Octobre 2017

METRO ABBESSES - Avec l’approche de l’hiver, il faut dessiner plus vite encore… A peine avais-je commencé ce dessin de l’édicule du métro Abbesses et la nuit l’enveloppait de son sombre manteau, de sorte que j’ai terminé le croquis dans l’ombre… Mais le dessinateur a feint de ne pas se rendre compte que le jour s’en était allé : du vrai trompe-l’œil ! (4 octobre 2017)
LE MOULIN ROUGE – Toujours un enchantement que de faire une longue pause à la terrasse du Rouge bis… face au Moulin Rouge. Il arrive que des consommateurs, intrigués, me demande ce que je fais et m’en achètent un… Les serveurs sont aux petits soins pour moi et je leur sais gré de tolérer, ainsi, mon encombrante présence. (5 octobre 2017)
RUE DE BUCI - Pardon pour la mauvaise qualité de la reproduction de ce dessin : je n’ai pu le scanner comme les autres car un passant a voulu me l’acheter alors que je dessinais assis à la terrasse de la Maison Sauvage. Merci Amédée de m’avoir permis de le photographier. Ceci dit, l’idée était d’exprimer la joie de vivre qu’inspire cette rue plutôt branchée de Paris, avec des cafés et des commerces blottis les uns contre les autres. Un endroit toujours en effervescence dans ce si beau quartier de Saint-Germain. (29 septembre 2017)

Paris, c’est aussi ma fête… et merci à tous !

L’été se termine vraiment, et pourtant je suis encore plein de ces rayons de soleil que tant de gens m’ont communiqués alors que je dessinais dans les rues de la capitale. Que de belles rencontres égrenées dans tant de quartier, en plein air ! Alors, au diable les ennuis avec la mairie de Paris : ce ne sont pas des agents féroces qui m’empêcheront de continuer à prendre part à la fête.


 

Samedi 30 septembre 2017


 

L’art qui donne de la joie : c’est peut-être la plus belle chose qu’on puisse faire. Sans de prendre la tête. Mais avec l’entêtement que suscite le désir d’un travail bien fait et fondé sur le cœur. A intervalles réguliers, quand je dessine dans la rue, des passants, en particuliers des touristes, me demandent de leur montrer des dessins. Cela m’a valu des ennuis de la part de la Mairie de Paris… mais si j’ai envie d’errer dans la capitale avec un sac à dos bourré de dessins, je n’y vois pas l’ombre d’une infraction à quoi que ce soit.

Quand je montre mes dessins, j’ai l’impression d’être un pâtissier confiseur veillant sur un assortiment de douceurs aux saveurs différentes mais toutes vouée à faire frétiller les papilles. Ou si vous préférez, les neurones. Mes interlocuteurs les regardent en salivant des yeux, fascinés par cette fête permanente de la couleur à laquelle je m’abandonne. Mais avant tout, je veille à la spontanéité du trait, souci prenant toujours le dessus.

Et même s’ils ont un air de famille, mes dessins sont tous différents. Certains plus légers. D’autres plus chargés, En réalité, faire un dessins sur le vif, c’est improviser une harmonie entre un paysage (dans mon cas, un morceau de ville) et son état mental et émotionnel au présent. Il y a des jours où je laisse transpercer plus de joie qu’à l’accoutumée, d’autres en revanche où la dureté, l’âpreté des traits reflètent une certaine rage… la rage de vivre.

 

Pétillantes et élégantes

Ce samedi, dernier jour de septembre, quelle ne fut pas ma joie de me voir abordé par deux Parisiens, tous d’eux d’origine algérienne, dont l’un est un écrivain. Ils déambulaient dans Paris en compagnie de deux jeunes femmes américaines, pétillantes et élégantes, habitant respectivement Dallas et Boston. Ce fut une splendide rencontre, avec des personnes ultra positives comme j’en rencontre beaucoup lorsque je dessine.

