Juin 2016 - Bienvenue sur ce site!

La place Saint-André des Arts : ses cafés, ses tags, ses pavés et ses beaux immeubles…

 

Passage obligé pour les touristes se rendant dans le quartier Saint-Germain, cette place est aussi un lieu de détente aux terrasses de si nombreux cafés.
 


22 juin 2016


 

Quels changements n’a-t-elle pas subis, la place Saint-André des Arts, depuis que le peintre Takanori Oguiss y a posé son chevalet ! (Cet artiste d’origine japonais a longuement vécu à Paris.) C’était en 1936 : des immeubles d’un aspect encrassé, égayés toutefois par des publicités peintes à même les murs, écrasaient des petits cafés sagement assoupis. Sur ce tableau (que l’on peut voir au centre culturel Pompidou), seuls quelques passants errent sur les trottoirs.

Quatre-vingt ans plus tard, les immeubles font pâle mine (blancs, ocre, gris). Des tags géants d’un goût douteux ont remplacé les réclames Suze et autres marques d’antan et les terrasses de cafés forts nombreux ont conquis du terrain ; un déferlement de chaises et de tables prises d’assaut à toute saison. Il y a des motos garées un peu partout, ce qui contribue à gâcher le charme d’une place pourtant si belle, où pléthore de signaux, en particuliers sens interdits, compliquent la lisibilité de l’endroit et y introduisent une pointe d’hostilité.

Matelassée de pavés roses et mauves, la place joue un rôle de carrefour entre plusieurs portions de Paris : par la rue Saint-André des Arts et par la rue Suger, les touristes peuvent gagner le quartier Saint-Germain des Prés. Dans l’autre sens, ils filent vers les quais de Seine, via la place Saint-Michel.

La place Saint-André des Arts est aussi bien un lieu de passage que d’ancrage pour ceux qui choisissent de couler un moment de détente à terrasse, notamment, du Clou de Paris. Un soir, en semaine, désireux d’échapper à la persistance de la pluie, je me suis assis là, sous une bâche blanche résistante. (En fait, une pluie diluvienne.)

Quelques coups de crayons et de stylos feutres ont suffi pour redécouvrir le charme de cette place qu’en définitive je connaissais si peu. A plusieurs reprises, par la suite, j’y suis retourné, fasciné par sa polychromie et par la variété des styles architecturaux qui s’y côtoient. Aussi bien Haussmann puis l’art déco que le Moyen-âge: la rue Suger, par son tracé et son étroitesse, remémore cette époque, même si les maisons ont été érigées plus tard…

Yann Le Houelleur

MONTMARTRE – Maudite pluie : elle a détruit quelques dessins, me prenant de court, mais elle n’a pas réussi à décourager le coup de crayon. Réfugié dans un café de la place des Abbesse, le Petit Montmartre, le dessinateur a repéré cette rue pavée qui mène les touristes vers un escalier dont il faut gravir les marches plutôt copieuses pour accéder à la basilique du Sacré Chœur. (Dessin fait le 17 juin 2016)

Savoir se laisser enchanter…

Le Marais est plus beau que jamais, grâce à tant de restaurations de bâtiments rondement menées. Mais de nombreux passants ne prêtent aucune attention à cette architecture pléthorique, régis par le seul désir de consommer dans les boutiques qui ont pris d’assaut le quartier. Manque de culture? 


16 juin 2016



N’est-ce pas ça, la vie d’artiste: de la persistance, de la souffrance métamorphosée en contemplation et en inspiration, de la modestie (les vrais artistes, pas les brasseurs de couleurs pour galeries prétentieuses) face à cette impitoyable réalité : faire de l’art, c’est frayer avec la magie, et la magie n’a pas de prix. L'art peut fort bien se résumer à un don de soi, pour autant qu'il ne bascule pas dans le narcissisme, qu'il s'expose, qu'il se propage, qu'il donne envie: la beauté du geste, un point ce sera tout.

Alors, en attendant le grand voyage (probablement celui outre monde, chacun y a droit un jour !) je me laisse enchanter par de magnifiques façades, fragments de paysage urbain, sites historiques, endroits un peu délaissés à portée de main… Je jouis de cette propension à regarder, interpréter des choses auxquelles la pupart des passants n’accordent aucune attention.

