Eté 2017 (suite)

PLACE DU PALAIS ROYAL – Face au Louvre, les bâtiments à arcades et colonnades abritant le Conseil d’Etat. Une si belle architecture et tout autour, en été, une atmosphère paisible malgré la foule prenant d’assaut le musée voisin… (21 août 2017)
RUE DE FURSTENBERG (6ème) Ici, vraiment, on est loin des tumultes de la capitale. Une profusion de silence, une invitation au recueillement, et pas un papier ne traînant sur les trottoirs, détail si rare à Paris… C’est dans cette rue que se trouve le musée Eugène Delacroix. (20 août 2017)
PLACE SAINT MICHEL – Quand tombe la nuit, les stores de ces restaurant projettent leurs derniers flamboiements tandis que le flot des passants, parmi lesquels maints touristes, redouble de vigueur. Il est l’heure de s’offrir une balade romantique sous les réverbères parisiens… (18 août 2017)
PONT ROYAL ET LE LOUVRE – Le ciel est d’une humeur souvent maussade, marbré de nuages qui pleurent à tout moment. Alors, il faut dessiner vite, entre deux averses. Voilà pourquoi ce dessin s’avère un peu bizarre… Pas le temps de fignoler le bateau mouche ! Alors que je le terminais ce croquis, la pluie recommençait à tomber ! (17 août 2017)

Il y a de quoi être aux anges…

 

A peine avais-je commencé le dessin d’un immeuble haussmannien, assis sur le trottoir : une dame très souriante, Anje (un prénom flamand) me demanda de le terminer pour elle… et une demi-heure plus tard nous fîmes plus ample connaissance à la terrasse de la Source.


14 août 2017


 


Le dessin, c’est de la magie pure ! Avec un simple croquis, on peut réveiller l’enfant enfoui au fond d’autrui. Bien des adultes aimeraient, en fait, retrouver cette enfance égarée, ou plutôt asphyxiée par la société, à travers la pratique artistique… Peut être les artistes sont-ils de grands enfants qui  n’ont pas renoncé à perdre leur âme d’enfant.
Souvent, des inconnus me regardent, émerveillés, dessiner… et une complicité se nouent immédiatement entre eux et moi.

Exactement ce qui s’est passé, un samedi en fin de journée, à proximité des Invalides. De retour de la Tour Eiffel, j’avalais l’interminable rue de Grenelle, pas trop belle. Soudain, atteignant le boulevard de la Tour Maubourg, un immeuble déclencha une envie de croquer.

De style haussmannien, strié de colonnes imperceptibles, il est vêtu d’une jupe rouge, en l’occurrence les stores d’un restaurant, la Source, spécialisé dans la viande d’Aubrac. Un arbre, dont les feuillages jaunissaient à l’approche de l’automne, masquait la façade donnant sur le boulevard de la Tour Maubourg.

A peine avais-je commencé : une femme blonde, l’air jovial et très cordiale, s’étonna de ma présence. (J’étais assis à même le trottoir.) Je lui montrai quelques-uns des dessins à l’abri dans mon sac à dos, et elle me demanda le prix… A ma grande surprise, elle me dit : « Je vais prendre celui que vous êtes en train de faire. Dans combien de temps pensez-vous l’avoir terminé ? ». En réalité, il fallait encore une demi-heure, ce qui nous conduirait à 20 heures. Elle me remit 20 euros. « Je vais revenir bientôt et je vous attendrai à la terrasse de la Source. »

C’est ainsi que je fis la connaissance d’Anje, une femme extraordinaire par sa gentillesse, son enthousiasme, la bienveillance régissant ses propos. Elle a vraiment les qualités propres aux gens de sa région : les Flamands ont l’air un peu naïf mais c’est tout simplement parce qu’ils font confiance aux autres et qu’ils ont une sens inné de l’hospitalité.

 
Une Japonaise émerveillée

Anje a un boulot qui l’accapare et la passionne : elle est « manager » au sein d’une société vouée à la sécurité en matière de gestion de produits industriels. (Mais il se peut que je n’aie pas compris…) Elle voyage énormément, dans le monde entier, et elle aime retrouver son quartier et… la terrasse de la Source où l’on parle un peu toutes les langues. C’est à deux pas des Invalides et les touristes sont légion.


Tout en dégustant une blanche servie avec une rondelle de citron, nous avons donné quelques conseils à une Japonaise assise à la table d’à côté. Cette jeune femme venait d’entamer un séjour à Paris et elle se disait conquise par l’atmosphère de la capitale. « A very beautiful night », n’avait-elle cesse de s’exclamer.
Elle ignorait qu’en été Paname adopte un visage humain qui se volatilise vers le 20 août, lorsque les avenues et boulevards recommencent à charrier des flots de voitures…

Yann Le Houelleur

BD SAINT-GERMAIN – Sur ce dessin, fait dans un restaurant par un jour pluvieux, maints « ingrédients » faisant le charme de Paris se côtoient : kiosque à journaux, stores d’un commerce, horloge perchée sur un pylône (à droite), etc. (12 août 2017)

Le Moulin Rouge donne des ailes à l’inspiration…

Il est rare, sur ce site, que soient publiées des photos. Or, celle-ci - Laurence, photographe au Moulin Rouge - résume le bonheur que procurent les dessins quand ils sont faits avec amour…

Il s’agissait de dessiner paisiblement à la terrasse du Rouge Bis. Et soudain, je fus pris dans un tourbillon : deux dessins du fameux Moulin acquis par des clients en pleine terrasse

 

16 août 2017


 

Le Rouge Bis : voilà un café plutôt exceptionnel. Pour deux raisons.

