Octobre 2016

Bientôt disponible: «Un été au cœur de Paris»

L’heure est grave… 
J’ai le plaisir d’annoncer l’éclosion imminente de la version numérique d’un ouvrage vraiment singulier par son concept et son contenu : «Un été en plein cœur de Paris ».

Sous un soleil souvent de plomb, je n’ai cessé de dessiner dans les rues de la capitale sous les yeux des touristes et des autochtones. Une expérience haute en couleur ( !), des pépites de joie partagées avec des inconnus dont plusieurs, les jours de chance (pour moi), ont emporté des dessins de Paris faits par un authentique artiste de rue. Des rencontres avec des personnes de tous horizons, de toutes classes sociales dont certaines m’ont donné un surcroît d’énergie.

En fait, si je vends mes dessins dans la rue, c’est parce que je dois survivre dignement dans cette société française où l’on aide si peu, en définitive, les citoyens désireux d’avancer à se tirer d’affaire. (Et pourtant, je l’aime mon pays.) J’aurais pu me résoudre à l’idée d’être un chômeur à temps plein, me résoudre à l’idée de vivre dans les jupes de l’assistanat, me résoudre à la médiocrité consistant à se plaindre toujours davantage…

Mais j’ai voulu m’accrocher à un rêve qui se concrétise avec la sortie imminente de l’édition numérique d’ «Un été au cœur de Paris »… et une édition dûment imprimée sera proposée dans quelques mois. Rêver, ça c’est vital. Le rêve c’est notre sève.

Le reflet de la vie


Ce sont quatorze étapes dans la capitale, des destinations pour la plupart hors des circuits touristiques. Quatorze dessins accompagnés chacun d’un texte. Et mes textes ne sont pas neutres mais se veulent le reflet de ce que vit, de ce que pense, de ce dont souffre et se réjouit un artiste de rue. Et je suis d’un naturel cash, comme mes dessins d’ailleurs !

Les dessins et les textes ont tous été insérés préalablement sur le site www.123siteweb.fr/parisentoussens

Cette édition numérique, vous pourrez l’obtenir sur un site dont je vous dévoilerai l’adresse la semaine prochaine. Les bénéfices dégagés serviront à garantir un hiver pas trop dur pour continuer à dessiner à la terrasse de cafés à travers Paris, pour renouveler un matériel de travail onéreux et pour mettre au point d’autres éditions.

Pour davantage de renseignements : chaudslesmots@yahoo.fr

Avec mes meilleurs sentiments.

 

Y . Le Houelleur

L’heure est venue d’enterrer l’été… au milieu des Américains !


En ce dernier jour de septembre, plus moyen de dessiner sur le pavé mouillé de pluie. Alors, il était temps de renouer avec la tradition des dessins d’hiver faits dans les cafés. En l’occurrence, le Saint-Régis, sur l’Ile Saint Louis, si fréquenté par des Américains vraiment amoureux de Paris.

 

(30 octobre 2016)


 

Il fallait bien l’enterrer un jour: l’été s’est éteint tout à la fin de septembre. Une étoffe grisâtre l’a recouvert et des larmes de pluie ont taquiné puis carrément éprouvé la foule  - touristes et autochtones -  sur le pont Saint-Louis. Des parapluies se sont mis à fleurir.

Ce pont semblait un passage obligé entre l’été et l’hiver. Seul un accordéoniste, originaire de l’Europe de l’Est, faisait chavirer (un peu) le cœur des passants. Sa bravoure est un garant de survie alors que les groupes de musiciens se produisant sur le pont au printemps et en hiver sont effarouchés par la moindre goutte de pluie.

Mais qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, l’Ile Saint Louis est toujours un bijou dont les Américains, en particulier, recueillent les éclats. Ils aiment Paris en toute saison, heureux tout simplement de savourer une salade subtilement assaisonnée au Saint-Régis, l’un des trois restaurants donnant sur la place située à l’intersection du Quai de Bourbon, du quai d’Orléans et de la rue Jean du Bellay.
 

Recrudescence de la pluie
 
Ce vendredi soir, la langue la plus parlée sur l’île était donc l’anglais. J’étais l’un des seuls consommateurs français assis à la terrasse du Saint Régis où la recrudescence de la pluie m’avait incité à me réfugier. En réalité, la rue Saint Louis-en-l’Ile, si chic, regorge d’hôtels et d’appartements loués par leurs propriétaires accueillant ces vagues d’Américains si sympathiques. Ils ont le sourire facile, d’une éducation exquise, d’une élégance jamais démentie. Je les aime, rien de plus normal puisque les dessins que je vends partent presque tous aux Etats-Unis. Ainsi, une partie de mon cœur bat dans maints Etats de ce pays, que ce soit à New York, à Washington, à São Francisco, à Détroit, etc.