Par exemple, ces deux hôtels particuliers cote à cote, dans le Marais, au croisement de la rue des Archives et de la rue Pastourelle, donnent l’illusion de se trouver au pied d’un château tant ils sont robustement et élégamment conçus. Parce que le soleil, quand il brille, se plait à remodeler les façades à sa guise, plongeant une partie des façades dans l’oubli, ces bâtiments datant du règne de Louis XIV dégagent un certain mystère exacerbé par le portail toujours fermé donnant sur une cour d’honneur, avec cette touffe d’arbres d’un vert tapageur prêt à sauter par-dessus le haut mur longeant la rue des Archives.

De si nombreux passants, venus dans le Marais pour faire du shopping, pour se gaver de marques, de griffes, pour souscrire à des achats (souvent) compulsifs et futiles, ne se rendent pas compte de la splendeur et de la valeur historique de ces bâtiments pour eux d’une extrême banalité. Car ce gens-là ne savent pas se contenter de ce qui est la joie même des pauvres doués d’une certaine culture: se laisser conquérir, ravir par de belles choses au coin de la rue… des choses que les frustrés et les immodestes vont chercher au loin à prix d’or alors qu’ils ne savent pas goûter le bonheur en toute simplicité.

Yann Le Houelleur

 

C’est ça la vie d’artiste !

Encore un été sans partir… hors de Paris et sa région. Les vacances, c’est pour les autres, et je ne suis pas le seul… Mais plutôt que de me plaindre, de m’angoisser, mieux vaut continuer à dessiner, cultivant l’émerveillement accessible, dans les rues où en définitive on rencontre passablement de gens merveilleux.

 


16 juin 2016


 

Il paraît que 60 % des Français (lecture d’un article récent, mais où donc ?) ne partent pas en vacances. Mais dans une société où de moins en moins de personnes semblent travailler «officiellement», dans une France en pleine décadence où la valeur travail est massacrée, notamment pas la CGT qui empêcherait volontiers tant de gens de faire des affaires, a-t-on tant le droit que ça à des vacances?

En tout cas, les vacances, ce devrait s’apparenter (opinion toute personnelle) à une récompense. Plaisir de profiter pleinement d’un moment longuement rêvé après une période vouée à toutes sortes d’efforts, de contraintes, de privations. Opportunité de se découvrir plus serein, comme un oasis de réconciliation avec soi-même et tout autant avec les autres à travers la perception de belles et bonnes choses. Mais ces gens qui partent tout le temps en vacances, en voyage, ces vantards qui vous jettent à la figure, débordants de prétention, qu’ils sont allés dans telle capitale ou sur telle île, pour moi ce ne sont pas des vrais vacanciers, à peine des capricieux, des gens blasés, incapables (souvent) de s’émerveiller car banalisant l’évasion!
 
Si vous êtes seul...

Cette année, comme auparavant, je n’aurai pas droit à des vacances. Comment un artiste, si mal payé, auquel on donne souvent (mais avec un sourire qui vaut souvent tout l’argent du monde) des expédients, souffrant pour renouveler son matériel, ne mangeant qu’une fois par jour, pourrait-il partir au loin, faire « un break », voir d’autres horizons avec le dessein de régénérer son mental, son inspiration.

Nous vivons dans un monde à la fois de gens merveilleux (j’en rencontre) et de tordus. Si vous êtes seul, en proie à la tristesse, en quête de réconfort, «on » vous proposera avant tout de l’alcool, de la came, du foot, des jeux, de la débauche, de l’extase au rabais, des antidépresseurs, des promesses miroitantes, mais qui aura la générosité de vous emmener, en voiture ou en train, dans un bel endroit (ce peut être un musée aussi, ou même un restaurant) où tout respire la joie de vivre et où vous serez à même de sentir pétiller en vous des forces, des ressources intérieures froissées voire piétinées.


Antoine, vendeur d’un livre (écrit par lui)


Au fait, à propos de «gens merveilleux» : pendant que je dessinais, le mercredi 15 juin à la place des Abbesses, rencontre avec Antoine, un séduisant blond aux yeux très bleus, 23 ans. Il a réussi à entrer dans le monde des adultes sans une once de méchanceté, d’une gentillesse, d’une cordialité et d’une douceur absolues. Un ange, un vrai. Après avoir été veilleur de nuit dans plusieurs hôtels, il a décidé de mener sa barque à ses risques et périls. Antoine vend, dans la rue, un livre qu’il a édité à son compte. Vingt euros chaque exemplaire, soit un bénéfice d’environ 15 euros. Doué d’un sens commercial irrésistible, ce jeune auteur arrive à s’en sortir, certes modestement mais dignement.