D’abord, ses serveurs et serveuses ne se départissent jamais d’un sourire comme on aimerait en voir fleurir sur davantage de visages à Paris. Ils sont beaux, voire mignons, cool, certains arborant de beaux tatouages à fleur de bras. Pourtant, malgré ces looks décalés, ils ont beaucoup de classe et ils parlent tous anglais couramment.

Ensuite, la terrasse du Rouge bis fait face à un monument mythique : le Moulin Rouge ! L’été, il est vrai, ses ailes sont en partie offusquées par d’abondants feuillages, et pour le dessinateur il s’agit de marier le vert et le rouge, deux couleurs complexes suscitant maints préjugés.

Mais ce Moulin, chaque fois que je le croque, je m’efforce de lui conférer une physionomie joyeuse, une légèreté insoupçonnée… Car pour beaucoup de touristes, apprivoiser le Moulin Rouge relève du rêve.

 
Laurence, photographe  

Et cet après-midi, un mercredi, je vécus un rêve à la terrasse du Rouge Bis. J’était sur le point de terminer un dessin tout en discutant avec un couple d’Australiens qui me racontaient vivre au milieu de kangourous dans leur propriété en pleine campagne. "Nous allons voir de la famille à Melbourne et nous voyageons en train mais dans notre pays les chemins de fer sont lents et inconfortables..."

Soudain, une dame, française, m’adressa un sourire et me demanda quel prix je fixais pour acquérir un tel dessin. (Vingt euros, pour être franc.) « Finissez le, je reviens bientôt. » La dame  - Laurence -  tint sa promesse. « Je suis photographe », m’indiqua-t-elle. Et je fus surpris d’apprendre qu’elle exerce son métier… dans la salle de spectacle du Moulin Rouge, révélant sur place, elle-même, les photos d’une soirée forcément inoubliable qu’elle offre aux spectateurs.
Quel beau métier que celui de Laurence !

 
La belle Olga
 
Une fois de plus, je me montrais envahissant, avec un flot de crayons qui déferlaient sur ma table.
17 heures : les clients commençaient à affluer. Je commandais un nouveau café, qu’une serveuse épatante vint m’apporter: Olga, une robuste Ukrainienne si belle qu’on l’imaginerait mannequin, portant une robe marbrée de losanges bleus et rouges.
Elle parle un français impeccable, et pour cause : elle a étudié les métiers de la restauration et de l'hôtellerie à Paris pendant quatre ans. Olga m’assura que je ne dérangeais pas du tout… alors je me décidai à commettre un second dessin du Moulin Rouge.

A la table sur ma droite, des Américaines discutaient… La grand-mère, la fille, la petite fille, toutes trois heureuses de déguster une assiette de fromages, accompagnée d’un bon vin, dans un cadre aussi prestigieux. Elles me demandèrent, spontanément, de leur octroyer ce dessin, et comme elles devaient se rendre au Moulin pour y passer la soirée mes crayons effectuèrent une course contre la montre. Une demi-heure pour interpréter le Moulin !

Quel plaisir de dessiner pour des Américains : ils sont toujours enthousiastes, excellant dans l'art de prodiguer des encouragements et des compliments !

Y. Le H.

La tour Eiffel, inévitable

 

Comme chaque été, il me faut faire le plein de dessins consacrés au symbole de Paris… mais je ne suis pas fan de l’ambiance qui règne au pied de la tour.

 



Le 13 août 2017


 

Elle hante (presque) tous les touristes de passage à Paris : la Tour Eiffel. Aller l’admirer et la prendre en photo sous toutes les coutures, se hisser jusqu’au sommet, se promener dans les jardins à ses pieds… un rituel auquel personne ne saurait se soustraire. Souvent, quand je dessine aux abords de la cathédrale en soirée, je suis abordé par des touristes qui me demandent« On y va comment, à la Tour Eiffel ? »

Certains s’y rendent même à minuit, trop impatients pour attendre le lendemain.
Il faut bien que j’aille le dessiner de temps en temps, ce symbole de Paris ! Une telle prouesse architecturale doit faire partie de l’éventail des croquis proposés par un dessinateur sillonnant Paname en tous sens.

