Début Printemps 2019

LE PONT NEUF – Il fait toujours le bonheur des touristes, ce pont imaginé par Henri IV ! La scène est féerique : belle architecture, bateaux de toutes envergures et de toutes couleurs, reflets mouvants de la Seine qui peut se maquiller aussi bien de jaune que de vert sombre… et tout autour, des grands arbres qui se balance dans le vent… Il faudrait être cinglé pour ne pas céder à la tentation de dessiner ce paysage grandiose. ( 30 04 2019 )

Une petite fille tombée amoureuse d’un dessin…

Alors que je dessinais une rangée de maisons, rue Saint Antoine, une petite fille demanda à son papa de lui acheter un dessin représentant l’hôtel de Soubise. Et quel papa exceptionnel : avocat à la cour, avec un regard très intéressant sur la société et sur les gens…

 

23 avril 2019


 

 

Rue Saint Antoine : voici une artère très spéciale par son architecture et son atmosphère. Les maisons qui se blottissent les unes contre les autres ont échappé à « la fureur haussmannienne » et nombre d’entre elles affichent un air vaguement médiéval. Maquillées d’un crépis blanc, criblées de fenêtres hautes et étroites, elles ont des toits inouïs, avec des cheminées élancées et des mansardes dont certaines, paraît-il, correspondent à des appartements aussi exigus que des boîtes à chaussures. J’ai connu des célibataires qui se contentaient de douze mètres carrés.

Le tronçon de la rue Saint Antoine où se trouve la station de métro Saint-Paul le Marais est particulièrement sympathique. Un manège fait le bonheur des gosses et il y a plein de commerces ainsi que de cafés.

C’est sur ce fragment si particulier de Paris que donnent les fenêtres de l’appartement loué par un avocat à la Cour dont j’ai fait la connaissance alors que je dessinais au bas de son immeuble. Né en Inde, ayant fait ses études de droit à Paris, il a deux enfants et quand j’ai fait sa connaissance  - vers 19 h 30 –  il revenait d’une vadrouille avec sa petite fille, Prune, tandis que son épouse préparait le repas. L’autre enfant, Nil (joli nom) était resté dans l’appartement. 

«  Ne pas avoir peur »

D’emblée, la petite fille s’enthousiasma pour un dessin à mes côtés, représentant l’hôtel de Soubise (non loin de là). Le dessin avait la particularité d’avoir été élaboré à l’aide de bâtons de craie à la cire sur du papier kraft. Or, personne avant n’avait remarqué ce dessin très léger.

Prune réussit à convaincre son papa à acheter un tel croquis. Et je réalisais que j’étais en présence d’un homme assez exceptionnel par sa trajectoire, sa profession mais aussi sa vision de la vie. D’abord, il me précisa que Prune passait une grande partie de son temps à dessiner.
Puis il précisa : « Nous apprenons à nos enfants à ne pas avoir peur du monde qui les entoure ». Quand je lui racontais mes ennuis, jadis, avec les agents municipaux qui m’avaient infligé tant d’amendes, cet avocat se montra plutôt choqué : « Vous ne faîtes de mal à personne, bien au contraire ».  Brièvement, il me confia qu’il faisait tout son possible pour contribuer à l’évolution de la société vers davantage d’entente entre les uns et les autres.

L'avocat tient beaucoup à une phrase qu'il répète à l'envie: "Le hasard n'existe pas..."

Hélas, notre discussion fut brève car le long week-end de Pâques touchait à sa fin et le lendemain serait semblable à tant d’autres jours, avec des obligations de toutes sortes et la difficulté, pour ce couple, de concilier une vie professionnelle et une vie de famille.
«Montez me voir dans quelques minutes car nous allons mettre nos enfants au lit et après j’aurai un peu plus de temps pour discuter avec vous»

Dix minutes plus tard, j’entrais dans un appartement plutôt spacieux, peu éclairé, où une grande table au pied des fenêtres donnant sur la rue Saint-Antoine s’avérait jonchée de crayons. Dans le couloir menant à l’une des chambres étaient immobilisées, par dizaine, des voitures miniatures.

Beaucoup d'amour

L’épouse de l’avocat oeuvrait dans la cuisine. Quant à lui, il se consacrait à calmer Nil pour une entrée en douceur dans une belle nuit de sommeil. Pas de télévision. Pas de radio. Une impression de calme avec beaucoup d’amour partagé au sein de cette famille. Tout en sirotant un jus d’orange, j’admirais le coucher de soleil sur les toits de Paris qui n’allaient pas tarder à sombrer dans l’obscurité. Cela me faisait tout drôle de les voir depuis le 4ème étage et non point depuis le trottoir.

Hélas, l’avocat était épuisé et il s’excusa car il n’avait plus le temps d’aller prendre un verre avec moi au café situé juste en bas de son immeuble. Bien que célibataire et sans enfants, je prenais conscience de cette immense responsabilité qu’ont des parents comme ceux-ci : apprendre à leurs gosses à grandir dans un monde si hostile en leur transmettant des valeurs solides.

Nul doute que je reverrai cet avocat travaillant au sein d’un cabinet spécialisé dans le droit des affaires et ce sera avec grand plaisir, car je suis certain qu’il aurait beaucoup de choses à m’apprendre.

Yann Le Houelleur 

Un malaise en pleine rue

Une jeune femme s’affala, le teint livide, à quelques mètres de mois. Rien de plus normal que de lui venir en aide. Mais une de ses amies et elles insistèrent pour que j’accepte des remerciements sous forme d’un don : deux billets de cinq euros. J’étais très gêné car j’avais accompli un geste tout à fait normal pour moi…

  

19 avril 2019 



Il a suffi de quelques années pour que la rue de Buci devienne la rue parisienne la plus animée le soir et jusque tard dans la nuit. Pas si belle que ça, avec des maisons de tous les styles, elle est pourtant un lieu incontournable pour qui veut s’offrir une soirée décontractée au milieu d’une foule plutôt jeune.

Les personnes qui sirotent une liqueur ou une bière à la terrasse des innombrables cafés et brasseries se côtoyant sont presque toutes épanouies et élégantes, en tout cas soucieuses de se vêtir selon les canons de la mode. Certains soir, hélas, l’ambiance dégénère car ces jeunes gens ont pris l’habitude de boire excessivement. Il arrive que des tables, aux terrasses des cafés, soient renversées inopinément et que s’en suive une pluie de cristal et de porcelaine sur la chaussée.

Ce soir-là, un vendredi, je dessinais le plus grand des restaurants de la rue, l’Atlas, occupant des locaux abritant, jadis, un marchand de fleurs. On pourrait se croire face à navire abondamment éclairé.

Soudain, à quelques mètres de mois, une jeune femme s’écroula, et se mit à vomir. Rien de plus normal : j’interrompis le dessin en cours afin de lui demander si elle avait besoin d’aide. Sa pâleur et les tremblements qui s’étaient saisi de sa silhouette plutôt frêle m’intriguèrent. Elle me demanda la permission d’emprunter mon portable  (la batterie du sien était exsangue) pour appeler une amie. 
Quelques minutes plus tard ; cette amie se pointa et vint la réconforter. La jeune femme prise d’un malaise allait déjà mieux.