Avec des crayons à la cire (made by Caran d’Ache) achetés, l’avant-veille, au BHV, je cédais au plaisir de dessiner la brasserie alsacienne de l’autre côté de la rue du Bellay. Au premier étage, des cascades de végétation s’échappant de bac à fleurs dégringolent sur les stores rougeoyants protégeant la terrasse de ce restaurant. Une atmosphère, en fait, très parisienne: des réverbères font une procession le long du trottoir et des pavés laissent transpirer un étrange mélange de couleur : mauve, rose, jaune…
 

Coïncidence: Gennevilliers

 «C’est sympa ce que vous faites, si différents par rapport aux autres peintres !» Le jeune homme, qui venait de commander une bière à une table voisine, se présenta comme un artiste lui aussi. Et quand je lui précisais que j’habitais en réalité à Gennevilliers, il n’en crut d’abord pas un mot. Lui aussi s’était installé dans cette commune, grâce à l’appui d’un ancien directeur de l’école Manet. Mohamed organise, entre autres activités, des événements artistiques.

Nous tombâmes d’accord sur une évidence: l’art est épuisant, exigeant une grande discipline de travail et ne nourrissant que très peu son homme. Mais si les artistes sont tellement aimés par la population en général c’est parce qu’ils ont de la magie entre les doigts, qu’ils font (tout au moins certains) rêver.
 
Je pense avoir trop parlé  - l’avoir saoulé, même -  en présence de Mohamed car lorsqu’on me permet d’exprimer mon attachement à une forme d’«art populaire, je me montre intarissable. Art populaire: quelle en est la signification? Des productions accessibles au plus grand nombre, qui n’excluent pas les intéressés à l’étroit dans leur finance.

De ce point de vue, les galeries d’art, répandant partout la même bouillie picturale sur des toiles de grand format, je ne peux que m’en méfier. Pourquoi se montrer prétentieux quand on peut enchanter les gens bien plus humblement? 

Y . Le Houelleur

 

Gennevilliers: un immeuble à la fois obsolète et charmant

22 septembre 2016



Voilà un immeuble obsolète mais plein de charme par sa simplicité et la diversité de ses couleurs… au crépuscule, les stores passent du gris bleu au gris jaune et les briques tout autour du rose à l’orange, enfin quelque chose comme ça. Au rez de chaussée, un café accueille une clientèle populaire constituée majoritairement d’hommes s’exprimant autant en arabe qu’en français. Cet immeuble et ce café donnent sur la place Voltaire, laquelle se trouve pour moitié à Asnières et pour moitié à Gennevilliers. Place frontière…
Alors que je dessinais, des écoliers sont venus me voir, essayant d’obtenir ce dessin gracieusement alors qu’il n’était pas terminé. Cela se produit souvent, quand je dessine dans les rues : et le plus amusant est le tutoiement auquel recourent souvent les enfants, comme s’ils me considéraient comme l’un des leurs.
 

«La seule à rester debout»

Puis un jeune homme plutôt ivre s’est approché de moi, assez irritant par ses propos et son insistance : « Tu as demandé la permission de le dessiner, ce café. Je connais la patronne… je vais aller lui montrer ton dessin ». J’étais presque parvenu à la fin de mon croquis ; je lui demandais cinq minutes de patience, et nous traversâmes la place pour aller parler à ladite patronne. Or, ce que l’encombrant personnage ignorait, c’est que j’avais déjà dessiné à la terrasse même de ce café et les patrons me connaissaient bien; aucune méfiance de leur part.

Au fait, certains consommateurs en train de boire une bière m’ont rassuré quant à la survie de l’immeuble, alors que tout un pâté de maisons, le long de la rue Voltaire a déjà été rasé. «Ce sera la seule construction qui va rester debout.»

J’allais presque oublier d’affirmer ceci: j’éprouve autant de plaisir à dessiner dans une ville de banlieue qu’à Paris même. Et je regrette amèrement de ne pas «œuvrer» davantage dans des villes comme Asnières et Gennevilliers (mais pourquoi pas, aussi, Versailles et Nogent-sur-Marne, etc.). Je vais essayer de corriger le tir, profiter de la mauvaise saison pour dessiner davantage dans les départements accolés à Paris. 

Y. LeH 

Avenue de l’Opéra, un comédien chinois très enthousiaste

 

Pendant que je dessinais, dans cette avenue si chic et cosmopolite, Wang se pencha sur ma « mini exposition à même le trottoir » et il s’extasia. Ce comédien vivant à Paris m’invita à le rejoindre, le soir même, dans une galerie d’art au Châtelet où avait lieu un vernissage. Je n’ai jamais rencontré autant de Chinois de ma vie!