Mais dessiner la tour Eiffel est une perspective peu réjouissante en ce qui me concerne. Je déteste l’atmosphère qui règne tout autour, cette frénésie de commerce et de mercantilisme se propageant à l’ombre de la dame de fer. En plein Paris, voilà un souk à ciel ouvert où le marché au noir fonctionne à toute vapeur. Ici, comme ailleurs, des Africains maigres et élancés harponnent les touristes pour leur refiler… des tours Eiffel miniatures. Je me souviens qu’il y a deux ans, lorsque j’étais allé dessiner l’incontournable tour, des agents de la mairie de Paris, fermant les yeux sur les buissons utilisé comme des cachettes par des vendeurs à la sauvette, m’avaient dit : « Nous avons pour consigne de tolérer ce trafic ».

Tourisme de masse
 
Quant à moi, le dessinateur qui déclare ses ventes, je suis convoqué au tribunal de Police pour justifier mes activités. Deux poids, deux mesures…

Qui découvre la célèbre tour peut se faire une idée assez précise de la tournure qu’a prise notre pays, où le tourisme de masse procure à des nuées de gens une bouffée d’oxygène… de quoi survivre.

Il en va ainsi dans chaque pays : le côté face du tourisme, ce sont toutes ces personnes flirtant avec la précarité, guettant les touristes pour leur vendre toutes sortes de choses, certaines authentiques, d’autres apocryphes. Sans le brassage d’argent généré par « l’industrie du tourisme », elles sombreraient dans la misère la plus absolue. Même réputé si chic, Paris n’échappe pas à un tel aspect de la mondialisation.

Personnellement, j’éprouve quelques réticences à dessiner la tour Eiffel. Je n’y puise pas des ondes très fructueuses, sauf quand je m’assieds sur les pelouses s’étirant, en pente, du Trocadéro à la Seine. On y côtoie des familles du monde entier qui, épuisées par leur chemin de croix à travers Paris, en profitent pour se reposer.
Avec un peu d’imagination, on se croirait à la plage!
 

 

LA PYRAMIDE DU LOUVRE – A tout moment de la journée, elle peut changer de couleur, en fonction de l’heure et de la luminosité. La Pyramide n’est jamais tout à fait la même, d’un jour à l’autre. Elle fait bon ménage avec les pavillons du Louvre construits pendant le Second Empire. (5 août 2017)

Arlette, coquette et si jeune à 75 ans

Format A4 – crayons de couleur et pastel gras : ce dessin a été fait après celui remis à Arlette. Presque le même...

Parmi les plus belles rencontres faites au gré de ces dessins estivaux : rue de Buci, Arlette, curieuse tel un enfant, à laquelle j’ai offert un cadeau d’anniversaire… le croquis d’un bar dont le store strié de rouge et de blanc égaie le quartier.


9 août 2017


 
Si «les gens » pensent que je fais avant tout un juteux commerce de mes dessins, ils se trompent en partie. Tant mieux si ça me rapporte un peu d’argent. Encore mieux quand j’ajoute que derrière tout dessin il y a une atmosphère vécue, des rencontres nouées, de belles histoires qui s’épanouissent.

Autrement dit, mon plus grand plaisir c’est de découvrir de belles personnes à travers les rencontres que me procure mon activité. C’est tellement mieux que d’être chômeur, voué à croupir dans la grisaille d’une cité où prolifèrent les anonymats mortifères. 

Un exemple, entre tant d’autres.

Au croisement de la rue de Buci et de la rue de Seine (6ème arrondissement), j’ai repéré un café  - Le Bar du Marché -  d’une gaieté très parisienne : amples stores striés de rouge et de blanc, évoquant des coulis de fraise ou de framboise. Il y a des monuments, des édifices, des immeubles, et même des commerces qui n’ont aucune pudeur à crier, au gré des trottoirs, leur joie de vivre. Et tout ce quartier, puisant son énergie dans une palette de commerces de bouche réputés, respire une allégresse certaine. Rues très animées où se fondent riverains et touristes…
 

Belle, élégante…

La pluie menaçait. Les hautes cheminées coiffant les maisons le long de la rue de Buci n’hésiteraient pas à crever les nuages qui s’amoncelaient…
Soudain, tel un rayon de soleil dans cet été mal en point : le sourire d’une dame qui n’eut aucun mal à « confesser » son âge. Arlette allait fêter, le 14 août, ses 75 ans.

Elle ne paraissait avoir aucun âge tant elle était belle, élégante et d’une douceur raffinée. « C’est merveilleux ce que vous faites ! Vous avez un don précieux », s’exclama-t-elle, d’une curiosité aussi vive que celle dont les enfants regorgent. Elle voulait savoir si j’avais dessiné toute ma vie, et elle fut surprise d’apprendre que j’étais plongé dans cette passion depuis huit ans. Nous nous comprîmes sur le champ.

Elle s’appelle Arlette. Elle m’a dit avoir travaillé dans la mode, une carrière qu’elle a évoquée de façon lapidaire. (Pourquoi ?) Elle doit susciter beaucoup d’estime dans le quartier, à en juger par les paroles bienveillantes que lui adressa le patron d’un primeur.
 