Le chacun pour soi gagne du terrain


Avant de prendre un taxi, ces deux copines vinrent me saluer et elles me donnèrent deux billets de 5 euros. « C’est pour vous remercier de votre gentillesse. Nous vivons dans un monde où le chacun pour soi gagne du terrain et beaucoup de gens, à votre place, seraient restés indifférents. »

Certes, j’acceptais ce geste de bon cœur, mais en même temps je leur expliquais combien j’étais gêné car, franchement, je n’avais fait que mon devoir de citoyen altruiste. Cela ne m’avait demandé aucun effort et pour moi une telle attitude est normale.

En tout cas, elles étaient toutes deux belles, charmantes, pétillantes. Elles étaient étudiantes en médecine. Elles nourrissaient une grande confiance quant à leur avenir et j’étais ravi de rencontrer, comme cela se produit souvent, des représentantes d’une jeunesse qui ne veut pas baisser les bras et qui s’appuie encore sur des valeurs saines.

Yann Le Houelleur 

Notre Dame, si longtemps pauvre, maintenant sous un déluge de fric

C’est avec une infinie tristesse que le dessinateur de « Paris en tous Sens » a réalisé ce croquis de la cathédrale mutilée par un incendie la veille. Il était assis le long du quai Orléans non loin du Pont Saint Louis.

Depuis son incendie, comme tant de Français un tel drame me perturbe et engendre une mélancolie autant qu’une réflexion sur la folie humaine. Saura-t-on, un jour, la vérité sur les hypothétiques auteurs d’une telle barbarie architecturale et spirituelle ?

 

17 avril 2019


 

Notre Dame est sans doute le monument parisien que j’ai le plus fréquemment dessiné.

Aussi, quand notre « président prestidigitateur » promet de reconstruire la cathédrale  ( dévastée par un incendie de grande ampleur survenu le 15 avril)  « encore plus belle qu’avant »,  j’ai tendance à penser que ce Monsieur a des goûts très spéciaux. Et il déploie, « comme d’hab’ », un surcroît de propension à manipuler ses concitoyens.

Si je dessinais presque toujours la cathédrale sur le Pont Saint Louis  - en réalité, à son extrémité la plus proche du square Jean XXIII - c’est parce que son chevet avait conservé un « look » médiéval. Je me souviens d’une petite fenêtre encastrée dans la toiture encadrée par du bois et affublée d’une sorte de poulie, avec de la mousse par-dessous… Ainsi, Notre Dame offrait maints « détails » pittoresques témoignant son grand âge.

Certes, Notre Dame sera « reconstruite » mais avec des matériaux, des concepts modernes qui la rendront peut-être moins belle parce qu’en rupture accentuée avec le Moyen âge dont elle l’est l’un des plus jolis fruits spirituels et architecturaux. Et puis, Emmanuel Macron oublie de dire que si ces trésors qu’on appelle « le patrimoine » incarnent la beauté, voire la splendeur absolue, c’est pour la raison suivante : leur construction se faisait de manière plutôt empirique, s’étalant sur des décades, sans les recours aux technologies de pointe actuelles qui ne savent plus générer de la poésie et de l’esprit… 


Floraison de musiciens

Souvent, je songe à mes dessins de la cathédrale, éparpillés à travers le monde, et qui ont pris d’autant plus de valeur qu’ils remémorent une histoire désormais en partie enterrée. D’ailleurs, ce « coin » de Paris était plaisant, charmant, avant qu’une chaîne d’attentats ne commence à décourager les touristes d’y passer. A cette époque, il y avait une floraison de musiciens sur le Pont Saint Louis, espace de liberté dans une ville qui ne cesse de s’embourgeoiser et de sombrer dans l’escarcelle de ces très riches citoyens qu’Emmanuel Macron chérit tant.

Je me souviens en particulier d’un guitariste chilien qui exacerbait mon inspiration avec des œuvres d’une réconfortante douceur. Puis sont arrivés des groupes fort bien organisés, qui se sont appropriés le Pont Saint Louis. Ils ont pourri l’ambiance et monopolisant le pont avec des sonos sophistiquées qui élevaient leur musique au rang de tapage et de générateur de stress. Les petits musiciens n’avaient plus leur place. Et ce sont ceux là, les vrais artistes, que la Mairie de Paris, soucieuse de réduire à sa portion congrue l’art de rue, a persécuté avec obstination, les chassant autant que faire ce peu du paysage. 


Une petite fille bien curieuse

Parmi les autres souvenirs que je garde précieusement dans mon cœurs, datant de cette époque où je croquais si volontiers le chevet de l’église millénaire…

Une petite fille qui se promenait avec son papa, un gars costaud et un peu distant, très bavarde et tout aussi curieuse : « C’est marrant, à chaque fois tu la fais différente, la cathédrale », s’extasiait-elle. Désespérée à la vue de mes crayons qui s’étalaient et se chevauchaient dans le plus grand désordre, elle se montrait soudain autoritaire en voulant relever le défi de les remettre à leur place dans les trousses et boites prévues à cette intention.
Un soir, une touriste américaine qui prenait une bière sur la terrasse de l’Esméralda vint me voir et m’implora de dessiner, pour elle, la cathédrale en une demi-heure. Que de stress, soudain, dans la douceur vespérale, tandis que d’énormes bateaux voués à des croisières (Paris-Rouen) frôlaient l’unique arche du pont, émettant de sympathiques ronflements.

Un autre soir, une concitoyenne s’exclama : « C’est drôle comme vous la représentez la cathédrale. Vous lui donnez un air un peu monstrueux, avec des vitraux qui ont l’air de gros yeux de chouette et des arcs boutant ressemblant aux tentacules d’un insecte. »

 

Nos racines chrétiennes

Parfois, songeant à cet épouvantable incendie, je serais tenté de dire que la cathédrale a été entraînée dans un cercle peu vertueux, souillée par un monde où la charité semble s’évaporer, cet incendie étant la conséquence logique d’une déliquescence rapide, dans une France où elle n’a plus vraiment sa place parce que, d’abord, les autorités de notre pays  - M. Macron y compris -  s’efforcent d’éradiquer les racines chrétiennes de notre pays. Quant à Mme Hidalgo, qui semblait épouvantée par la vue de la cathédrale dévorée par les flammes, je me demande si elle prend le temps, certains jours, d’aller se recueillir dans une église pour réfléchir un peu à cette injure faite à Dieu qu’est la culture de la vanité, de la manipulation et de l’ambition exacerbée. Ce constat vaut pour tous les élus qui se répandent en lamentations et raisonnement plus ou moins tortueux sur le rôle de Notre Dame dans l’histoire de France. Une France devenue si pauvre et si endettée qu’elle n’a même plus la capacité d’entretenir décemment son patrimoine… à tel point que des gouvernements étrangers sont obligés de voler au secours du gouvernement pour restaurer tant de bâtiments décatis.

