certaine asphyxie des neurones.

Quant sévissent de trop fortes chaleurs, les gens (en général) se referment sur eux et la moindre parole semble coûter d’incroyables efforts.


Mais il faut quand même que je rende compte d’une très belle rencontre, au pied de l’Arc de Triomphe, que je suis obligé de dessiner à plusieurs reprises car les touristes, en définitive, adorent ce symbole de Paris, ignorant qu’il a fallu des décades pour achever sa construction.

Il est beau, notre arc de Triomphe, disons plutôt « il est super majestueux… » Mais je n’aime pas trop son architecture « lourdingue » et ses proportions en trompe l’œil : curieusement, l’entablement semble exagérément ample par rapport à la partie inférieure.

Toujours est-il qu’un soir, récemment, je fus abordé par une femme blonde, d’une grande délicatesse, qui repéra un dessin fait à la rue de Buci, représentant un pâté de maisons surmontées d’une forêt de cheminées. Ah, Paris et se toits si empiriques et poétiques !!!

Je pensais qu’elle était d’origine slave : mais non, elle était iranienne, elle parlait un français excellant. Cette femme m’expliqua qu’elle avait fui son pays à cause de « l’intransigeance des mollah et de la religion au pouvoir qui pourrit tout ». Elle est artiste, elle aussi, et sa maîtrise des formes et des couleurs s’avère étourdissante tant elle est douée. Mais me voyant dessiner, ainsi, à ciel ouvert, elle eut la gentillesse de me dire : « Je serais incapable de faire ce que vous faites… Vous êtes un vrai artiste ! »
 

Corruption et manipulation

J’ai souvent croisé des Iraniens dans les rues de Paris : il m’arrive assez peu, dois-je l’admettre, de discuter politique, mais je les plains tout naturellement de subir les persécution d’un régime dont l’ineptie ne reflète pas du tout leur gentillesse et délicatesse légendaires.

En fait, quels que soient les peuples, ce ne sont pas les gens qui sont à mettre en cause, mais la corruption et la manipulation généralisée des pouvoirs en particulier économiques, en ce monde au bord de l’explosion, qui favorise, un peu partout, l’éclosion de régimes fondés sur la maltraitance et l’autoritarisme forcené.

En France aussi, nous avons nos problèmes, avec un président qui se place au dessus des lois, un succédané bien pâle du génial Louis XIV.

Toujours est-il que pendant notre conversation, un touriste en provenance d’Arabie Saoudite vint me saluer, et quand il découvrit que je parlais avec une Iranienne, une certaine tension se manifesta, car on connaît les dissensions entre ces pays… Mais cet étudiant en médecine sut faire abstraction de telles rivalités et nous eûmes, à trois, une superbe conversation notamment autour de l’art et des bienfaits qu’il apporte au monde.

L’art authentique, bien sûr : fait avec le cœur, de manière vraiment artisanale, sans la volonté d’imposer des concepts mais tout simplement pour créer des liens.

Ainsi, avec mes petits dessins, j’avais fait en sorte qu’une Iranienne et un Saoudien se parlent en toute sérénité et échangent même leurs adresses mail, si j’ai bonne mémoire.

Je gagne très mal ma vie, « tout le monde le sait », comme tant d’artistes par ailleurs. Mais quant je rentre chez moi, fourbu et épuisé, je me dis qu’au moins j’ai réussi à semer un peu de bonheur autour de moi et que lorsque je serais mort, il y aura des dessins signés «Yann » vibrant sur les murs de salles à manger et de chambres, dans toutes sortes de pays. Cela m’amuse beaucoup, même si de tels propos paraissent immodestes.

Yann Le Houelleur

 

Au milieu d’un raz de marée d’excités…

Alors que les supporters des Bleus se déchaînaient dans les rues de Paris, je me suis amusé à dessiner. On m’a quand même craché à la figure !

 

(Texte écrit le 18 juillet 2018)


 

Ces dessins, je me suis amusé à les faire au milieu d’une foule en délire. C’était dimanche en fin d’après-midi, du côté de la Madeleine. Boulevard des Capucines puis boulevard Haussmann.
J’observais à la fois mes sujets, les beaux immeubles de Paris, et les supporters massés à la terrasse de cafés.

Et malgré sa victoire, la France m’a inspire de la honte. Paris s’est transformé en un asile de fous à ciel ouvert. Les gens, en tout cas une grande partie d’entre eux, faisaient n’importe quoi, mettant la vie des autres en danger, notamment « les petits branleurs » qui chevauchant des motos fonçaient au milieu de la foule.