« Vous avez l’air gentil », me répétait-elle, tout en me caressant la joue gauche. Moment très émouvant. Je pensais qu’Arlette allait peut-être fêter seule son anniversaire, et cette idée me fendit le cœur.

Alors, spontanément, je détachais de mon bloc à dessin le croquis que je venais de finir… « C’est votre cadeau d’anniversaire. Prenez le, ce dessin ». Elle me sauta au cou, telle une jeune fille, m’embrassa, toute frétillante, un adorable moineau, dans mes bras refermés sur elle.

Merveilleuse Arlette. C’est elle qui me fit l’un des plus beaux cadeaux de cet été passé à dessiner dans les rues de Paris. Quand je lui racontais que plusieurs de mes amis me reprochaient de céder mes dessins à des prix modiques, elle réagit par ces mots : « La joie que suscitent vos dessins, c’est ce que vous emporterez avec vous quand vous quitterez ce monde… »

Y. Le H.

Ils sont de plus en plus nombreux, les restos, à refuser de servir des cafés en fin de journée. A l’heure du « happy » mieux vaut dessiner assis sur le trottoir.

8 août 2017


 

Sur le pont Saint Louis, dimanche, un avertissement me fut adressé par un monsieur plutôt pince sans rire : « Profitez bien de ce lundi pour dessiner car après le temps va se gâter et nous aurons un mardi pourri ». Il y a des gens, comme ça, qui semblent éprouver un malin plaisir à claironner la fin du monde…

En tout cas, la fin d’un certain été : effectivement, ce mardi 8 août fut le moment choisi par l’automne pour nous remémorer son avènement certain. La veille, déjà, dessinant Notre Dame et son écrin d’arbres à l’abondante crinière, je notais que les feuillages étaient en train de jaunir.

Rafales de vent et pleurs célestes à répétition, ce mardi donc… Si je voulais continuer à dessiner, c’est sur la terrasse d’un restaurant qu’il fallait le faire. Par hasard, rue du Quatre Septembre, je découvris une terrasse avenante, celle du Corner Café. De l’autre côté de la rue, les stores rouges d’une crêperie se déploient allègrement, épousant le tracé en courbe d’un immeuble haussmannien dont les fenêtres dévoilent des appartements spacieux.

Rien de tel pour exciter l’inspiration du dessinateur.

Bière ou cocktail

Pourtant, j’avais mal choisi mon endroit. Une serveuse, belle noire au sourire masquant une certaine fermeté, me dévisagea d’une manière troublante. Je compris que le modeste café commandé ne suffirait pas à garantir ma permanence en ces lieux. C’était l’heure du « happy » et les clients qui débarquaient sur ce bout de trottoir sollicitaient tous une bière ou un cocktail. « Je vous promet de ne pas prendre trop de temps », pris-je soin de garantir à la serveuse pour éviter ses foudres. Et elle ne cessa de me jeter des regards ironiques, de sorte qu’après une demi-heure de crayonnage je me décidais à quitter les lieux.

Je déteste les brasseries et cafés en fin de journée : dans la plupart d’entre eux, il faut être rentable pour y prendre place. Le client est jugé en fonction de la recette qu’il peut générer. Ainsi, maints restos se refusent à servir un café après 17 h, ou alors ils imposent des prix exacerbés. Il m’est arrivé, ailleurs, de payer un petit noir deux euros au comptoir.

C’est pour ça que rien ne vaut un dessin fait assis au bord d’un trottoir. On s’y sent bien plus à l’aise, sur le macadam de Paname. Mais quand il pleut, impossible de faire autrement qu’essayer de trouver des terrasses où règne une discipline pas trop contraignante…

Y. Le H

 

L'ILE SAINT LOUIS – Sans doute est-ce l’un des endroits de Paris les plus conviviaux et inattendus. Le carrefour entre la rue Jean du Bellay et la rue Saint Louis en l’Ile prend les allures d’une enclave des Etats-Unis en plein Paname : on y parle beaucoup en anglais… Les touristes affluent, se sentent en sécurité, dégustent des cocktails et des glaces aux terrasses des cafés. Hélas, les serveurs ne sont pas toujours très aimables… (2 août 2017)
RUE PAVEE - Une porte majestueuse, ouverte sur la cour d’un bâtiment historique parmi les plus impressionnants du Marais, l’Hôtel de Lamoignon. Hélas, bientôt, le bel été refermera sa porte… Alors, profitons bien de ces journées longues et ensoleillées pour goûter à l’atmosphère doucereuse d’un Paris fort heureusement vidé de ses habitants. (5 août 2017)

Délassant moment au Café des Arts et Métiers

Dessin format A3, fait avec une légèreté sans doute exagérée car de nombreux détails ont été oubliés pour que la composition puisse respirer. Il fallait que ce soit à l’image d’un rêve d’été…


Heureuse surprise, à la terrasse du café des Arts et Métiers : mes voisins parlaient le portugais du Brésil… Un couple charmant et bienveillant dont les deux filles me donnèrent de judicieux conseils alors qu’un dessin prenait forme.