Le mardi 16 avril 2019, alors que je faisais ce dessin d’une cathédrale amputée de sa flèche et de sa toiture de grande envergure, des jeunes gens sont venus me parler. Comme beaucoup de Parisiens soucieux d’échapper aux manipulations grotesques des médias, ils se déclaraient choqués que, tout à coup, à la suite d’un incendie ultra médiatisé, un déluge de fric s’apprête à s’abattre sur la cathédrale alors que jusqu’à ce jour on manquait cruellement d’argent pour réparer les injures imputables au temps.

Mais la foi, la spiritualité ont sans doute très peu de place dans le logiciel d’un certain Bernard Arnault ; lequel a compris que la cathédrale génère un important flux de touristes qui passent aussi volontiers dans ses magasins bourrés d’objets hors de prix qu’entre les piliers de Notre Dame adoucis par les éclats de lumière émanant des vitraux. Il ne reste qu’à espérer que la toiture de la cathédrale ne sera pas refaite aux couleurs dont « se parent » les sacs à main, les valises signées LVMH qui rappellent le caca d’oie ou de pigeon. 

Yann Le Houelleur

 

P.S. : Si vous désirez acquérir un ou plusieurs dessins de Notre Deme, tels que ceux présentés ici-même, n’hésitez pas à me faire signe. Je les mets en ventes volontiers, et nul doute qu’ils prendront de la valeur au fur et à mesure que le souvenir de « l’ancienne cathédrale » s’effritera.
mon mail : chaudslesmots@yahoo.fr
06 89 58 71 34

 

Antoine, le vendeur de livres devenu serveur

Sur la place des Abbesses, il y a trois ans, je dessinais souvent en sa compagnie alors qu’il vendrait des livres écrits par lui. Soudain, il m’a repéré à la terrasse du Rouge Bis. Toujours aussi généreux, il m’a payé deux cafés et m’a raconté sa spectaculaire reconversion.

 

18 avril 2019


 

C’est l’une de mes terrasses de café préférées : le Rouge Bis. De l’autre côté du boulevard de Clichy se dresse et s’agite le plus célèbre des moulins au monde, connu pour sa couleur tonique. Et il est vrai que le Moulin Rouge est l’un des monuments les plus photographiés dans la capitale.


Le dessinateur de « Paris en tous Sens » a peu souvent l’occasion, mis à part les stores de certains restaurant, de manie des crayons rouges. Alors quand il s’installe à la terrasse du Rouge Bis, il s’en donne à cœur joie. Et comme Paris est un village par certains aspects, on peut y faire des rencontres troublantes.

Ce dimanche, alors que je dessinais pour la énième fois le Moulin, un visage que je connaissais bien esquissa un grand sourire et me serra la pince, hélas un peu pressé.

Antoine, un ravissant jeune homme blond et svelte, je l’ai longuement fréquenté quand j’avais pris l’habitude, trois ans auparavant, de dessiner sur la place des Abbesses, fameuse grâce à l’édicule de métro de style Guimard actuellement restaurée. L’un de derniers édicules du genre intact à Paname.


Jeunes femmes charmantes

Tandis que je dessinais sous le regard des passants, dont certains (plutôt rares) me prenaient parfois un croquis, Antoine abordait toutes sortes de jeunes femmes, si possible charmantes, le regard enjôleur et la voix feutrée. Il réussissait à en convaincre un certain nombre, chaque après midi, de lui acheter un exemplaire du roman qu’il avait fait imprimer à plusieurs centaines d’exemplaires. Aucune illustration en couverture, mais Antoine avait un bagout et une pouvoir de conviction qui lui donnait toutes les audaces.

Souvent, il venait se pencher sur le dessin en cours d’élaboration et avec sa gentillesse coutumière, il me disait : « Tu l’as bien démarré, t’es sur la bonne voie, tu vas le réussir ! »
Effectivement, je parvenais toujours à m’en sortir.

Il y a un an, dessinant sur la terrasse du Marguerite, un resto donnant aussi bien sur le parvis de l’Hôtel de ville que sur le Pont d’Arcole, je l’avais revu, en compagnie de sa copine. Il m’avait acheté, sur le champ, un dessin.


Resto haut de gamme

Et voilà qu’un an plus tard, « mon » Antoine réapparaissait, toujours bienveillant au point de m’offrir deux cafés pour mon séjour sur la terrasse… car il me surprit avec mon habituelle ribambelle de crayons et de matériel en tout genre. Je m’empressai de lui demander si, depuis, il avait trouvé du boulot après avoir connu la galère en écoulant sa production littéraire.

Après avoir été serveur dans plusieurs bistrots  - des contrats courts - Antoine avait été embauché par un restaurant haut de gamme dans le 8ème arrondissement, et il semblait très heureux de cet emploi, d’autant plus que son mi-temps lui garantissait un salaire bien supérieur au smic. « La restauration, c’est dur car les cadences sont infernales et on travaille avec des gens qui sont de fortes têtes, parfois même des repris de justice, mais les salaires peuvent décoiffer… »

Moi qui ne suis pas si loin que ça du 3ème âge, mais qui ai gardé une jeunesse d’esprit (tout le monde me le dit), je me réjouis chaque fois que je rencontre un jeune bien inséré dans le monde du travail. Le seul « problème » est qu’Antoine, ces temps-ci, semble avoir un peu perdu le virus de l’écriture. « Je ne me reconnais plus dans ce que j’ai écrit il y a quelques années. J’ai l’impression que l’auteur ce n’était pas moi… »

Yann Le Houelleur

Un dimanche de printemps magique

Place Saint André des Arts, j’ai consacré tout un après-midi à élaborer un dessin tandis que de nombreux inconnus, tous formidables, m’ont posé des questions, encouragé, et même acheté des dessins. Le printemps, décidément, commençait en beauté : l’art de semer le bonheur tout en couleurs…

 

31 mars 2019



C’est fou, hallucinant peut-être même, combien de rencontres peuvent se nouer lorsqu’on entreprend de faire un dessin dans la rue. Quand l’art est célébré en plein air, il se passe des choses le plus souvent magiques.


Place Saint André des Arts : l’un de mes lieux de prédilection pour dessiner. D’un point de vue architectural, il y en a pour tous les goûts. Chaque rue aboutissant à cette place y apporte les concepts, les dimensions, les prouesses d’une époque bien précise. Rue Hautefeuille, on peut admirer une tourelle gothique ornée, à sa base, de sculptures parmi lesquelles de petits mascarons.
Rue Saint André des Arts se succèdent, outre d’assez belles maisons bombant le torse, d’élégantes portes, majestueuses, signalant l’existence d’anciens hôtels particuliers.
Au n° 1 de la rue Danton se dresse le tout premier immeuble parisien entièrement conçu en béton armé, imaginé par l’architecte François Hennebique à la fin du 19ème siècle. Comportant d’innombrables bow windows, cet immeuble ruisselles de sculptures, moulures et encorbellements auxquels l’épopée de l’Art nouveau, bien des années plus tard, donna la primeur.
Hélas, ce splendide immeuble a subi un ravalement qui l’a rendu beaucoup trop blanc, une sorte de chirurgie esthétique qui l’a privé d’une partie de sa beauté initiale.