Le peuple se défonçait, buvait, criait des insanité, maltraitait les équipements publics (certains tout au moins) et il y avait dans cette liesse une violence refoulée qui avait trouvé le jour idéal pour s’exprimer. Je me suis dit que cette colère aurait dû se manifester à d’autres occasions, en cette époque où la Macronie est à l’œuvre pour détricoter tant de chose en France, où le Canard Enchaîné publie des papiers hallucinants sur une ministre de la Culture si malhonnête qu’elle devrait avoir démissionner, où le couple Macron renouvelle à grand frais sa vaisselle en faïence, une époque où le gouvernement fait passer des lois dont les conséquences ne tarderont pas à se faire sentir.

J’ai eu honte qu’un peuple sombre ainsi dans la beuverie et l’ineptie pour soutenir une équipe de foot, les Bleus, certes brillante mais dont les joueurs perçoivent des salaires mirifiques : à ce prix là, la moindre des choses c’est qu’ils obtiennent une victoire, quant tant de gens tirent la langue pour acquitter leur facture dans ce monde hyper capitaliste où seul semble compter le fric.

Je me suis fait jeter des bières à la gueule, un petit connard (une vingtaine d’années) m’a craché dessus. On a le droit de ne pas se mêler à cette folie collective.

Mais la France de Macron est en si mauvais état qu’elle avait besoin d’un trophée comme celui-ci pour se défouler, pour « éjaculer » les mauvaises énergies accumulée, un grand exutoire qui s’assimilait à un orgasme de masse.

Et bien sûr, aucun policier dans les rues pour rappeler certains éléments à l’ordre. Notre ministre de l’Intérieur aurait dû plonger, à son tour, dans la foule, et voir à quel point le service d’ordre, en tout cas là où je me trouvais, était invisible.

 

Soudain, tout est redevenu "normal"

Le lendemain, lundi, c’était encore la folie dans les rues… Mais soudain, mardi, tout est redevenu « normal ». Les gens se remettaient à se parler normalement. Il y avait une légèreté retrouvée flottant dans un air pourtant trop chaud.

Des touristes m’ont raconté leur effroi face à un tel déchaînement de violences et exubérances. La plupart n’imaginaient pas que de tels débordements puissent se passer en France. Mais quand on a un président qui célèbre la fête de la Musique au milieu d’un zoo, avec Mme Brigitte jouant les stars d’un télénovela à l’américaine, on ne saurait s’étonner de rien.

Pauvre France, dont la langue est souvent si mal parlée, où les bonnes manières s’effilochent, où l’on se trouve de plus en plus confronté à une nébuleuse administrative sans visage, parce que grâce à sa Majesté Macron, soit disant soucieux d’en finir avec une partie des fonctionnaires, nous nous adresserons bientôt à des robots qui n’entendront parler que leur aveugle cruauté.

J’aimerais qu’un intello du calibre de Michel Onfray, que j’admire beaucoup, s’exprime sur les raisons de ces manifestations passablement débiles et indécentes.

Il y aurait tant de choses à analyser sur l’état actuel de la France, pays en pleine déliquescence, pays où tout devient si cher. Mais heureusement, j’ai la chance, quand je dessine dans les rues, de rencontrer tant de personnes merveilleuses et m’inoculant de l’énergie positive. Cela me fait chaud au cœur et me fait penser que tout n’est quand même pas perdu…

Un dessin pour fêter un an de mariage

Belle histoire vécue un soir, très tard, à la place de la Contrescarpe. Il arrive parfois qu’un dessin à peine terminé s’en aille aussitôt, tout simplement parce que des inconnus veulent emporter, ainsi, un souvenir personnalisé… 

 

4 juillet 2018



Ma vie, je la gagne si mal ! Et si durement. Mais au moins, j’ai appris que l’argent ne tombe pas forcément du ciel, qu’un euro gagné par ses moyens est  - d’une certaine manière -  un cadeau émanant de la providence.

Les artistes, mis à part quelques exceptions, tirent un peu tous le diable par la queue. Mais il faut savoir compenser ces étroitesses financières par la richesse infinie des formes et des couleurs ainsi que par la richesse des sentiments et des expériences partagées.

Quand je vais à la place de la Contrescarpe, un de mes endroits de prédilection, je fait toujours des rencontres fructueuses, parfois mêmes amusantes.
Juillet venait à peine de commencer, avec des journées encore à rallonge, et je me régalais de l’atmosphère qu’offre cet espace, nanti d’innombrables restaurants à la terrasse desquels autochtones et touristes se côtoient dans la bonne humeur.