 

 

(29 octobre 2016)



Il arrive que rien n’arrive, en apparence, pendant des jours. J’ai beau accrocher mes dessins les plus toniques quant aux couleurs à de grands cartons adossés à un pan de mur: rien ne se vend, et les passants restent absorbés par leurs préoccupations, aveugles à ce qui se passe sur leur chemin.

Avenue de l’Opéra, en ce début d’automne, il n’y a plus beaucoup de touristes. Le froid parfois acide qui sévit, dispersé par un vent narquois, n’incite personne à s’arrêter, à prendre le temps de voir. Cela ne m’empêche pas de tenter la chance. Et au moins puis-je exercer un métier à titre bénévole : guide touristique. On me demande tout et n’importe quoi :
«Où est le pont Neuf ? » « Comment fait-on pour se rendre aux Galeries Lafayettes ».

En compagnie d’une jolie femme 

Mais quand je suis dans la rue, il y a toujours un lot de consolation les jours où rien ne se vend : je dessine et j’étoffe ainsi mes stocks au cas où un jour les ventes exploseraient. Si je ne repars pas à la maison avec de quoi survivre, j’ai au moins dans mes affaires un dessin de plus. Peut-être le meilleur de tous, car je me rends compte de la qualité de mon travail longtemps après avoir réalisé un dessin.

Mais ce jeudi, une rencontre absolument géniale survint, avenue de l’Opéra. Un Chinois, tête enfoncée dans un canotier, se pencha sur mes croquis de rue avec un énorme sourire, applaudissant, s’extasiant. Il était accompagné d’une très jolie femme, elle aussi chinoise, A ma grande surprise, il s’exprimait dans un français parfait. «C’est fou ce qu’il y a de talent en France!», s’exclama-t-il. Son nom : Wang. Il se présenta en qualité d'artiste et de comédien. Il m’invita à un vernissage, le soir même, dans une galerie située quai de la Mégisserie. «Je vous ferais rencontrer plein de gens qui aimeront votre travail».

Art &Culture Orient & Occident 

Sur le coup de 20 h 30, après une séance chez le dentiste, je découvrais cette galerie, Centre Artasia Paris. Un artiste y exposait des toiles géantes sur lesquelles une déferlante d’huile s’était figée en vagues et tourbillons hyper colorés, tant il avait forcé sur le relief. Le regard était happé par ces créations pour la plupart abstraites dont je ne savais trop que penser.

Les trois quarts des personnes conviées étaient des Chinois, plusieurs d’entre eux établis à Paris depuis longtemps, dont une femme, Louise, se consacrant à une association, Art & Culture Orient & Occident après avoir tenu une galerie d’art dans le 6ème arrondissement

Je perçus que nombre d’entre avaient fui la Chine pour des raisons politiques. Wang lui-même avait participé aux manifestations de la place Tian’anmen, en 1989 (j'étais alors sur le point de partir au Brésil...) qui se soldèrent par des milliers de morts.
Depuis, Wang n’est pas retourné dans son pays mais la France semble vraiment être devenue son pays tant il s’y sent à l’aise, brassant un réseau de contacts tous azimuts. Il a eu un coup de cœur pour mes dessins et il aimerait m’aider à mieux les faire connaître : «Vous pourriez gagner de l’argent avec votre art.

Pourquoi pas ? Ce ne sont pas les Français qui m’aident le plus, c’est clair, personne n’était prophète en son pays, ici comme ailleurs.

Merci à vous, Wang!

Yann Le Houelleur

RUE DE LYON - Premier dimanche de pluie depuis longtemps… l’été a repris le train pour de lointaines destinations… et l’hiver est annoncé au quai 12, le mois de décembre. C’est à la terrasse d’un restaurant, face à la gare de Lyon, que j’ai fait ce croquis apparemment tout simple mais qui se veut le reflet de l’âme parisienne mi-triste mi-joyeuse. Le 12ème, tout comme d’autres arrondissements, offre la découverte de très beaux immeubles, richement ornés, certains comportant des portes majestueuses. (25 septembre 2016)

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Commentaires

14.06 | 12:36

Né à Belleville et aimant ton travail : https://www.flickr.com/photos/patpardon/collections/72157627544273902/

...
14.06 | 12:27

Je découvre ce blog grâce à flickr.com/photos/110805203@N04/. Toutes mes félicitions pour ton excellent travail, sincère et aussi précis qu'évanescent.

...
10.06 | 14:00

Un réel plaisir d'avoir fait ta rencontre Yann et encore merci de m'avoir laisser immortaliser ce moment ;)
A la prochaine... et un grand bravo pour ta galerie!

...
02.06 | 23:08

Merci à vous Yann pour parler avec moi sur le Pont Saint Louis autours Napoléon et votre avis de Paris. Je ne t'oublierai jamais!

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