Alors que je dessinais, une dame marocaine, habillée telle une princesse exubérante, me demanda où se trouvait la ribambelle de restaurants grecs et nord-africains dont elle avait gardé un vague souvenir lors d’un précédent séjour à Paris. Je lui indiquai, pointant le doigt vers le boulevard Saint Michel, l’écheveau de ruelles s’entrecroisant tout autour de l’église Saint Séverin. Regardant ce magnifique immeuble en béton armé, elle fit le commentaire suivant : « Vous connaissez Casablanca ? Eh bien, les Français pendant la colonisation nous ont légué de fort beaux immeubles qui ont été rénovés récemment et le résultat est affreux ; leur crépis est si blanc qu’ils ont perdu leur âme… »

La place Saint André des Arts, ces sont aussi les premières morsure de l’architecture haussmannienne dans un Paris médiéval alors chaotiques. Le boulevard St Michel, précisément, fut l’une des premières artères conçues par le baron Haussmann à voir le jour.

Alors que je dessinais le début de la rue Saint André des Arts, égayée par les stores rougeoyant d’un restaurant baptisé la Gentilhommière, deux touristes américaines vinrent me voir et manifestèrent l’intérêt, en toute spontanéité, d’acquérir des dessins. Il faisait très chaud, ce dimanche après-midi ? En réalité nous étions déjà projetés dans l’été. 


Carolyn et Kristen, deux Californiennes


Pas question, pour moi, d’aller dessiner sur les ponts, car le soleil, quand il frappe trop fort, maltraite les dessins, faisant gondoler les feuilles de papier et abîmant les couleurs. Mieux vaut, quand sévit l’Astre roi, s’abandonner à la fraîcheur d’une place comme celle de Saint André des Arts. Pourtant, Carolyn, une Californienne accompagnée de son amie Kristen (toutes deux née dans une famille d’immigrants asiatiques), voulait absolument trouver, au fond de mon sac bourré de croquis, un dessin mettant en exergue la Seine. Parmi une cinquantaine de dessins au choix, par tous réussis, elle tomba, émerveillée, sur une interprétation du Pont Neuf que j’avais faite, deux mois plus tôt, depuis une salle du Louvre située le long de la colonnade édifiée sous le règne de Louis XIV. Kristen, elle, jeta son dévolu sur un dessin bien différent, remontant à 2017, représentant une rue bordée d’immeubles hérissés de hautes cheminées dans le Marais.

Toutes deux étaient ravie de pouvoir discuter avec un Français qui prenait le temps de leur décrire, trop brièvement, l’histoire de Paris. Elles allaient reprendre l’avion le lendemain, et l’idée me vint, une fois de plus, que nous sommes tous, sans nous en rendre compte, les ambassadeurs de notre pays. « Etes vous déjà allé aux Etats-Unis ?» Je dû leur répondre par la négative, mais il convenait d’ajouter : « J’adore votre pays car lorsque je rencontre des jeunes Américain(e)s comme vous, je me rends compte de l’énergie qui bouillonne dans votre pays, de votre enthousiasme et de votre créativité. Vous savez, ici, en France, nous sommes bien plus protégés par l’Etat que vous, aux USA, dont j’ai entendu dire que vous devez payer de votre poche l’accès aux soins médicaux. »

Nous nous sommes quittés très émus d’avoir échangé des propos fructueux pendant au moins vingt minutes.

Le soleil éclaboussait encore la place Saint André des Arts de paillettes d’or. Quelle heure était-il, en réalité ? Mon esprit ne pouvait être que désorienté car la nuit précédente avait marqué le retour de l’heure d’été. En tout cas, il me fallait terminer ce dessin alors qu’un petit vent aigre commençait à agiter les branches de l’arbre dont il me restait à restituer les feuilles vertes, toutes neuves, d’un vert éclatant.

« Mon métier, c’est nettoyer la merde des autres »


C’est alors qu’un monsieur, avec un accent portugais assez fort, se pencha vers mes dessins et fit un commentaire très pertinent : « Attention, n’ajoutez pas trop de bleu avec votre pinceau (j’étais en train d’utiliser un peu d’encre de Chine) car j’aime beaucoup la couleur de votre ciel… » Son épouse, Bernadette, vint nous rejoindre. Un couple très sympathique et courageux habitant, tout comme moi, le 92. Décidément, cet inconnu, Carlos, avait l’air de s’y connaître en matière d’art. Il me conseilla de ne rien ajouter à mon dessin pour le laisser avec toute sa fraîcheur et franchise.

Carlos me fit la réflexion suivante : « C’est très amusant comme vous dessinez. Quand on regarde vos œuvres de près, on a l’impression d’une grande confusion dans les traits. Mais quand on prend du recul, alors vos dessins ont une allure bien différente et on voit tous les détails de manière bien précise… »

En réalité, ce monsieur est salarié d’un sous traitant de la ville de Paris. Tous les jours, il se lève à 6 heures pour se rendre à la Bastille, où il pilote une machine qui dévore les déchets et saletés sur la voie publique, dans ce quartier très agité (et assez mal fréquenté) la nuit. « Mon métier, c’est de nettoyer la merde des autres. Mais je suis sensible à l’art et j’aime les artistes. »

Alors, Carlos s’empressa de me dire qu’il voulait ce dessin, tout en nuançant : «  Je gagne 7 euros de l’heure, notre vie est plutôt difficile. J’aimerais que vous me fassiez un tout petit prix. » J’étais si heureux de leur donner ce petit bouquet de couleurs et de bonheur qu’effectivement je décidai de leur vendre ce dessin, que j’avais tant aimé élaborer, à un prix d’ami.
De surcroît, je procédai à l’encadrement (installant le dessin sur une feuille épaisse noire) tandis que ces banlieusards firent une pause dans un bar pour prendre un café.

Il fallait voir comme ils étaient radieux, heureux d’emporter avec eux le souvenir bien concret d’un beau dimanche. Alors se mit à tournoyer, dans ma tête, cette phrase qui m’est chère : « Le dessin, la peinture, c’est de la magie à l’état pur .»