Antoine a conscience de la nécessité d’évoluer, de bifurquer vers d’autres activités mais pour l’instant il jouit des plaisirs que lui octroie la rue, entre autres voir le soleil faire étinceler les pavés des rues montmartroises et rencontrer des personnes de caractères. «Maintenant (ce sont les mots d’Antoine), j’ai suffisamment d’expérience pour être même, s’il le faut, commercial dans une grande entreprise… car la rue, c’est très formateur.»

Un exploit que de vivre d’un tel job: vendre des livres en plein air, dans un monde dont on dit qu’il donne la priorité absolue aux images et à la superficialité.

yann

GARE DE LYON - Elle est unique en son genre, la gare de Lyon : la seule à Paris à signaler sa présence par une tour aux dimensions impressionnantes : 67 mètres. Quant aux 4 horloges animant chacune une face du beffroi au-dessous du dôme de zinc, elles ont un diamètre de 6,4 m, et leur couleur bleutée semble parfois avoir été empruntée au ciel tout autour. Ce dessin a été fait à la terrasse d’une superbe brasserie, l’Européen. (9 juin 2016)

La place Maubert, un air bien parisien !

Un sentiment de décontraction, une certaine joie de vivre sont à savourer sur cette place à mi chemin entre la cathédrale et le Panthéon.  

 

13 juin 2016



Apercevant un inconnu en train de dessiner le Café du Métro où il travaille, un serveur lui a dit: «Vous avez raison de vous intéresser à notre place qui a bien du charme, un charme très parisien».

Cet inconnu, c’est moi, Yann. On m’y voit peut souvent, à la place Maubert. Dommage, car elle respire une certaine une joie de vivre hélas égratignée par la circulation si intense le long du boulevard Saint Germain. Truffée de commerces et des cafés-restaurants, la place est un carrefour stratégique où se rejoignent tout à la fois le boulevard St-Germain, la rue Lagrange, la rue Frédéric Sauton, la rue Maître Albert, la rue Monge et la rue des Carmes. Elle en brasse donc des passants, entre autres des touristes! Pour eux, c’est un passage obligé puisque la place Maubert se trouve à mi-chemin entre la cathédrale et le Panthéon.

De très beaux immeubles, cossus, de style haussmannien, font bon ménage avec des maisons plusieurs fois centenaires mouchetées de fenêtres étroites dépourvues de tout balcon. Plusieurs îlots du Paris médiéval exécré par les urbanistes de Napoléon III ont été épargnés, et nombre de ces îlots appartiennent au quartier latin où foisonnent les curiosités architecturales.

Trop de clochards

Un article paru en 2010 dans «Sortir à Paris», un supplément hebdomadaire du «Figaro» décrivait ainsi la place Maubert: «Ni show-off comme Saint-Germain-des-Prés, ni bourgeois comme le Luxembourg, le quartier Maubert se targue d'un héritage universitaire qui le protège des facéties des modes faciles.» Un des éléments contribuant le plus à l’atmosphère décontractée émanant de la place Maubert est une ravissante fontaine éclaboussant un petit bassin inséré dans un carré de gazon, face à la terrasse du café du Métro. Or, toute la journée des clochards s’approprient cette pelouse, pourtant cernée par un petit grillage, et ils s’y affalent comme si de rien était. Ils sont sales, accroc à l’alcool, et ils pissent partout: leur présence se fait sentir à plusieurs mètres à la ronde…

Alors que je dessinais, plusieurs "gens de la rue" se sont approchés de moi pour me regarder et la plupart d’entre eux n’avaient même pas 30 ans.
J’étais un peu déconcentré (bien qu’ils ne soient pas méchants du tout) mais j’étais heureux de restituer un paysage aussi parisien : une belle terrasse de café avec des stores flamboyants, un colonne Morris proclamant en silence des spectacles, un réverbère plein de volutes et d’ornements en sa partie supérieure, des arbres à la crinière fournie ondulant au gré des vents… 

Yann Le Houelleur

C’est ici que Picasso a peint Guernica…

Dans le 6ème arrondissement, un bâtiment plusieurs fois centenaire a fait l’objet d’un imbroglio juridique plutôt hallucinant. La Chambre des Huissiers de Paris voulait le céder à un groupe hôtelier alors qu’il abrite un atelier où Picasso a vécu de 1936 à 1955.  