4 août 2017


 


Elle était presque désertée, vers 11 h, la terrasse du Café des Arts et Métiers, en ce vendredi, au tout début du mois d’août. Rien d’étonnant : les Parisiens avaient pris la clef des champs, tradition des vacances obligent. Plus de coups de frein, plus de coups de klaxon: les automobilistes, devenus rares, avaient toute la chaussée pour eux ! S’asseoir à la terrasse de cette brasserie, au carrefour de voies importantes (rues de Réaumur et de Turbigo, rue Beaubourg) c’était une vraie consolation pour qui n’avait pas l’océan à ses pieds.

En fait, l’idée me vint de dessiner la marée de toitures déferlant par-dessus les beaux immeubles du quartier avec ces sortes de paquebots que sont les cheminées.
Pas de remords quant à l’impossibilité de partir en vacances. Comme ils sont à plaindre ces aoûtiens qui s’entassent sur des plages aussi bondées que le métro aux heures de pointe !

Il importe de souligner à quel point les serveurs furent affables et tolérants à mon égard. Ils l’invitèrent à prendre tout mon temps. Merci à eux! La table où vint atterrir en douceur une tasse de café se métamorphosa en un capharnaüm : une montagne de crayons se chevauchant les un et les autres et de « la sciure » tout autour (en fait, crayons taillés sur place).

Famille modeste

Quel (bon) vent m’avait amené ici, outre l’envie d’interpréter, avec mes crayons, un morceau choisi de ville ? Soudain, j’entendis parler le portugais du Brésil à la table d’à côté. Un couple et ses deux filles avait pris place. « Vocês são turistas ? », osais-je leur demander, tout heureux de parler une langue qui fut mon pain quotidien pendant 15 ans, quand je vivais à São Paulo. Tout à la fois élégante et sans chichi, la dame me raconta que née dans l’Etat de São Paulo elle avait rencontré, sur place, son mari alors expatrié. Elle était née dans une famille très modeste et elle avait appris le Français quand elle avait commencé à écrire une nouvelle page de sa vie dans l’Hexagone.

Elle ne semblait regretter en rien son pays dont elle déplorait, bien évidemment, la déliquescence causée par tant de corruption. Elle se tenait informée de l’actualité au Brésil par des radios « là-bas », captées grâce à l’Internet.

Les deux filles de ce couple étaient d’une spontanéité comme savent l’être tous les enfants, et d’ailleurs la société se charge vite, hélas, de massacrer les gosses que nous fûmes, nous formatant toujours davantage. Or, les enfants, quand ils voient un adulte dessiner, considère cet inconnu comme un des leurs, car le dessin cela leur plait tellement. Et ils sont toujours des critiques très pertinents et sagaces. L’une d’entre elle me conseilla, entre autres suggestions, de remplir un espace que j’avais laissé vide et d’étoffer un arbre du côté droit. «Comme tu les fais bien, les toits », répétaient-elles.

Assiette de frites

Me revint en mémoire un commentaire fait par un ami quelques jours plus tôt : « L’éducation qui nous est dispensée en France nous interdit de délivrer des compliments, de sorte que nous somme si peu portés à encourager les autres »
Avec les enfants, je suis gâté en matière d’éloges et je leur en sais gré. Les adultes aussi, je ne saurais m’en plaindre, m’adressent beaucoup de félicitations et je sens alors vibrer en eux un reliquat d’enfance.

Ce fut vraiment um « encontro maravilhoso ». La dame émis le désir de m’offrir un repas, mais une certaine timidité me fit opter pour une assiette de frites et un coca-cola. Geste généreux de sa part. Gentillesses de celles qu’on n’oublie pas. Et pour la remercier, rien de tel qu’un petit cadeau… un dessin fait à São Paulo il y a huit ans.

Saudade do Brasil, même si c’est un pays si difficile !

 

Y. Le H.

Place du Palais Royal : trois dessins à faire au plus vite sous un soleil de plomb !

Ce dessin, de format A4, a été réalisé avant tous les autres mentionnés dans ce texte, mais je désire en garder un pour moi !!! J’étais assis par terre, sans casquette, prenant le risque d'une insolation...

 

Un endroit privilégié que cette place entre le Louvre et le Conseil d’Etat. Un dessinateur de rue ne peut qu’y faire de jolies et fructueuses rencontres.

 

1er août 2017


 

Dans la rue, il faut avoir l’esprit ouvert à toutes les formes d’imprévus. Compter sur la chance, aussi. D’ailleurs, il ne m’arrive pas souvent des infortunes. Quand à y trouver la fortune, je vous déconseille de vendre des dessins sur le pavé si vous espérez devenir millionnaire en quelques heures.

Toujours est-il que la police (veuillez lire l'article ci-dessous) veut savoir ce que je fais dans les rues de Paris avec mes cartons à dessins… Et les juges qui s’apprêtent à m’entendre seraient bien étonnés de me voir gagner si âprement ma vie.

