Un atelier à ciel ouvert

Un de mes premiers dessins faits à mon retour à Paris, en 2007: le parc de Sceaux en hiver, à moins d'une demi-heure de la capitale par le RER.

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Paris, source
intarissable
d’inspiration



Qu’on me pardonne : mon enthousiasme pour Paris est sans doute exagéré, mais j’ai vécu longtemps loin de mon pays, de mes racines. Ce qu’on a coutume d’appeler «la plus belle ville au monde» m’avait terriblement manqué.

Exilé dans un pays lointain, où je menais des projets à cheval sur la culture et le journalisme (avec l’appui des autorités françaises, dois-préciser), je sentais mon cœur se serrer quand des amis, des autochtones, prenaient l’avion pour Paris. Ils allaient visiter «ma» ville, que je connaissais de moins en moins et où je pensais ne plus avoir l’occasion de retourner. J’étais prisonnier dans une mégalopole tentaculaire, à l’autre bout du monde, dont je ne pouvais plus me dépêtrer.

Et voilà que des drames survenus brusquement m’ont obligé à quitter le pays où j’avais élu domicile, pour retourner en catastrophe - début 2007 - en France.

Sans les émotions et le réconfort que m’a procurés Paris, apaisant mes souffrances par la beauté, le charme de tant de lieux, je n’aurais pas survécu. Paris est le meilleur endroit au monde, je présume, pour accomplir une convalescence quand on est fatigué des tourments du monde et même écorché au fond de son cœur. Même si tant de Parisiens sont des adeptes du stress, même si les rames de métro sont si souvent pleines comme des œufs, même si la propreté laisse à désirer ici et là, il y a toujours, en principe, de quoi se raccrocher à la vie et tuer l’ennui !

Pour un esprit curieux, capable de s’intéresser à diverses choses, Paris est une source intarissable de remise en forme et de remise à niveau des connaissances générales.

Paris est avant tout le narrateur de fragments considérables de l’histoire de France comme du monde. Elle a gardé des traces, des témoignages d’un peu toutes les époques. Même si les jeunes gens, abreuvés de bouillie numérique, sont devenus pour la plupart oublieux de l'histoire de France, les autorités veillent à cultiver la mémoire collective en matière de patrimoine et d'architecture. Volonté politique de préserver ce fabuleux patrimoine mêlant des époques et des personnalités si diverses, un trésor offert aux aspirations de millions de touristes.
D'ailleurs, nombre de pays nous envient cette capacité de mettre en valeur nos richesses architecturales, historiques, artistiques et culturelles.

Aussitôt replongé dans la réalité et la diversité parisienne, j’ai éprouvé l’envie de restituer, simplement, le bonheur que j’éprouvais à redécouvrir ma ville, après tant d’années d’absence. C’était comme une renaissance personnelle, loin d’une trop dévorante effervescence. Crayons en poche, blocs de papier à la main, je m’asseyais à la terrasse de cafés pour capter des contrastes architecturaux, des jeux de perspectives, des vibrations de toute sorte, des atmosphères urbaines.

Je passais des heures à m’émerveiller, tout en écoutant les Parisiens bavarder autour de moi. Toutes mes maigres économies passaient dans l’achat de crayons, de stylos, de papier… Il m’est arrivé, par chance, que des étrangers veuillent m’acheter, sur le champ, des dessins qu’ils me voyaient élaborer, et que je n'ai pas vendus car j'ai la manie de scanner mes croquis. (Manie sans laquelle ce site n’existerait pas…)

Puis je suis reparti sous d’autres cieux, pendant quelques mois, pour y exposer une partie de ces dessins. Je suis revenu à Paris. J’ai retrouvé un travail, mais éphémère, avant de retomber dans la trappe du chômage. Malgré la déprime qu'exacerbe le sentiment de se sentir soudain inutile, je n'ai pas arrêté de créer, m’informer, me documenter, m’intéresser aux autres.
L’envie de dessiner, de m’imprégner de Paris ne m’a  - Dieu merci ! - jamais abandonné.

Un cri du cœur, effectivement, mêlé à des coups de crayons. Le bonheur de m’approprier un peu de cette ville qui était pour moi comme un mirage quand je me trouvais à 10.000 km d’elle ; le plaisir aussi de nouer des discussions, assez fréquentes, avec des personnes qui s’étonnent de voir un monsieur se dédier à des activités si rudimentaires, à l’heure où pour créer il faut absolument recourir à des outils «high tech» et disposer d’un atelier.

Or, la rue est mon atelier! Rien ne me donne plus de joie que de m'assoir, un jour de pluie, dans une salle de café et m'inspirer de ce que je vois en face de moi, pour autant que le paysage soit éloquent. Mais s’il fait soleil au dehors, je suis encore plus comblé d’aise, car j’aime capter les jeux d’ombre et de lumière tout au long des journées d’été si élastiques.

Et c’est peut-être ce qui me plait le plus : le dessin, un prétexte pour me maintenir en vie, pour échapper au naufrage, pour faire des rencontres, pour découvrir ce qu’est vraiment Paris, ville si éclectique et cosmopolite où l'on respire à la fois le confort d'être bien chez soi et où le monde entier s'est donné rendez-vous.

Y. Le Houelleur

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Patrick Canhan | Réponse 14.06.2016 14.36

Né à Belleville et aimant ton travail : https://www.flickr.com/photos/patpardon/collections/72157627544273902/

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Commentaires

22.10 | 23:40

Bonjour on c'est parle pour venir dessiner la devanture de ma boutique
Merci et bravo pour votre talent
Votre travail me fait penser à dessins Tobiasse
Cecile

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06.07 | 17:58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

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21.03 | 20:48

rès beau travail Yann !!! le texte va bien avec tes dessins , tu fais vivre Paris comme dans un carnet de voyage ! en fait tu nous fais partager tes voyages

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18.03 | 23:18

Je ne saurais dire ce que j'apprécie le plus : les textes ou les dessins ? Un choix difficile les deux étant d'une excellente qualité ! Merci pour ces pages !

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