Ces Américaines furent enchantées quand je leur avouais à quel point j’aurais aimé connaître leur pays. Je ne suis jamais allé aux USA et pourtant, grâce à tous ces Américain(e)s rencontrés à Paris, si chaleureux et si épanouis, il me semble que j’ai fait le tour des USA. Mais je ne vis pas cela comme un drame : mes dessins voyagent à ma place, et c’est formidable.

L’un de ces jeunes femmes, celle vivant à Dallas, me fit part de son amour pour la France. Elle travaille au sein d’une société spécialisée dans la bijouterie, et elle se rend souvent en Europe. « Je suis malheureuse quand je me sens coupée de votre pays », me confia-t-elle en choisissant un dessin fait quelques jours plus tôt… l’une des deux fontaines répandant leur allégresse bleutée aux abords du Palais Royal. « C’est difficile de vivre dans une ville comme Dallas, où il presque tous sont obsédés par le matérialisme et où il n’y a pas de patrimoine historique comme chez vous… »

Quelle chance de vivre dans un pays comme la France où nos ancêtres ont laissé tant de belles choses qui témoignent le génie d’un peuple si fier, en définitive, de ses racines. Paris est une fête, et je suis fier de pouvoir y participer à ma manière.

PLACE CAMBRONNE - Vu depuis le Café de la Place : le pont qui permet aux rames de la ligne de métro n° 6 de prendre un bol d’ « air frais ». Assurément, c’est l’une des curiosités qu’offre Paris où les sujets d’inspiration, pour un dessinateur, s’avèrent pléthoriques. (30 septembre 2017)

Montmartre: en proie à la brutalité des agents de la mairie de Paris

Le dessin accompagnant cet article a été fait, en réalité, le 10 juillet 2017. Cela m’amuse de refaire, de temps en temps, les « mêmes dessins » pour voir comment évolue le coup de crayon.

Etre abordé par une femme et trois hommes féroces et grossiers : telles fut ma « surprise » quand je dessinais en contrebas de la basilique de Montmartre. Ils ne pensaient qu’à ça : m’infliger et une amende. Ils ont voulu me forcer à me remettre une pièce d’identité, ce qui n’est pas de leur compétence. Oui, la mairie de Paris dispose d’un service d’ordre qui par ses méthodes s’assimile à un Etat autoritaire, une vraie dictature !

 

27 septembre 2017


 

 

Dessiner à l’air libre. Cela me permet d’égrener de belles rencontres. Parfois aussi, quelques égratignures troublent ce curieux cheminement.
Place Colette, un lundi soir, au pied de la Comédie Française, je dessinais une colonne Morris frayant avec un reverbère quand un astrologue vint me parler. Habitant à Dijon, il s’intéressa à mon parcours et me fit quelques prévision en consultant des cartes du ciel sur l’écran de son smartphone.
Il paraît que mai prochain sera, grâce à Uranus, un temps fort de mon existence.

Mais l’astrologue ne me prévint pas que le lendemain (26 avril), j’allais vivre sous l’emprise de planètes en apparence fortement agitées. 


Proie facile
 

Pour la seconde fois en moins d’un an, un mardi donc, j’eus à faire aux agents de la sécurité de la Mairie de Paris. Un moment très vexant, qui me confirma à quels point ces agents sont d’une brutalité sans pareille, leur façon de parler et d’exercer des pressions sur les personnes « interpelées » s’apparentant à des méthodes dignes d’une police d’Etat.

Je dessinais, tout simplement, dans le jardin en pente que surplombe la basilique du Sacré Chœur. Reproduire cette église est un exercice ardu en raison de ses proportions et de la mixité des styles architecturaux. Comme d’habitude, j’avais posé à côté de moi un carton avec quelques dessins, au cas où des touristes se montreraient curieux…
Au bout de quinze minutes, quatre « individus » m’encerclèrent. Une femme d’origine antillaise me demanda de partir. Un peu distrait, je lui dis que « non », car rien ne m’interdisait de dessiner en cet endroit. Un homme corpulent, très agressif, sans même me saluer, me réclama ma pièce d’identité. Je compris, alors, que ces employés de la Mairie avaient l’intention de me nuire sérieusement.