Toujours est-il que si je dessine ainsi en plein air, c’est autant pour survivre que pour vivre de belles aventures dans cette ville que je considère mienne, même si je vis dans la proche banlieue. Après tout, si Paris est une fête, pourquoi devrais-je accepter de m’en voir exclu ?
 

Le Louvre des Antiquaires


Curieuse rencontre, vers 16 h, alors que je dessinais à la place du Palais Royal où une entrée de métro de style nouilles m’inspire passablement. Il se détache sur un bel immeuble comportant des arcades dont la façade change de tonalité au fur et à mesure qu’approche la nuit, virant à l’ocre jaune.

Soudain, une dame, d’une éducation exquise, me demanda si je pouvais terminer le dessin en cours avant 18 h. «C’est parce que le Louvre des Antiquaires va déménager bientôt et je voudrais offrir un dessin à des collègues… » Le prix fut fixé à 25 euros. Et les délais impartis furent respectés. A peine lui avais-je remis ce dessin, elle m’en demanda deux autres pour le lendemain, d’un prix un peu inférieur. Et c’est ainsi que le jour suivant, je m’installais sur cette place tôt le matin pour y faire deux croquis supplémentaires de la station et de l’immeuble.

La dame avait exigé, toutefois, que je fasse bien figurer une partie des lettres courant le long du balcon filant au dernier étage, « Le Louvre des Antiquaires ».

Pas de facture, svp !

Si certains trouvent mon activité suspecte, ils seront d’autant plus surpris d’apprendre que cette dame se refusa à ce que j’émette une facture. Il en va de la sorte la plupart du temps : les gens imaginent que les artistes, dont ils comprennent l’âpreté des conditions de vie, ne devraient pas acquitter de taxes.

Dans l’imaginaire collectif, les artistes sont vraiment des gens à part, généralement respectés, et je ne comprends pas qu’ils ne soient guère plus présents dans les lieux publics, car les touristes et les autochtones adorent parler avec des artistes.

(A SUIVRE)

Y. Le H.

LE PONT NEUF (ENCORE LUI ! ) Quoi de plus estival que cette vue bien parisienne : la Seine, rafraîchissante, se faufilant sous les arches d’un pont toujours Neuf, avec de grosses touffes verdoyantes, partout. Et une impression de sérénité, se dégageant de ce paysage magnifique, surtout au seuil du mois d’août, quand la circulation automobile sur les quais avoisinant s’amoindrit… (Dessin fait le 30 juillet 2017)

Bientôt jugé pour avoir dessiné dans les rues de Paris !

A Paris, capitale des Arts, on n’aurait pas le doit de faire ça ? Pourtant ces dessins sont les miens et je les déclare auprès des organismes compétents. Alors, suis-je pour autant un « créateur d’ordures » ?

Cela peut sembler hallucinant mais voici une mésaventure tristement vraie : je suis convoqué (et je ne m’y rendrai pas, expliquant par écrit les raison de mon refus) à une audience au Tribunal de Police . Tout ceci à cause d’une infraction intitulée « dépôt d’ordures dans la rue ». Les ordures, ce sont mes dessins ! Ras le bol de cette France où on n’a plus le droit d’oser, d’entreprendre, de communiquer autrement que par les canaux officiels…

 


P a r 
YANN LE HOUELLEUR
 


 


La police veut savoir ce que je fais dans les rues de Paris avec mes cartons à dessins. Mais oui, croyez-moi même si cela semble hallucinant : je suis convoqué à une audience, en octobre, à la suite d’une infraction, un prétendu dépôt d’ordures sur la voie publique. Les ordures, ce sont mes dessins !


Cette mésaventure remonte à octobre dernier. J’avais eu le malheur de dessiner la cathédrale posté (tel un guetteur !) sous un réverbère. Des agents de la Maire de Paris m’ont verbalisé à cause de deux cartons où étaient épinglés, à la vue de tout le monde, des dessins vraiment inoffensifs : croquis faits dans la capitale.

A la suite d’un échange de messages avec un département au sein de la Mairie, mon amende fut rejetée, une promesse tenue en partie seulement puisque récemment je me suis vu adresser une convocation à une audience où je serai jugé.

Bien évidemment, je ne m’y rendrai pas. Je rédigerai un courrier « bien senti » expliquant que je me refuse à être traqué, harcelé dans ce pays, la France, sensée incarner la liberté d’agir par les arts… Comment se fait-il que dans un pays où prolifère le chômage il soit interdit à un artiste de se poser sur un bout de trottoir et de montrer ses dessins aux passants, surtout quand il les déclare à la Maison des Artistes, acquitte des cotisations comme je le fais ? Les Roumains qui font la manche dans la rue assis sur leurs matelas, les vendeur de tours Eiffel et de cadenas à un balle, les vendeurs de dessins imprimés dans des pays du tiers-monde, eux, ils ne versent rien du tout à l'Etat!
 