J’avoue que des journées comme celle-ci ci contribuent à me donner la pêche. Et même s’il est très dur, par certains aspects, de dessiner dans les rues où le meilleur comme le pire peuvent survenir à tout instant, j’avoue avoir de la chance de développer une telle vocation : semer un bonheur tout en couleurs…

LES DEUX MAGOTS - C’est vraiment le printemps. Enfin ! Les terrasses des cafés affichent complet. A commencer par celle des Deux Magots. Des voitures noires s’arrêtent, le temps de « déverser » quelques touriste habillés fort élégamment qui s’en vont goûter une détente bien méritée sur la terrasse de cet établissement incontournable quand on veut saisir (même un tout petit peu) l’âme de Saint Germain des Prés, quartier où le dessinateur trouve toujours de quoi assouvir sa soif d’inspiration. (30 mars 2019)
PARIS, SQUARE RENE VIVIANI - Voici le premier d’une sans doute longue série de dessins : ceux à faire tout au long de printemps 2019 : toutes sortes de couleurs délaissées pendant l’été, notamment le bleu, mais aussi le rose, reviennent en force. A tous, je souhaite un JOYEUX PRINTEMPS (20 mars 2019)

Coïncidence : fouillant dans mes affaires, je suis tombé ce samedi soir, 17 mars 2019, sur un dessin fait trois ans plus tôt… le Fouquet’s, ravagé par les casseurs lors d’une manifestation des Gilets jaunes (ce 17 mars, précisément). A l’époque, la France était un pays moins anxiogène. Aujourd’hui, il semble que nous soyons entrés dans l’ère du chaos et de la cacophonie, dont Emmanuel Macron est en quelque sorte le chef d’orchestre.

 

16 mars 2016


 

Indéniablement, je crois, la France est gouvernée par des amateurs. C'est-à-dire, pas du tout gouvernée, mais comme un navire prenant l’eau de toutes parts, à la dérive.
N’importe quel individu doué d’un minimum d’intelligence pouvait de douter de ce qui allait se produire : une guerre civile en plein Paris. Car les Gilets jaunes ont si peu condamné les violences déclenchées dans leur sillage qu’ils semblent, au contraire, les avoir exacerbées.

Mais qui sont-ils, ces Gilets jaunes ? Certains, à coup sûr, sont sincères. Mais il suffit à n’importe quel anonyme d’enfiler un gilet jaune pour ensuite semer, associés à d’autres gilets apocryphes, la panique, l’anarchie, le chaos. En quelques sorte, les « yellow black boys ».
Il était évident que des casseurs, des barbares, des pilleurs infiltreraient ce mouvement devenu une nébuleuse pour s’adonner aux pillages et aux pires exactions. Donc, il fallait avoir le courage, ou la lucidité, d’interdire ce genre de manifestations. Macron, Castener et Cie ne l’ont pas fait… Evidemment, diront ceux qui les soutiennent, tout comme certains de leurs opposant, « le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ». Est-une raison suffisante, voire un prétexte, pour autoriser la chienlit à grande échelle ?

Et là survient LA question ? Pourquoi, en fait, Emmanuel Macron et son gouvernement se sont-ils montrés si laxistes avec les partisans et même serviteurs de la violence la plus absolue ? Manichéen jusqu’au bout des ongles, mais finissant toujours par glisser sur les peaux des bananes qu’il a semées, le président a sans doute voulu faire un usage très stratégique des Gilets jaunes, dont il est permis de se demander s’ils ne seraient pas ses alliés objectifs.

Prétendant calmé le jeu, Emmanuel Macron a même échafaudé à partir des premières séries de manifestations hebdomadaires, un grand débat national dont on peut se demander si ce n’est pas une espèce de sas de décompression avant d’entrer dans un monde plus violent encore… Un monde où la République en Marche œuvre, en l’occurrence, au démantèlement de toutes une partie de l’Etat, contribuant à appauvrir toujours davantage des pans entiers de la population à travers une foi inébranlable dans le libéralisme le plus débridé avec, bien évidemment, la bénédiction de l’Europe.

Attitude arrogante

Alors, les Gilets jaunes, le grand débat ne sont-ils pas des joujoux entre les mains d’un président dont il faut se méfier de la sincérité. Car le dessein de Macron, est-il légitime de penser, est la poursuite de la destruction des partis politiques, de leur « désacralisation » grandissante pour ériger la République en Marche en détenteur de toutes les vérités imaginables. Dévaster, tels les Champs Elysées, les Républicains en les réduisant à la portion congrue. Et combattre une prétendue extrême droite, alors que le Rassemblement National est tout aussi attaché aux valeurs de la République que les autres. Tout en laissant partir en fumée le PS et d’autres formations de gauche. Quand ils s’expriment à la télévision, les Marcheurs conservent cette attitude arrogante et faussement enthousiaste qui est leur marque de fabrique, essayant, toujours davantage, d’avancer sur le champ de la récupération de tant d’idées piquées ailleurs…

En somme, les Gilet jaunes sont des dupes : ils ne se rendent pas compte que pour Macron, ils ne sont qu’une sorte d’alibi pour instaurer un prétendu renforcement de la démocratie à travers des réunions, des débats, un peu partout, qui déboucheront sans doute sur très peu de choses puisque l’avenir de la France est déjà tout tracé par la Macronie : une perte constante de notre souveraineté ; une immigration massive orchestrée de concert avec Bruxelles ; la disparition progressive du petit commerce et les misères infligées aux « petits entrepreneurs » tous étranglés par un système fiscal aberrant ; une désertification à vitesse grand V de maintes régions avec des disparité croissantes entre les territoires ; un affaiblissement du service public régi de plus en plus par des machines au détriment des relations humaines, etc.

Un baril de poudre

La France, réputée ingouvernable, est-elle donc sérieusement gouvernée ? On est en droit d’en douter. En tout cas, notre pays est devenue la risée du monde entier, avec ce président qui croit donner des leçons à l’échelle internationale et qui se trouve sur un télésiège, en compagnie de Brigitte Macron, dans une station de ski pyrénéenne alors que Paris est à feu et à sang, une de ces coïncidences troublantes qui montrent à quel point le chef de l’Etat s’avère à côté de la plaque.

Ces saccages sur la « plus belle avenue du monde » ne peuvent que décourager maints touristes de se rendre en France, un pays assis sur un baril de poudre, prêt à exploser, à l’orée d’une guerre civile, laquelle en définitive a déjà commencé puisque des caïds, des casseurs, des pilleurs réussissent à apeurer et à ridiculiser les forces de l’ordre, comme on a pu le voir sur BFM-TV en voyant une voiture de police roulant à reculons sous la pression de cette voyouterie dont on peut s’étonner, par ailleurs, qu’elle ne soit pas mieux connue des services de polices. Enfin, notons que parmi ces casseurs il y a de nombreux fils de riches, des citoyens qui jouissent d’une situation professionnelle enviable.
Non, ce ne sont pas les chômeurs, si souvent fustigés par M. Macron, qui enfilent un masque et s’attaquent à la police et à la gendarmerie dans les rues de Paris…

Yann Le Houelleur

Voici le Fouquet’s, avant qu’il ne soit dévasté par des casseurs

Format A3. Crayons de couleurs, sur papier Canson. Dessin fait assis à même sur le trottoir des Champs-Elysées. Prix suggéré : 40 euros

Coïncidence : fouillant dans mes affaires, je suis tombé ce samedi soir, 17 mars 2019, sur un dessin fait trois ans plus tôt… le Fouquet’s, ravagé par les casseurs lors d’une manifestation des Gilets jaunes (ce 17 mars, précisément). A l’époque, la France était un pays moins anxiogène. Aujourd’hui, il semble que nous soyons entrés dans l’ère du chaos et de la cacophonie, dont Emmanuel Macron est en quelque sorte le chef d’orchestre.