Bien entendu, il n’avait pas « importuné » les Africains qui, ici comme ailleurs, font commerce d’un peu tout. Ils s’en prirent à moi, sans doute parce que j’étais une proie facile.

Leur grossièreté, leur manque de courtoisie m’a fait horreur, moi qui ai une toute autre éducation. Leur méchanceté aussi, à tel point qu’à un certain moment la femme, se cachant derrière un collègue, a éclaté de rire comme pour se moquer de moi.

Pas question de signer 

J’ai refusé de présenter ma carte d’identité. Alors, ils ont appelé du renfort… une patrouille de policiers qui, eux, se sont montrés bienveillants, me demandant toutefois ma pièce d’identité, ordre auquel je me plié. L’ennui est qu’ils ont transmis les informations figurant sur celle-ci aux agents de la Mairie puisque l’homme si agressif m’a demandé après avoir utilisé une tablette : « Voulez-vous signer ?»

Et je n’ai pas signé. Bien entendu, l’obsession  - et la jouissance -  des agents de la mairie est d’infliger des amendes, toujours des amendes, sans même prendre le temps de savoir ce qui se passe, pourquoi une personne est là, face à eux. Aucune discussion possible, aucune interrogatoire. L’un d’entre eux est allé jusqu’à m’accuser de vouloir faire du scandale pour semer la zizanie.

Vous n’avez pas honte ? 

J’ai profité de la circonstance pour dire à ces messieurs de la Mairie la honte que m’inspire leur conduite, eux qui m’ont traité comme un vulgaire bandit. Mes dessins, quand j’en vends, je les déclare dûment, contrairement à tous ceux dont ils couvrent les agissements, et je pourrais en raconter des tonnes… A 56 ans, moi un artiste qui émerveille bien des gens, me faire traiter ainsi relève d’une violence que j’estime inadmissible. Je les plains d’exercer un métier où le cœur compte si peu et qui leur permet d’emblée, sans la moindre discussion, avec une férocité inimaginable, de condamner un inconnu tout simplement, sans doute, parce qu’ordre leur est donné de faire du chiffre. 

En fait, des touristes américains, me voyant dessiner, m’ont demandé si je vendais des dessins. Et c’est à ce moment là que les agents m’ont foncé dessus. Je leur en ai montré quelques-uns, comme je pourrais le faire en n’importe quel endroit.  Ils ont assisté à cette scène, qui leur laissera un certain souvenir de Paris, et nous avons repris notre discussion plus loin dans la rue, quelques minutes plus tard.
Mais non, je ne vends pas de la came, des objets issus de la contrefaçon ou volés : je suis un artiste, tout bêtement, et on me traite comme un malfrat.

Merci la Mairie de Paris pour cette humiliation en public ! Paris la ville des Arts, soi-disant en passant… 
 

                                                                                                                                       Yann Le Houelleur 

 

LES DEUX MAGOTS - Mythique, ce resto ! La terrasse est toujours pleine de monde et le clocher de Saint Germain des Prés, inlassablement, monte la garde. Rien à craindre, même quand un dessinateur s’assied sur le trottoir pour croquer un tel monde… (20 septembre 2017)

Saint Germain des Prés : belles rencontres au pied du clocher

Ce dessin a été fait le lendemain de ma rencontre avec Charles. Cette fois-ci, j’ai eu le temps d’esquisser les bâtiments qui encerclent le clocher, dont une porte (à gauche) assez impressionnante.

Des maraudeurs m’ont pris pour un SDF à l’angle de la rue de Rennes et du boulevard Saint Germain, peu après la tombée de la nuit. Puis ce fut au tour de Charles, un entrepreneur suisse, de venir à ma rencontre… désireux d’emporter avec lui le dessin, non terminé, d’un clocher qu’il voit depuis les fenêtres de son appartement.

