Au Fil des Jours - 3

L’été dans toute sa splendeur illusoire

(12 juin 2014)  -  A l’heure de la pause, des hommes d’affaires et des employées de bureau tirés à quatre épingles viennent s’assoir sur les bancs, dévorant un sandwiche tout en émiettant des potins. Ils cotoient  - non sans les ignorer superbement -  des touristes qui font une halte, ici-même, venus palper l’atmosphère de «la plus belle avenue du monde», les Champs Elysées. (La plus belle, vraiment? On peut en douter, tant elle a perdu de son âme.) Certains sont allés visiter une exposition au Grand ou au Petit Palais tout proches.

Voilà un jardin bien différent des autres espaces verts parisiens, tant on y entre librement, aucune barrière ou portillon n’étant à pousser. Conçu à la manière d’un jardin à l’anglaise, il fut inauguré en 1840.

D’aspect imposant, le théâtre Marigny étale l’ocre de ses hautes façades un peu trop sobres, tandis qu’une fontaine, au milieu du Carré Marigny, démêle inlassablement ses tresses d’argent. En réalité, la Fontaine du Cirque, appelée aussi Fontaine des Quatre Saisons, tout à la fois majestueuse et gracieuse. Soutenant la vasque supérieure ornée d’un panache blanc : quatre enfants s’avérant chacune l’allégorie d’une saison.

A quelle saison, précisément, faut-il admirer les arbres qui s’épanouissent en ces lieux? En automne, comme partout ailleurs, il s’y joue une symphonie de couleurs sublimes. Mais en été, l’éventail des tonalités se fait tout aussi fécond. Car seuls des yeux insensibles peuvent ignorer à quel point le vert est une couleur insaisissable tant elle constitue une gamme illimitée de variantes. Certains arbres ont des filaments de jaunes incrustés dans leur plumage alors que d’autres virent au bleu sombre.

Le vert est tantôt joyeux, tantôt lugubre. Selon l’ensoleillement et la luminosité il peut devenir source de régénération spirituelle ou générateur d’inquiétudes. De surcroît, les arbres ne se présentent jamais comme des «masses» uniformes: ils sont pleins de nuances dans la déclinaison de leurs toisons tout en donnant, souvent, l’impression de se fragmenter en vaguelettes superposées, tel un océan façonné par les vents ou une sculpture taillée par un artiste capricieux et minutieux.

Incarnant la plénitude et l’opulence, l’été n’en est pas moins une saison par certains aspects inquiétante, quand les jours s’étirent à volonté : tant de soleil éclaboussé donne une illusion de conquête d’un temps soudain apprivoisé…mais ces longues journées ne tarderont pas à décroître à un rythme de plus en plus accéléré, jetant les âmes dans les affres d’un hiver reflétant la précarité de notre condition humaine.

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Commentaires

19.06 | 07:03

Bonjour Yann, pas de nouvelles depuis mars 2020 ! Comment vas-tu ?

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17.11 | 04:01

Bonjour Bruno! Merci, nous sommes voisins... Je n'arrive pas à "voir qui vous êtes" si toutefois vous habitez aussi la grande barre Victor Hugo à Gennevilliers!

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14.11 | 18:55

Coucou Yann c'est bruno
Un ptit coucou que je trouve super ton site
Bonjour a sheriff
A bientôt
Bruno de Henri MUSLER toujours a VH

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18.07 | 04:10

You can send me your email address too. Thanks

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