Octobre 2017

BEAUBOURG - Ces maisons coiffées de cheminées élancées me plaisent au plus haut point, très amusantes, un peu décalées. Mais pendant que je dessinais, le patron d’une librairie est venu me prier de déguerpir. « On n’a plus le droit d’occuper la chaussée aux alentours de Beaubourg car l’association des commerçants a fait en sorte que les gens comme vous soient dégagés » Hallucinantes paroles, qui m’ont condamné à le traiter de « vieux connard ». Quelques minutes plus tard, des policiers, appelés par lui, sont apparus… Mais je venais de partir, sitôt mon dessin fini. Décidément, la connerie n’a pas de limites. (8 octobre 2017)

Rencontre avec un Chinois amoureux de Paris

Xiaolo Wang a tout abandonné dans son pays pour exaucer le rêve de sa vie : vivre à Paris et s’imprégner de culture française. Quel ne fut pas son étonnement de rencontrer un artiste en train de dessiner dans les rues de la capitale.
Et je lui ai raconté avec quelle férocité la mairie de Paris me traite… Gros étonnement de sa part.

 

10 octobre 2017


 

Le dessin n’est pas extraordinaire, faut-il l’admettre… L’une des deux fontaines déversant des filets d’argent à l’entrée de l’avenue de l’Opéra, respectivement place André Malraux et place Colette. Ce jour-là, il est vrai, la pluie menaçait et le dessinateur devait agir vite…

C’est alors qu’un Chinois, caméra au poing, commença à me scruter, une curiosité bienveillante. Très aimablement, il me demanda la permission de me prendre en photo. Bien sûr, j’acceptais : si je dessine dans la rue, je n’ai rien à me reprocher, rien à me cacher, et sans le moindre narcissisme j’aime montrer à quel point je devrais en inspirer d’autres car rien ne me fait plus peur qu’un artiste coupé du monde en train de « produire » dans le plus grand mystère. Le charme des rencontres pour moi est essentiel.

Pendant 5 ans
 
Et quelle belle rencontre, ce jour-là ! Xialo Wang est un Chinois atypique pour un Parisien tel que moi habitué à voir les touristes chinois défiler en groupe dans les rues de la capitale dans le sillage d’un guide brandissant un drapeau… Tout ce qu’il veut éviter, précisément, ce sont ces compatriotes auxquels ils reprochent leur trop grande propension à se laisser séduire par l’argent. Xialo Wang a choisi de s’imprégner de culture française pendant cinq ans, à Paris, et il parle déjà un français prometteur. Il vit très humblement dans une chambre de bonne avec son épouse. Et bien sûr, il écume les expositions de peinture avec gourmandise.
 
« J’ai tout abandonné dans mon pays pour exaucer le rêve de ma vie à 35 ans : vivre à Paris, apprendre le français, la culture française… »

 

Partager l’art

J’ai aimé son humour décalé, sa gentillesse et même sa délicatesse. Un personnage fantastique et fantasque comme il m’arrive d’en rencontrer, assez souvent, quand je dessine. Et si Xialo Wang m’a ainsi photographié en train de croquer la fontaine c’est parce que je corresponds, m’a-t-il dit, à l’image qu’il se fait de l’art en France : un art partagé, un art pratiqué tout aussi bien dans des ateliers que dans la rue.

Or, sans vouloir me tisser des lauriers, je suis un artiste en voie de disparition : dessiner parmi les gens, nouer des conversations inattendues à partir de mes modestes créations, voyager à travers le monde à travers les témoignages que m’octroient mes interlocuteurs : ma passion, ma raison de vivre.

Et quand j’ai expliqué à Xialo Wang  - dont le nom signifie Luc, en français -  que les agents de la Mairie de Paris ne trouvent rien de mieux que de m’infliger des amendes avec férocité, il n’en a pas cru ses oreilles, et pour cause. Comment un étranger pourrait-il imaginer que des artistes, en France, soient traités d’une manière aussi répressive. Hallucinant. Une fois de plus,
« merci la mairie de Paris ! » 

Yann Le Houelleur
 

PLACE DE CLICHY – Elle est toujours aussi belle et frétillante, la place de Clichy, même s’il est loin le temps où les impressionnistes se réunissaient au café Gerbois, depuis lors disparu. La statue du Maréchal Moncey en a vue passer, du beau monde ! Entre autres les agents de la mairie de Paris qui, ces jours-ci, passent une bonne partie de leur temps à repérer les étourdis ou désinvoltes jetant leur clope sur la chaussée. Eh oui, les temps ont bien changé, mais les immeubles tout autour sont vraiment splendides, tous d’un style différent : il paraît que la place de Clichy est la seule du genre à ne pas avoir été conçue par des urbanistes. (12 octobre 2017)
METRO ABBESSES - Avec l’approche de l’hiver, il faut dessiner plus vite encore… A peine avais-je commencé ce dessin de l’édicule du métro Abbesses et la nuit l’enveloppait de son sombre manteau, de sorte que j’ai terminé le croquis dans l’ombre… Mais le dessinateur a feint de ne pas se rendre compte que le jour s’en était allé : du vrai trompe-l’œil ! (4 octobre 2017)

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Commentaires

02.07 | 14:17

Bravo Yann
Les Dessin son Magnifique je les aimes.
Un Ami Paintre de Zürich
Salutations Albert

...
04.06 | 18:44

Merci Yann de confier vos créations à notre petit Atelier W
Vos dessins suscitent beaucoup d'engouement...
J'espère que l'émoi se transformera vite en achat ;-

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31.05 | 09:18

Toujours aussi beau de te suivre dans Paris au gré de tes dessins et des saisons qui se succèdent sur le papier, de l'été à l'hiver. Mais il y fait toujours bon

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27.05 | 22:02

Quel plaisir de voir que ça va mieux sur le Pont des Arts mon cher Yann ! Toujours de superbes dessins et - en général- de belles histoires !

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