 

7 juin 2016


  

La rue des Grands Augustins compte parmi ces voies atypiques rappelant un peu le Paris d’autrefois, quand Napoléon III n’avait pas encore reconfiguré la capitale. Une rue étroite, un peu sinueuse, sombre, triste, desservant quantité de maisons anciennes et humbles voire gondolées.

Aux numéros 5 et 7 se dresse un curieux ensemble de bâtiments: encadré par des immeubles «ordinaires», un hôtel particulier de deux étages, agrémenté de mansardes, dans le plus pur style Grand siècle. Une belle porte ferme l’accès à une étroite cour d’honneur tapissée de gros pavés. Le fronton, triangulaire, ne comporte aucune sculpture ou ornement ; par contre la grille, joliment ouvragée, est ornée de deux initiales entrelacées : HS. Soit, hôtel de Savoie.
Il m’a fallu une heure environ pour réaliser un dessin de petit format, dont je ne fus pas trop content car j’aurais dû me lâcher davantage.

Après coup, j’ai repéré une inscription, sous forme de plaque, sur le côté droit de la porte : «Pablo Picasso vécut dans cet immeuble de 1936 à 1955. C’est dans cet atelier qu’il peignit Guernica en 1937. C’est également ici que Balzac situe l’action de sa nouvelle Le Chef d’œuvre Inconnu.»
 
Curieusement, j’ai éprouvé une sorte d’appréhension à faire un tel croquis, comme s’il émanait de ce site des vibrations particulières. Ainsi, le génial Picasso a-t-il engendré des chefs d'oeuvre dans un grenier, par-dessus-la cour d’honneur! C’est en consultant des sites sur Google, le soir-même, que j’ai appris l’incroyable imbroglio juridique dont cet hôtel particulier fait l’objet, puisque le propriétaire, la Chambre des Huissiers de Justice de Paris, avait envisagé de céder la totalité des murs à une société spécialisée dans l’immobilier, en vue de l’implantation d’un hôtel de luxe.

Or, il semble que le Conseil national pour l’Education artistique, qui avait occupé les lieux et par ailleurs financé la restauration de la façade, ait remporté un bras de fer via la Justice, obtenant la suspension de cet aberrant projet. Je n’ai pas très bien compris où en sont les choses à l’heure actuelle, cette lutte devant les tribunaux faisant l’objet de recours émanant des deux parties, mais bien évidemment je suis touché par une telle affaire. Comment se fait-il qu’un endroit aussi riche, d’un point de vue artistique, soit menacé par l’avidité d’une chambre syndicale dont les membres (les huissiers) sont crédités d’un minimum de culture?

 Yann Le Houelleur

 

 

PLACE DU MARCHE SAINTE CATHERINE - Des réverbères, des petits bancs de bois, une mosaïque de pavés, des stores de restaurants proclamant une certaine joie de vivre (sept cafés-restaurants cote a cote) : la place du marché Sainte Catherine, dans le Marais, reflète un art de vivre à la française. Surtout en été, quand les touristes s’y aventurent par milliers... (Dessins fait le 5 juin 2016)

Passant inaperçu, mais si beau: l’hôtel de Nesmond


Le long du quai de la Tournelle, masqué (sauf en hiver!) par d’abondants feuillages, se dresse un corps de bâtiment comparable aux plus beaux hôtels particuliers du Marais. Il fut construit par un haut magistrat, lors du règne de Louis XIV. Plus aucune trace, par contre, de la fabrique d’absinthe et de liqueurs qui a occupé ces lieux au 19ème siècle.


10 juin 2016


 

A la belle saison, il passe inaperçu, réduit à l’état de fragments dispersés par la prédominance de feuillages qui sont autant de nuages… Tout autour de cet hôtel particulier, à l’angle du quai de la Tournelle et de la rue des Bernardins, des platanes témoignent une belle vigueur.
Pourtant, l’hôtel de Nesmond s’avère l’une des plus belles demeures de la rive gauche, fait de la même étoffe que les plus prestigieux des hôtels particuliers du Marais. La porte cochère donnant sur le quai des Tournelles (N° 55/57) est surmontée d’un fronton triangulaire. Elle signale d’emblée l’origine seigneuriale de cette imposante qui par son concept et par son style s’enracine dans le grand siècle. La porte elle-même, en bois, oscille entre le vert et le bleu en fonction de l’ensoleillement et de la luminosité.