Les touristes adorent…
 

A cela, une explication : l’art et la culture génèrent beaucoup d’argent, mais ils sont contrôlés, et les artistes bridés, par des lobbyings puissants n’admettant pas ceux qui prétendent sortir du rang. Mes dessins, je les fais et les commercialise moi-même, certes à des prix très bas, mais ils me permettent de survivre, de m’insérer dans la société et surtout de faire honneur à cette capitale des Arts qu’est Paris : les touristes adorent me voir dessiner, me couvrent de compliments, me demandent toutes sortes d’informations…

Pas plus tard que le 30 juillet, je dessinais sur le pont des Arts et quatre jeunes gens vinrent me parler. « C’est super ce que tu fais, ça ne se voit nulle part ailleurs… » Ils habitent Nanterre, une ville dont ils parlent sur un ton caustique : « Dans nos cités, on rencontre énormément de gens qui ne veulent pas s’ouvrir au monde et on vient à Paris pour voir du monde, pour rencontrer des personnes qui nous poussent vers le haut ». Ce fut le comble de l’émotion, pour moi, 56 ans, d’entendre des jeunes hommes, environ 20 ans, me dire : « Vous, vous élevez la conscience des gens.

Et dire que malgré cela, malgré mon petit art à moi qui fait du bien à tant de passants, de touristes, je suis condamné à me présenter à des juges ! Rien de plus dégueulasse pour un artiste que d’être ainsi persécuté par un pouvoir qui, de toute évidence, ne comprend rien à l’art.
 

Aucune réponse à mon courrier
 

Le plus incroyable, et je dénonce cette absurdité, est que la Mairie de Paris ne délivre aucune autorisation aux artistes comme moi pour vivre décemment. J’ai fait une demande, en décembre dernier, dans ce sens, et les fonctionnaires sous les ordres de Mme Hidalgo ne m’ont jamais répondu. Jamais.

Alors, je raconte ces bizarreries au plus grand nombre de gens, pour voir leur réaction, à chaque fois indignée et consternée. La plupart ne me croient pas. Il y en a même qui me disent : « Vous ne devriez pas déclarer vos dessins ». Mais non, je suis un citoyen responsable, conscient de ses devoirs. Dessiner est d’une certaine manière mon métier, et il est normal que j’acquitte des contributions à la Maison des Artistes, faute de quoi je causerais un préjudice à la profession d’artiste, déjà en proie à tant de préjugés.

Pour cette raison même, Messieurs les juges, vous ne me verrez pas apparaître à votre convocation, car elle est profondément injuste et déplacée.

Je pensais à tout cela en dessinant, l’autre soir, dans un bel endroit : la place du Marché Sainte Catherine. Un havre de paix, à l’écart des trop bruyantes avenues, même si la rue Saint-Antoine est tout à côté. Dans cette place, alimentée par deux rues, tout ce qui fait le charme d’un certain Paris se concentre : les réverbères, les bancs de bois, des flots de pavés aux reflets mauves et rosacés, et un damier de couleurs vives que composent les stores des restaurants, si nombreux, qui attirent en toute saison une clientèle de riverains et de touristes.
 


« C’est bien différent aux Etats-Unis ! »


Une dame blonde, assise sur un banc, m’observait attentivement. Elle vint me parler. Mona est libanaise et elle vit à Houston, mais une partie de son cœur bat à Paris qu’elle visite régulièrement. Elle m’a beaucoup parlé de la France et de l’inquiétude qu’elle éprouve quant à la déliquescence de notre pays où, s’étonne-t-elle, l’assistanat tient lieu de muselière. On empêche les gens de s’épanouir par le biais d’un chômage massif et les subventions et aides sont un chantage potentiel exercé par les autorités. En quelque sorte : « On vous aide mais fermez là et contentez de bouffer de la télé et de l’Internet à longueur de journée… » Voilà comment on formate des millions de gens sensés être des imbéciles et perdre toute culture, y compris la culture politique.
 

Et Mona de poursuivre : « Cela ne fonctionne pas comme ça aux Etats-Unis où nous devons nous débrouiller tout seul ». Et elle m’a dit : « Je vous admire parce que je vous ai vu travailler et l’on voit que vous faites des choses constructives. » Cette femme qui a eu la gentillesse de m’apporter, spontanément, des tranches de pizza m’a dit une phrase que beaucoup devraient graver dans leur tête une fois pour toutes : « Vous êtes l’architecte de votre vie ».

Sans doute les autorités de police et la Mairie de Paris seraient-elles ravies si je restais à pourrir dans mon pan de banlieue où l’on n’a pas de beaux paysages à dessiner, où personne n’a d’argent pour se payer un dessin à 15 ou 20 euros. Mais moi, je ne conçois pas le bonheur ainsi et puisque je suis un artiste, que je paye de ma personne pour ça, je ne me laisserai pas persécuter et humilier ainsi.

Ras le bol de cette France où on n’a plus le droit d’entreprendre, d’oser, d’agir sans se faire tout le temps réprimander comme de dangereux débiles !

Y. Le H.

 

P.S.: Tiens, une bonne idée sans doute. Adresser une copie de cet article à Mme le Maire de Paris... On verra bien si Mme Hidalgo réagit.
 