 

 

 

 

 

 

 

 

19 et 20 septembre 2017


 


Il est 20 heures environ. Austère, sobre et d’un tout autre âge, le clocher de l’église Saint Germain des Prés prolonge le jour, défie la nuit grâce aux spots qui l’éclaboussent d’une lumière pléthorique.

L’envie me prend, tout naturellement, de le dessiner, le dos appuyé contre la vitrine d’un magasin luxueux au carrefour du boulevard Saint Germain. Quelques mètres plus loin, un SDF recueille ses derniers écus avant de prendre la clef des champs. Deux jeunes gens font une maraude, bénévoles itinérants de la Conférence Saint Vincent de Paul. Ils me proposent café, thé ou tisane : dans leurs sacs s’entrechoquent des thermos. Non, je ne suis pas un SDF, mais il est vrai que la rue (ses surprises, ses coups de cœur et ses coups durs) je l’aime à tel point que je m’y sens bien, comme chez moi.

Ils en ont de la générosité à « revendre » ! L’un est juriste, l’autre supervise des projets dans une entreprise de BTP. Ils pourraient tout aussi bien se repaître de télévision et de festivités en tout genre : non, ils ont choisi d’aller à la rencontre des nécessiteux, sous l’égide de ce clocher qui va me faire vivre l’une des plus belles aventures d’un été frénétique sur le point de s’achever.


Soudain, un homme de petite taille, tout sourire, m’observe et s’approche de moi. Vêtu de couleurs vives, d’une grande jeunesse d’esprit (cela crève les yeux)… jeunesse éternelle puisqu’il avoue avoir plus de 70 ans. Il vient de descendre de son appartement, juste au dessus, intrigué par ce dessinateur en train de reproduire un clocher dont il apprécie tant la compagnie. J’apprendrai, par la suite, que Charles est un entrepreneur cosmopolite possédant plusieurs points d’ancrage dans divers pays et séjournant à Paris quelques semaines seulement chaque année.

« Très bien comme ça » 

«Votre dessin, je le veux.» Pourtant, je n’ai dessiné que le clocher et tout le reste, autour, il me faut encore l’esquisser malgré de grosses zones d’obscurité. Mais Charles n’en démord pas : « Votre clocher est très bien comme ça, n’y touchez plus… » Et il me remet, spontanément, un assez gros billet, beaucoup trop pour un si modeste dessin, à tel point que je lui offre un croquis, quant à lui achevé, fait une heure plus tôt face à la terrasse des Deux Magots.

En réalité, Charles est né à Genève, tout comme moi… D’une modestie inoxydable, il m’a dit qu’étant jeune il était considéré comme « un raté à tout point de vue ». Mais il a fort bien mené sa barque, toujours sur le pont en train de manier un gouvernail qui le fait voguer d’un pays à un autre.

Le lendemain, quand nous nous reverrons à la terrasse de la Palette, rue de Seine, je découvrirai qu’il a un pied à terre dans l’état brésilien du Minas Gerais… Encore une coïncidence : il adore le Brésil, la simplicité des habitants de la région tout autour d’Ouro Preto, et j’ai consommé quinze ans de ma vie dans ce pays à la fois formidable et redoutable.

Merci Charles d’avoir éclairé ainsi mon chemin avec votre culture, humanisme et générosité.

Et à bientôt quand vous repasserez à Paris !

RUE DE SEINE - Reliant le quai Conti au boulevard Saint Germain, la rue de Seine réserve de belles surprises, en termes d’architecture et de galeries d’art, lesquelles sont pléthoriques. Face au square Gabriel Pierné, cette porte signale un hôtel particulier. (Dessin fait le 10 décembre 2017)
PLACE DU PALAIS ROYAL : Entre deux averses, ce dessin a pris forme… jusqu’au moment où des trombes d’eau, à nouveau, se sont mises à tomber. Ainsi n’est-il pas trop chargé ! Une fois de plus, j’ai échappé au pire dans les rues de Paris. (12 septembre 2017)

Expulsé de la Cour carrée du Louvre…

Ce dessin a été fait en deux fois : commencé le 14 septembre, et interrompu à cause des incidents ci-dessous relatés, il a été terminé quatre jours plus tard. (Format A4)

 

Hélas, il existe des agents de la sécurité odieux et mal élevés, comme ce « type » qui m’a pris de haut, gâchant par ses paroles ineptes une journée par ailleurs trop pluvieuse.