Toitures de grande envergure

L’hôtel de Nesmond a succédé à un bâtiment qui fut la résidence du panetier de Philippe le Bel au quatorzième siècle. Il y a du Louis XIII comme du Louis XIV dans ces façades se déclinant avec harmonie autour d’une cour d’honneur aux dimensions généreuses. Plusieurs niveaux de toitures de grande envergure truffées de mansardes contribuent à rendre plutôt exubérant cet hôtel particulier d’apparence si sobre.

En réalité, il porte le nom d’un magistrat au Parlement de Paris, Théodore de Nesmond, qui avait épousé Anne de Lamoignon, fille d’un président du Parlement de Paris. Sous le règne du Roi soleil, les grands commis de l’état acquéraient, faisaient agrandir et embellissaient des bâtiments situés dans plusieurs quartiers jadis et toujours privilégiés. Ainsi, dans le Marais, se dresse le magnifique hôtel de Lamoignon aux façades elles aussi percées de hautes fenêtres à meneaux. (L’hôtel de Lamoignon offre des façades toutefois plus surprenantes car ruisselantes d’ornements et de sculptures dont l’hôtel de Nesmond, si sobre, est dépourvu.)

Une certaine tristesse quand même

Hélas, rares sont les passants comme les touristes qui s’extasient devant l’hôtel de Nesmond. Et pour cause: le vaisseau gothique de Notre Dame surplombé d’un mât gigantesque (la flèche) accapare leur regard. Paris est d’une telle richesse, d’une telle diversité que les monuments, édifices et sites historiques finissent pas s’y livrer une «concurrence» impitoyable.

Ceci dit, malgré son charme incontestable, l’hôtel de Nesmond transpire une certaine tristesse voire mélancolie. Reflet d’un Paris devenu, par certains côtés aseptisé à force d’avoir évacué toute activité industrielle et d’avoir asphyxié (en de si nombreux quartiers) les couches populaires. Jamais, dans la journée, les hautes fenêtres ne s’ouvrent pour laisser apparaître un individu, fut-il fantôme. Comment pourrait-on imaginer qu’au 19ème siècle et au début du 20ème cet hôtel particulier, aujourd’hui morcelé en appartements, a abrité une fabrique d’absinthe et de liqueurs. Le succès de cette production fut tel que la famille Joanne, alors propriétaire des lieux, se mit à construire une seconde usine à Ivry-sur-Seine. En 1885, un incendie tua trois ouvriers et détruisit une partie des installations, ainsi que le rappelle Denis Cosnard, l’auteur du blog «des usines à Paris» (http://lafabriquedeparis.blogspot.fr). Sur le blog, on peut voir une photo, prise en 1910, où le fronton de la porte de l’hôtel de Nesmond au 55 / 57 quai de la Tournelle renferme une horloge.

Nombreux sont les hôtels particuliers, à Paris, plus particulièrement dans le Marais, qui furent défigurés par des activités industrielles et artisanales. A l’issue de travaux de restauration, ils ont retrouvé leur splendeur d’antan. Certains sont mêmes devenus des musées.

Yann Le Houelleur

NOTRE DAME - Vue du quai de Montebello, elle brandit, à la fois massives et légères, ses tours et sa flèche: la cathédrale ! Pendant tout l’été, des millions de touristes la contemplent sous toutes ses coutures. (Dessin fait le 6 juin 2016)

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Patrick Canhan | Réponse 14.06.2016 12.27

Je découvre ce blog grâce à flickr.com/photos/110805203@N04/. Toutes mes félicitions pour ton excellent travail, sincère et aussi précis qu'évanescent.

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Commentaires

14.06 | 12:36

Né à Belleville et aimant ton travail : https://www.flickr.com/photos/patpardon/collections/72157627544273902/

...
14.06 | 12:27

Je découvre ce blog grâce à flickr.com/photos/110805203@N04/. Toutes mes félicitions pour ton excellent travail, sincère et aussi précis qu'évanescent.

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10.06 | 14:00

Un réel plaisir d'avoir fait ta rencontre Yann et encore merci de m'avoir laisser immortaliser ce moment ;)
A la prochaine... et un grand bravo pour ta galerie!

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02.06 | 23:08

Merci à vous Yann pour parler avec moi sur le Pont Saint Louis autours Napoléon et votre avis de Paris. Je ne t'oublierai jamais!

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