 

16 mars 2016


 

Indéniablement, je crois, la France est gouvernée par des amateurs. C'est-à-dire, pas du tout gouvernée, mais comme un navire prenant l’eau de toutes parts, à la dérive.
N’importe quel individu doué d’un minimum d’intelligence pouvait de douter de ce qui allait se produire : une guerre civile en plein Paris. Car les Gilets jaunes ont si peu condamné les violences déclenchées dans leur sillage qu’ils semblent, au contraire, les avoir exacerbées.

Mais qui sont-ils, ces Gilets jaunes ? Certains, à coup sûr, sont sincères. Mais il suffit à n’importe quel anonyme d’enfiler un gilet jaune pour ensuite semer, associés à d’autres gilets apocryphes, la panique, l’anarchie, le chaos. En quelques sorte, les « yellow black boys ».
Il était évident que des casseurs, des barbares, des pilleurs infiltreraient ce mouvement devenu une nébuleuse pour s’adonner aux pillages et aux pires exactions. Donc, il fallait avoir le courage, ou la lucidité, d’interdire ce genre de manifestations. Macron, Castener et Cie ne l’ont pas fait… Evidemment, diront ceux qui les soutiennent, tout comme certains de leurs opposant, « le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ». Est-une raison suffisante, voire un prétexte, pour autoriser la chienlit à grande échelle ?

Et là survient LA question ? Pourquoi, en fait, Emmanuel Macron et son gouvernement se sont-ils montrés si laxistes avec les partisans et même serviteurs de la violence la plus absolue ? Manichéen jusqu’au bout des ongles, mais finissant toujours par glisser sur les peaux des bananes qu’il a semées, le président a sans doute voulu faire un usage très stratégique des Gilets jaunes, dont il est permis de se demander s’ils ne seraient pas ses alliés objectifs.

Prétendant calmé le jeu, Emmanuel Macron a même échafaudé à partir des premières séries de manifestations hebdomadaires, un grand débat national dont on peut se demander si ce n’est pas une espèce de sas de décompression avant d’entrer dans un monde plus violent encore… Un monde où la République en Marche œuvre, en l’occurrence, au démantèlement de toutes une partie de l’Etat, contribuant à appauvrir toujours davantage des pans entiers de la population à travers une foi inébranlable dans le libéralisme le plus débridé avec, bien évidemment, la bénédiction de l’Europe.

Attitude arrogante

Alors, les Gilets jaunes, le grand débat ne sont-ils pas des joujoux entre les mains d’un président dont il faut se méfier de la sincérité. Car le dessein de Macron, est-il légitime de penser, est la poursuite de la destruction des partis politiques, de leur « désacralisation » grandissante pour ériger la République en Marche en détenteur de toutes les vérités imaginables. Dévaster, tels les Champs Elysées, les Républicains en les réduisant à la portion congrue. Et combattre une prétendue extrême droite, alors que le Rassemblement National est tout aussi attaché aux valeurs de la République que les autres. Tout en laissant partir en fumée le PS et d’autres formations de gauche. Quand ils s’expriment à la télévision, les Marcheurs conservent cette attitude arrogante et faussement enthousiaste qui est leur marque de fabrique, essayant, toujours davantage, d’avancer sur le champ de la récupération de tant d’idées piquées ailleurs…

En somme, les Gilet jaunes sont des dupes : ils ne se rendent pas compte que pour Macron, ils ne sont qu’une sorte d’alibi pour instaurer un prétendu renforcement de la démocratie à travers des réunions, des débats, un peu partout, qui déboucheront sans doute sur très peu de choses puisque l’avenir de la France est déjà tout tracé par la Macronie : une perte constante de notre souveraineté ; une immigration massive orchestrée de concert avec Bruxelles ; la disparition progressive du petit commerce et les misères infligées aux « petits entrepreneurs » tous étranglés par un système fiscal aberrant ; une désertification à vitesse grand V de maintes régions avec des disparité croissantes entre les territoires ; un affaiblissement du service public régi de plus en plus par des machines au détriment des relations humaines, etc.

Un baril de poudre

La France, réputée ingouvernable, est-elle donc sérieusement gouvernée ? On est en droit d’en douter. En tout cas, notre pays est devenue la risée du monde entier, avec ce président qui croit donner des leçons à l’échelle internationale et qui se trouve sur un télésiège, en compagnie de Brigitte Macron, dans une station de ski pyrénéenne alors que Paris est à feu et à sang, une de ces coïncidences troublantes qui montrent à quel point le chef de l’Etat s’avère à côté de la plaque.

Ces saccages sur la « plus belle avenue du monde » ne peuvent que décourager maints touristes de se rendre en France, un pays assis sur un baril de poudre, prêt à exploser, à l’orée d’une guerre civile, laquelle en définitive a déjà commencé puisque des caïds, des casseurs, des pilleurs réussissent à apeurer et à ridiculiser les forces de l’ordre, comme on a pu le voir sur BFM-TV en voyant une voiture de police roulant à reculons sous la pression de cette voyouterie dont on peut s’étonner, par ailleurs, qu’elle ne soit pas mieux connue des services de polices. Enfin, notons que parmi ces casseurs il y a de nombreux fils de riches, des citoyens qui jouissent d’une situation professionnelle enviable.
Non, ce ne sont pas les chômeurs, si souvent fustigés par M. Macron, qui enfilent un masque et s’attaquent à la police et à la gendarmerie dans les rues de Paris…

Yann Le Houelleur

LA GARE SAINT LAZARE - Il arrive souvent que je découvre la beauté d’un monument tout en le dessinant, attiré par « un je ne sais quoi ». Et cette gare est vraiment très belle, bénéficiant de proportions audacieuses et harmonieuses. Je l’ai dessinée réfugié, un jour de pluie, dans le café de Rome. (14 mars 2019)

Entre Invalides et Tour Eiffel …

Pour réaliser ce dessin sur une feuille de papier Carte d’Art de format A3, très résistante (340 grammes), j’ai eu recours à toutes sortes de matériaux : crayons de couleur, feutres, encre de Chine, pastel sec… Prix conseillé : 45 euros

Ce numéro, qui comprend 26 pages, brasse plus de 35 dessins, tous élaborés au cours de l’hiver. Certains ont été faits à même le trottoir ; d’autres à la terrasse de basseries.