Les serveurs du restaurant La Contrescarpe, il est vrai, savent traiter leurs clients avec toute la classe requise, aux petits soins pour eux. Il m’a été facile de nouer, avec eux, des relations amicales… « Vous en vendez tout de même, quelques dessins ?», m’a demandé l’un d’entre eux.

Ce soir-là, un couple attablé à la terrasse de la Contrescarpe m’observait en train de dessiner ce restaurant, dont le store jaune épouse les tons clairs d’une façade comprenant trois étages, criblée d’étroites fenêtres. Ouvertes, elles laissent entrevoir des plafonds comportant des solives.

 

Au milieu d’un raz de marée d’excités…

Alors que les supporters des Bleus se déchaînaient dans les rues de Paris, je me suis amusé à dessiner. On m’a quand même craché à la figure !

(Texte écrit le 18 juillet 2018, bientôt mis en ligne sur le site « parisentoussens »

Ces dessins, je me suis amusé à les faire au milieu d’une foule en délire. C’était dimanche en fin d’après-midi, du côté de la Madeleine. Boulevard des Capucines puis boulevard Haussmann.
J’observais à la fois mes sujets, les beaux immeubles de Paris, et les supporters massés à la terrasse de cafés.

Et malgré sa victoire, la France m’a inspire de la honte. Paris s’est transformé en un asile de fous à ciel ouvert. Les gens, en tout cas une grande partie d’entre eux, faisaient n’importe quoi, mettant la vie des autres en danger, notamment « les petits branleurs » qui chevauchant des motos fonçaient au milieu de la foule.

Le peuple se défonçait, buvait, criait des insanité, maltraitait les équipements publics (certains tout au moins) et il y avait dans cette liesse une violence refoulée qui avait trouvé le jour idéal pour s’exprimer. Je me suis dit que cette colère aurait dû se manifester à d’autres occasions, en cette époque où la Macronie est à l’œuvre pour détricoter tant de chose en France, où le Canard Enchaîné publie des papiers hallucinants sur une ministre de la Culture si malhonnête qu’elle devrait avoir démissionner, où le couple Macron renouvelle à grand frais sa vaisselle en faïence, une époque où le gouvernement fait passer des lois dont les conséquences ne tarderont pas à se faire sentir.
J’ai eu honte qu’un peuple sombre ainsi dans la beuverie et l’ineptie pour soutenir une équipe de foot, les Bleus, certes brillante mais dont les joueurs perçoivent des salaires mirifiques : à ce prix là, la moindre des choses c’est qu’ils obtiennent une victoire, quant tant de gens tirent la langue pour acquitter leur facture dans ce monde hyper capitaliste où seul semble compter le fric.

Je me suis fait jeter des bières à la gueule, un petit connard (une vingtaine d’années) m’a craché dessus. On a le droit de ne pas se mêler à cette folie collective.

Mais la France de Macron est en si mauvais état qu’elle avait besoin d’un trophée comme celui-ci pour se défouler, pour « éjaculer » les mauvaises énergies accumulée, un grand exutoire qui s’assimilait à un orgasme de masse.

Et bien sûr, aucun policier dans les rues pour rappeler certains éléments à l’ordre. Notre ministre de l’Intérieur aurait dû plonger, à son tour, dans la foule, et voir à quel point le service d’ordre, en tout cas là où je me trouvais, était invisible.

Le lendemain, lundi, c’était encore la folie dans les rues… Mais soudain, mardi, tout est redevenu « normal ». Les gens se remettaient à se parler normalement. Il y avait une légèreté retrouvée flottant dans un air pourtant trop chaud.

Des touristes m’ont raconté leur effroi face à un tel déchaînement de violences et exubérances. La plupart n’imaginaient pas que de tels débordements puissent se passer en France. Mais quand on a un président qui célèbre la fête de la Musique au milieu d’un zoo, avec Mme Brigitte jouant les stars d’un télénovela à l’américaine, on ne saurait s’étonner de rien.

Pauvre France, dont la langue est souvent si mal parlée, où les bonnes manières s’effilochent, où l’on se trouve de plus en plus confronté à une nébuleuse administrative sans visage, parce que grâce à sa Majesté Macron, soit disant soucieux d’en finir avec une partie des fonctionnaires, nous nous adresserons bientôt à des robots qui n’entendront parler que leur aveugle cruauté.