PLACE DU MARCHE SAINTE CATHERINE – Cette place est un endroit assez unique à Paris. Les voitures n’y ont pas accès et des énergies positives y circulent, tandis que des riverains et touristes partagent du bon temps à la terrasse des cafés. (Dessin, format A3, fait le 29 juillet 2017)

Séance de dessin dans le 20ème, sous les auspices d’une très vieille église

A l’écart des sites prestigieux fréquentés par les touristes, le quartier Saint Blaise mérite le détour, en raison de son charme provincial. A l’apogée de l’été, un calme délicieux y règne.



29 juillet 2017


 

 

Fin juillet, début août : les journées sont encore longues, et il faut savoir ne pas rentrer chez soi trop tôt afin de profiter de l’abondante lumière. Paris, soudain, prend une toute autre dimension : celle d’une ville plus sereine, moins tumultueuse. Tout un pan de sa population s’est volatilisé. Un lot de consolation s’offre donc à tous ceux qui ne sont guère partis en vacances : le plaisir d’arpenter les rues sans avoir affronter des meutes de voitures.

Dans un quartier tel que celui de Saint Blaise, ignoré par les touristes, le mois d’août voit les terrasses des cafés se déserter en partie. « Nous attendons septembre pour refaire le plein de clients », philosophe une serveuse du Café Lumière situé le long de la sympathique rue Saint Blaise où les réverbères abondent : une vraie procession…


Sur une poubelle


C’est à côté de ce café, précisément, que Marie et moi nous sommes installé pour une séance de dessin à la tombée de la nuit. Nous avons posé nos blocs de papier et nos trousses à crayons sur une poubelle, un bureau tout trouvé. Nous avions les yeux rivés au clocher de l’église Saint Germain de Charonne jaillissant tout au bout de la rue Saint Blaise.

Mi élancé mi pataud, cette tour veille sur ce quartier qui fut longtemps un humble village saupoudré de vignes. La construction de Saint-Germain date du douzième siècle, mais les seuls vestiges de l’église originelle sont les vigoureux piliers de la tour comparés par certains spécialistes à ceux de… Notre Dame de Paris.
En réalité, c’est au XVème siècle que cet édifice religieux a pris sa forme actuelle.
Saint Germain est l’une des plus anciennes églises de Paris. Un cimetière se blottit contre cet édifice religieux : on y accède en grimpant un escalier assez interminable.


Rue des Vignoles


Marie habite à Colombes : cette Bretonne m’a rejoint ce jour-là dans le 20ème afin de participer à une initiation aux croquis en pleine rue sous l’égide d’une association, OOK Culture. Après avoir fait connaissance dans le Café l’Usine de Charonne, face au métro Avron, nous avons flâné dans un lacis de rues hétéroclites par les architectures qui s’y côtoient : des maisons anciennes, d’une envergure modeste, subsistent au pied d’immeubles cossus, certains (les plus beaux) érigés au début du 20ème siècle.

Tout au long de la rue de Vignole, des allées pavées, enfouies dans une végétation luxuriante, rappellent une époque, pas si lointaine, où le quartier était peuple d’ouvriers et d’artisans. S’il reste un arrondissement populaire, le 20ème n’en a pas moins été colonisé par les bobos, et le prix de l’immobilier a flambé.

Aujourd’hui, un studio de vingt mètres carrés, au fond de l’impasse Rolleboise, se loue 600 euros par mois, ainsi que nous l’a relaté un jeune Nordiste venu à Paris pour travailler en qualité de serveur.


Bonjour les médiateurs !

Pendant que nous dessinions, à deux reprises nous avons croisé une équipe de jeunes gens chargés de patrouiller les rues du 20ème pour y procéder, si nécessaire, à des opérations de médiation. «Entre autres tâches, il nous faut parfois intervenir quand des consommateurs ivres sèment la zizanie à la terrasse des cafés», nous a raconté Nir Janklewiez, un éternel jeune homme de 40 ans qui, outre sa fonction de médiateur, organise des stages de danse.

Mais ce soir-là, tout était calme, et nous avons terminé nos dessins sous un réverbère qui nous a aidés à y voir plus clair dans nos trousses et plumiers…

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

02.07 | 14:17

Bravo Yann
Les Dessin son Magnifique je les aimes.
Un Ami Paintre de Zürich
Salutations Albert

...
04.06 | 18:44

Merci Yann de confier vos créations à notre petit Atelier W
Vos dessins suscitent beaucoup d'engouement...
J'espère que l'émoi se transformera vite en achat ;-

...
31.05 | 09:18

Toujours aussi beau de te suivre dans Paris au gré de tes dessins et des saisons qui se succèdent sur le papier, de l'été à l'hiver. Mais il y fait toujours bon

...
27.05 | 22:02

Quel plaisir de voir que ça va mieux sur le Pont des Arts mon cher Yann ! Toujours de superbes dessins et - en général- de belles histoires !

...
Vous aimez cette page