( par Yann Le Houelleur )

Malgré le vent, la pluie, de froid, tous aussi détestables les uns que les autres, je n’ai pas cessé de dessiner pendant tout l’hiver. Certains jours, je m’installais carrément sur les trottoirs, d’autres jours, quand le froid s’exacerbait, je me réfugiais à la terrasse de brasseries, afin de tenir un objectif : un à trois dessins par jour.

Evidemment, la poursuite de ces « errances crayonnesques » à travers Paris pendant la mauvaise saison a exigés de lourds investissements qu’ont rendu possibles un prêt supplémentaire obtenu auprès de l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique) et la vente de plusieurs dessins, toujours à des prix réduits.

Toute une partie de ces esquisses et croquis sont regroupés dans l’édition n° 10 de « Paris en tous Sens » qui atteint 26 pages, soit dix de moins que la seconde version du numéro 9 éclose à la veille des fêtes de fin d’année. Cette édition « Spécial Fêtes de fin d’année » avait remporté un vif succès, parue à un moment où tant de foyers sont en quête de cadeaux originaux et personnalisés.

Alors, que sera la part de succès ou d’échec de ce numéro 10 ? Apparemment, la conjoncture, à cette é^poque de l’année, n’es pas aussi favorable à la vente de dessin par le biais du canal numérique, en raison d’un certain ralentissement de la consommation qu’il m’as semblé déceler.

Mais l’important, ce n’est pas tant de vendre des dessins par milliers ( !!!) que de maintenir un contact étroit et sincère avec toutes celles et tous ceux qui suivent attentivement l’évolution de mon travail. « Paris en tous Sens » est une initiative exigeant un travail démesuré mais il me paraît intéressant de montrer à mes acheteurs et amis que le style et le rendu des dessins évolue.

De plus en plus, je mélange plusieurs « matières » sur mes feuilles de papier Casson. Cet hiver, Ecumant les rayons de commerces spécialisés dans la vente de matériel pour artistes, j’ai repéré une nouvelle gamme d’encre aquarellage, Eco Line, un produit signé Talent. Les petits pots contant 30 ml de liquide vont de pair avec une famille de feutres aquarellables

C’est merveilleux de travailler avec du matériel de qualité. J’en profite pour remercier toutes celles et tous ceux qui m’aident et m’encouragent, certain allant précisément jusqu’à prendre en charge quelques uns de mes investissements dans l’acquisition d’un matériel de qualité.

 

Au sommaire de cette édition n° 10

Page 2 : Voici comment acheter un ou plusieurs dessins: Tous les dessins de Yann sont garantis 100 % en plein air

4 : « Où vas-tu aller dessiner aujourd’hui ?

7 à 17 : 33 dessins au choix

18 : Maintenant les dessins de Yann sont en vente chez Lavrut

19 : Votre maison mérite un dessin

20 : Flâneries crayonnesques avec OOKulture

23 : Exposition à Gennevilliers : la banlieue mise à l’honneur

25 : A vous tous ma gratitude

26 : Un grand « Merci » pour vos encouragements après une mésaventure narrée sur Facebook 

« Paris en tous Sens n° 10 » vient d’éclore

Et dire que le printemps est sensé éclore dans une dizaine de jours. A Paris, après s’être fait oublier pendant quelques jours, l’hiver est revenu en force. Et le dessinateur doit prendre ses précautions au cas où la pluie se mettrait à tomber soudain…

 

12 mars 2019



Quelle chance et quelle malédiction en même temps ! Chaque fois que des touristes me voient en compagnie d’un dessin de la tour Eiffel, ils désirent se l’approprier. Ainsi ai-je pu me rendre compte à quel point cette broderie de fer plus que centenaire fascine tous les peuples.

Il ne fait aucun doute que cette flèche de 300 mètres perçant la voûte céleste parisienne est le monument le plus apprécié même si pour un Parisien comme moi (toutefois, j’habite en proche banlieue) il est devenu d’une banalité sans précédent.

Franchement, je ne saurais dire si elle est belle ou non, mais j’ai observé une évidence : elle change d’aspect selon les endroits où on se pose pour en scruter les points de croix et raffinements en tout genre. 

Un pont au nom trompeur

L’endroit le plus propice à son observation est sans doute lez magnifique pont Alexandre III : la voilà qui s’élève accompagnée d’une flèche verte, en l’occurrence l’église américaine. En partie cachée par une grosse touffe d’arbres, elle est comme soulignée par le pont des Invalides, au nom trompeur puisque c’est en réalité le pont Alexandre III qui assure la liaison entre le rond point des Champs Elysées et l’esplanade des Invalides.

Ce mardi 13 mars, il me fallait absolument faire un dessin de la tour Eiffel, car je n’en ai presque plus dans les stocks. Pourtant, un vent plein de rancœur soufflait sur Paris, et il charriait des nuages fuligineux qui menaçaient d’éclater. La Seine était laquée d’un vert très émeraude très scintillait.

A une extrémité du pont (côté port des Champs-Elysées), un jeune vendeur de crêpes ne faisait pas recette, tant le flux des touristes était rare. C’est l’une des seules fois, peut-être, où je n’ai parlé à aucun passant, car le froid, le vent, la pluie menaçante n’incitaient pas à la conversation.

Malgré tout, je suis parvenu à le faire, ce dessin, et juste au moment où j’apposais ma signature, des gouttes d’eau froides commencèrent à me mettre de fort mauvaise humeur : il fallait décamper en quelques secondes…

Une bien triste journée…

Et dire que le printemps est sensé éclore dans une dizaine de jours. A Paris, après s’être fait oublier pendant quelques jours, l’hiver est revenu en force. Et le dessinateur doit prendre ses précautions au cas où la pluie se mettrait à tomber soudain…

 

12 mars 2019



Quelle chance et quelle malédiction en même temps ! Chaque fois que des touristes me voient en compagnie d’un dessin de la tour Eiffel, ils désirent se l’approprier. Ainsi ai-je pu me rendre compte à quel point cette broderie de fer plus que centenaire fascine tous les peuples.

Il ne fait aucun doute que cette flèche de 300 mètres perçant la voûte céleste parisienne est le monument le plus apprécié même si pour un Parisien comme moi (toutefois, j’habite en proche banlieue) il est devenu d’une banalité sans précédent.

Franchement, je ne saurais dire si elle est belle ou non, mais j’ai observé une évidence : elle change d’aspect selon les endroits où on se pose pour en scruter les points de croix et raffinements en tout genre. 

Un pont au nom trompeur

L’endroit le plus propice à son observation est sans doute lez magnifique pont Alexandre III : la voilà qui s’élève accompagnée d’une flèche verte, en l’occurrence l’église américaine. En partie cachée par une grosse touffe d’arbres, elle est comme soulignée par le pont des Invalides, au nom trompeur puisque c’est en réalité le pont Alexandre III qui assure la liaison entre le rond point des Champs Elysées et l’esplanade des Invalides.

Ce mardi 13 mars, il me fallait absolument faire un dessin de la tour Eiffel, car je n’en ai presque plus dans les stocks. Pourtant, un vent plein de rancœur soufflait sur Paris, et il charriait des nuages fuligineux qui menaçaient d’éclater. La Seine était laquée d’un vert très émeraude très scintillait.