J’aimerais qu’un intello du calibre de Michel Onfray, que j’admire beaucoup, s’exprime sur les raisons de ces manifestations passablement débiles et indécentes.

Il y aurait tant de choses à analyser sur l’état actuel de la France, pays en pleine déliquescence, pays où tout devient si cher. Mais heureusement, j’ai la chance, quand je dessine dans les rues, de rencontrer tant de personnes merveilleuses et m’inoculant de l’énergie positive. Cela me fait chaud au cœur et me fait penser que tout n’est quand même pas perdu…



Soudain, une dame, toute pimpante et joyeuse, accompagnée d’un monsieur portant un chapeau melon, vint me voir. C’était le couple qui m’avait regardé… et tous deux voulaient acquérir le dessin que je venais de terminer pour passer le temps. J’ai oublié leur nom : elle était grecque et lui était un gentleman anglais. Ce soir-là, ils fêtaient leur un an de mariage. Ils vivaient à Londres, et ils avaient attendu dix ans avant de convoler en justes noces. Jolie histoire.

Je leur fis (comme à l’accoutumée) un prix d’ami : 25 euros, car franchement, le dessin (que j’ai refais par la suite) n’était pas génial, quelque peu bâclé… et cet été les touristes exigent des prix plus tassés que jamais, invoquant la cherté de la vie à Paris.

J’étais ravi de pouvoir prendre part, ainsi, à cette si belle nuit qu’ils passaient dans la capitale. Le lendemain, je suis retourné à la place de la Contrescarpe, et je n’y ai vendu aucun dessin ; pourtant il y avait du monde à la terrasse des cafés mais sans doute la chaleur exubérante ne donnait-elle pas envie aux vacanciers de s’approcher d’un artiste de rue.

Il y a des jours avec et des jours sans. Mais chaque jour, je repars chez moi avec un plusieurs dessins nouveaux qui finiront bien par trouver preneur, un jour proche ou lointain…

 

Yann Le Houelleur

 

A bientôt, pour de nouvelles aventures et rencontres...

Toutes mes excuses : il fait une chaleur exubérante, que je ne supporte pas vraiment, de sorte que je dors mal la nuit, attaqué par les moustiques qui pullulent dans tout Paris et en banlieue.

Souvent, la nuit, j’essaie de vendre mes dessins jusqu’à des heures indues… quand les consommateurs, l’esprit pétillant à la suite de drinks revigorants, s’intéressent à ma petite personne et me gratifient d’un achat bienvenu.

Alors, il m’arrive de rentrer dans mon bout de banlieue vers 3 heures et demi, après avoir pris le Noctanbus.

Je suis si fatigué que je me lève aux alentours de… midi ! Trop peu de temps, après, pour dessiner autant que je souhaiterais.

J’ai fait, toutefois, de magnifiques rencontres ces jours-ci, et je me remettrai bientôt à mon ordinateur pour les relater, même brièvement, avec de nouveaux dessins.

Comme tout artiste, je vis d’abord d’espoir. L’espoir que les jours suivants seront meilleurs que les jours présent. Je ne suis qu’un rayon de soleil, à ma manière, dans cette grande obscurité humaine où fort heureusement volent encore beaucoup de lucioles.

A bientôt donc, mes ami(e)s.

Yann

LE PONT NEUF - Presque la canicule dans Paris… Il fait plus frais sur les ponts enjambant la Seine car le vent y souffle énergiquement à tout moment. Pour célébrer l’avènement du jour le plus long, il me fallait céder à la tentation de dessiner cette merveille qu’est le Pont Neuf, aux alentours de 21 heures, un pont sous les arches duquel se faufilent pléthore de bateaux. (20 juin 2018)

Rencontre fort émouvante, place de la Contrescarpe

Des policiers, j’en rencontre peu. Mais celui, en civil, dont j’ai fait la connaissance sur cette place où règne une atmosphère bon enfant m’a « ébranlé » par son caractère si humain et le courage avec lequel il affronte la vie… Père d’un petit garçon atteint d’un cancer.

 

19 juin 2016


 

Tout d’abord, une précision qui s’impose : l’ex-journaliste que je suis se réserve le droit d’évoquer certaines rencontres « frappantes » dans Paris tout en masquant l’identité de personnes qui ont parlé à un dessinateur… La personne que je vais évoquer ne s’appelle pas André, mais elle existe vraiment. Je n’ai pas à dire, non plus, le département où elle vit.