A une extrémité du pont (côté port des Champs-Elysées), un jeune vendeur de crêpes ne faisait pas recette, tant le flux des touristes était rare. C’est l’une des seules fois, peut-être, où je n’ai parlé à aucun passant, car le froid, le vent, la pluie menaçante n’incitaient pas à la conversation.

Malgré tout, je suis parvenu à le faire, ce dessin, et juste au moment où j’apposais ma signature, des gouttes d’eau froides commencèrent à me mettre de fort mauvaise humeur : il fallait décamper en quelques secondes…

A Saint-Denis, au café de Place la vue est toujours imprenable sur la basilique

Dessin format A3 sur papier Carte d’Art 340 g la feuille élaboré avec des crayons « normaux » et aquarellables, des bâtons de cire grasse et de l’encre de Chine. (Si vous désirez l’acheter, ce sera, à titre indicatif, une cinquantaine d’euros.)


Cela faisait près de dix ans que je n’étais pas retourné dans ce bistrot de quartier. Il a bien changé car il n’est plus tenu par une vieille dame, Un monsieur d’origine algérienne, lui aussi âge, très affable, a repris l’affaire. Il en a fait un lieu propre, hospitalier et frémissant de discussions passionnées.

 

5 mars 2019


 

Pour acheter des pompes à un prix abordable, je croyais que la rue de la République, l’une des artères principales de Saint-Denis, était un endroit idéeal. Mais le commerce sait appâter la clientèle jeune avec des articles hyper branché qui, en réalité, s’avèrent hyper chers. Dans cette ville qui par maints aspects a beaucoup de charme, la jeunesse est foisonnante. Et la rue de la République est destinée, en grande partie, aux adolescents qui peuvent y trouver toutes les griffes leur donnant un certain statut au sein d’une société obsédée par le paraître.

Alors, m’offrir une paire de baskets à 100 euros : pas question. En définitive, la seule boutique qui m’a convenu est un « magasins discount » où presque tous les modèles sont en promotion. Maintenant, je me déplace avec une paire de Nike rouge, sans prétention mais assez mignonne, qui me vaut des compliments. Elle m’a coûté 45 euros.

Un troquet jadis suranné

Après cet achat indispensable, il était temps de faire un dessin car pas une journée ne doit s’écouler sans que j’en exécute au moins un. Tout au fond de la rue de la République scintille l’horloge comportant une bordure à la feuille d’or restaurée, assez récemment, tout comme l’ensemble de la façade de la basilique de Saint Denis.

Finalement, je me dirigeais, sur une place jouxtant le parvis de la basilique, vers un café dont j’avais gardé un curieux souvenir. Alors de retour en France après quinze ans au Brésil, je m’étais aventuré, un matin, en 2010, à Saint Denis, et je m’étais réfugié dans un troquet suranné : tout en bois, sol en terre battue, poussière s’accumulant sur des bibelots et un chat qui tenait compagnie à la patronne, une dame âgée. Celle-ci se plaignait de la délinquance proliférant dans cette préfecture. Evidemment, j’étais allé m’asseoir dans ce café pour dessiner la cathédrale au chaud : c’était l’hiver et un vieux poêle ronronnait tandis qu’un chat se frottait à mes jambes.

Sept siècles d'écart

Neuf ans plus tard, ce bistrot était toujours là, avec le même nom : Café de la Place. D’abord, malgré la fraîcheur du climat, je me mis à la terrasse où se côtoient seulement deux tables. J’avais peu de temps pour la dessiner, la basilique, tout comme l’hôtel de ville se dressant à sa droite. Un magnifique bâtiment, datant du second Empire, s’inspirant plutôt de la Renaissance. Entre l’hôtel de Ville et la basilique : près de sept siècles de différence quant à leur construction !

Alors que je démarrais mon dessin, la serveuse du café, Norma, m’observait attentivement, à la fois fière et hospitalière. Je notais qu’elle connaissait un peu tous les passants. Elle m’expliqua que la vieille dame  - qui possédait ce café avec sa sœur – avait fini par s’en délester… et le patron actuel est un monsieur lui aussi âgé, d’une gentillesse exquise, d’origine  - semble-t-il -  algérienne. « Vous ne voudriez pas faire un portrait de mon patron ? » me demanda Norma. Je rétorquais : « Mes compétences en dessin se limitent à l’architecture ». 

Un acte terroriste

Une heure après, vers 18 h 30, un froid mordant s’empara de la place, un vent aigre se mit à tourmenter les passants et je n’avais qu’une solution : occuper une table à l’intérieur du café. Comme il avait changé, ce bistrot ! Désormais, les murs étaient revêtus de carreaux de faïence blanche et la décoration se résumait à quelques images. Derrière le comptoir s’alignaient maintes bouteilles de liqueur.  Bref, l’endroit était humble mais propre, clair et animé. « Animé » car dans la salle, de nombreux Français d’origine nord-africaine discutaient  - en français, principalement – de l’actualité. Aucune femme, mis à part Norma.

Ces consommateurs avaient l’œil rivé sur un écran de télévision qui diffusait des reportages, émanant de BFMTV, une actualité dominée par un acte terroriste (survenu le matin même) dans une prison parmi les plus sécurisées de France, Condé sur Sarthe. L’interprétation que ces consommateurs faisaient d’un aussi grave événement (deux surveillants blessé, la femme du terroriste tuée) était plutôt troublante : c’était  - avançaient-ils -   un coup monté destiné à détourner les médias de la trop grande importance accordée aux Gilets jaune et éventuellement destiné à discréditer la communauté musulmane.

Mais le patron, râblé, moustache blanche et regard vif, n’était pas de cet avis. Il appelait ses amis les clients à davantage de modération dans leurs propos. Enfin, c’est bien ce que j’ai cru comprendre.

Alors que la nuit était déjà tombée, je poursuivais mon dessin comme s’il faisait encore jour : j’avais emmené avec moi des petites pots d’encre de Chine qui furent largement mis à contribution sur un bloc de papier dont les feuilles, fort heureusement, font 34 gramme chacune. Hélas, si elles absorbent bien mes matériaux tels que feutres, encre de Chine, elles ne se prêtent pas vrillent aux trait de crayons qui n’y sont pas mis en valeur.

 Yann Le Houelleur

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Commentaires

Hier | 18:55

Coucou Yann c'est bruno
Un ptit coucou que je trouve super ton site
Bonjour a sheriff
A bientôt
Bruno de Henri MUSLER toujours a VH

...
18.07 | 04:10

You can send me your email address too. Thanks

...
17.07 | 20:08

Do you have WhatsApp we met 2 weeks ago. Thanks!!

...
16.04 | 11:31

C'est à côté de notre dame de Paris que nous avions passez un moment à bavarder, il me semble même que ce soir là, elle était même votre modèle...
Une pensée.

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