Trop réelle, à la fois trop belle et trop poignante cette discussion survenue à la place de la Contrescarpe, alors que je dessinais en soirée. Une heure avant, une bouffée d’angoisse m’avait perturbé. Je me disais que le solstice d’été était sur le point de se produire et qu’il faudrait, alors, se résigner à voir les jours rétrécir avec, à l’horizon, la menace d’un hiver ruineux pour le moral.

Un monsieur costaud, crâne rasé, teint halé, s’approcha de moi, tenant par le bras un petit garçon atteint de strabisme. Cet enfant me fixait avec attention, mais il cessait de gesticuler, et quand je m’adressais à lui, il semblait ne pas m’entendre. Son grand gaillard de papa me dit, d’emblée, que son fils était atteint d’un cancer à l’œil ; et il n’avait pas deux ans ! La veille, j’avais appris qu’un ami, à 40 ans, était persécuté par un cancer, détecté depuis peu, à l’estomac. Le cancer frappe aveuglément « un peu tout le monde » sans discrimination quant à l’âge.
 
«La raison pour laquelle mon fils ne vous entend pas bien, ce sont les remèdes qu’il prend », me précisa le père. Habitant loin de Paris, il amenait, régulièrement, son fils dans un hôpital parisien réputé pour y suivre un traitement de choc.

Vision plutôt sombre

Mais pourquoi la vie n’épargne à certains presque rien ? Cet homme, en réalité, était un policier, et il confiait ne pas aimer son métier tant que ça, amené à rencontrer des personnes peu recommandables, ce qui lui conférait une vision assez sombre du monde. Toutefois, il était croyant, catholique assumé. Comment avait-il choisi cette profession ? « Je voulais aider les autres.»

C’est très rare (en ce qui me concerne, toutefois) de pouvoir discuter ainsi, en toute décontraction, avec un policier qui s’avère un homme semblable aux autres, laissant sourdre des opinions et des sentiments. Ce qui me gêne parfois, quand je rencontre des flics dans l’exercice de leur fonction : leur manque d’humour et leur politesse quelque peu froide, dont je comprends les raisons.
Je n’émets pas d’autres critiques contre la police, car franchement voilà une profession des plus compliquées amenant à connaître, vite, toutes les strates de la société et les absurdités de son fonctionnement.

 « Quand vous serez décédé… »

De bon cœur, je lui donnais un dessin fait sur la place de la Contrescarpe une semaine plus tôt : « Il vous portera bonheur.» André, fort ému, m’embrassa spontanément et me dit… « Vous êtes un mec bien. » Il n’avait qu’à moitié raison car nous sommes tous, quel que soit notre parcours, en proie à des démons mais aussi habilités à croiser des anges.

André semblait conquis par mon trait de crayon et il m’encouragea en ces termes : « Vos œuvres vaudront très cher quand vous serez décédé ! » Jolie formule, observation pertinente qui m’est souvent faite lorsque des inconnus engagent une conversation. J’adore !


Mais ce qui me plait davantage que l’acte de dessiner, l’ai-je souvent avoué, c’est la qualité des rencontres que je noue grâce à ce « vecteur de communication ». Hélas, la plupart des artistes se réfugient derrière un écran de mythologie et de nombrilisme pour se refuser à jouer pleinement ce rôle de « témoin et d’acteur de leur époque ». Ils n’existent qu’à travers leurs œuvres, et ils restent invisibles aux yeux du peuple.
Mais si je développe une telle idée trop longuement je vais m’attirer les foudres de certains. Alors, je m’arrête là !

En tout cas, mes rencontres inopinées dans les rues de la capitale me permettent de me forger une idée plutôt optimiste de la société : dans ce magma de souffrances, de pleurs et de plaies à vif où nous nous débattons, il existe beaucoup d’âmes nobles et généreuses. J’ai de la chance, parce que j’en croise passablement !

Yann Le Houelleur

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Alain ( l'agent secret ) | Réponse 06.07.2018 17.58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

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Commentaires

06.07 | 17:58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

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21.03 | 20:48

rès beau travail Yann !!! le texte va bien avec tes dessins , tu fais vivre Paris comme dans un carnet de voyage ! en fait tu nous fais partager tes voyages

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18.03 | 23:18

Je ne saurais dire ce que j'apprécie le plus : les textes ou les dessins ? Un choix difficile les deux étant d'une excellente qualité ! Merci pour ces pages !

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30.12 | 10:55

Solidarité avec toi Yann ! Paris sans les artistes de rue n'est plus Paris ! Simona a tout à fait raison !

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