 

14 septembre 2017


 

Ce dessin n’est assurément pas des plus réussis, mais il a une signification particulière pour son auteur, avec le goût amer d’une très mauvaise rencontre.

Par un jour de pluie, l’idée m’était venue de me réfugier sous l’une des voûtes servant d’entrée (et de sortie) en la cour carrée du Louvre. Comme je le fais souvent, j’avais déplié un carton à dessins, format raisin, où étaient scotchés quelques récents croquis.
Non loin de mois, un Africain proposait aux touristes des minis tours Eiffel, certaines argentées, d’autres dorées.
Il me dit : « Au moins, tu n’as à avoir peur des policiers car on voit bien que ce sont des dessins faits par toi… »

Soudain, deux salariés de la société assurant la sécurité sur le site du Louvre m’interpellèrent. « Vous n’avez pas d’autorisation pour faire ça ici. Partez donc !» L’un d’entre eux avait l’air rogue et coriace. Il me traita avec un mépris qu’évidemment je n’étais pas enclin à tolérer.

Alors, je lui fis observer que notre nouveau président, Emmanuel Macron, avait qualifié les Français de « fainéants » quelques jours auparavant. « Voyez-vous, si j’étais fainéant, je ne dessinerais pas ainsi car je travaille beaucoup pour produire des images de qualité… Alors, soyez du côté de ceux qui bossent pour s’insérer dans la société plutôt que de les malmener comme vous le faites avec moi. » Soit dit en passant, ces deux hommes venaient d’expulser un flûtiste venu enchanter la foule.
Aucune considération pour les artistes ! 

Complicité
 
Le « rogue et coriace » commença à me parler de salaires qu’il percevait et qui étaient le fruit de son travail. « Vous n’avez qu’à faire en sorte d’avoir un salaire », m’agaça-t-il. Paroles ridicules de la part d’un monsieur travaillant dans ce foyer rayonnant des arts qu’est le Louvre.

Entre parenthèses, l’on vend un peu de tout au Louvre comme en d’autres sites touristiques, à la sauvette, et si les services de gardiennage avaient décidé de mettre fin à ce commerce, il y a longtemps que cela se saurait. A plusieurs reprises (car il m’arrive assez fréquemment de dessiner au Louvre) j’ai observé pas mal de trucs bizarres… Complicité entre certains agents et les gestionnaires des réseaux qui vendent des trucs made in Asia, entre autres des mini tours Eiffel.

 

Magouilles

Mais les artistes, en tout cas moi (et le flûtiste), sont traités à la dure comme des mécréants. Leur présence perturbe certaines magouilles. La vérité, c’est qu’un artiste authentique produit lui-même ce qu’il fait, finance ses réalisations par l’achat de matériel de travail (soumis à la TVA), contrairement aux vendeurs de camelote en tout genre dont la sueur rapporte de l’argent à d’obscures mafias.

Menaçant d’appeler la police, le « monsieur sécurité » devint si odieux que je consentais à m’en aller pour ne pus subir ses commentaires teintés de suffisance. Je préférais aller me changer les idées sur le pont des Arts. Mais la météo n’était pas de cet avis. Soudain, des trombes d’eau se mirent à dégringoler et trois dessins furent défigurés car je n’avais pas eu le temps de tout remballer dans le calme.

Si j’étais resté au Louvre, cela ne se serait pas produit. Penser que des artistes sont si mal traités dans un tel endroit, quel paradoxe impressionnant !

Yann Le Houelleur

Tant de rencontres en dessinant ce bel immeuble…

Une américaine vivant dans un ranch. Un sud-africain rénovant des appartements. Un toxicomane faisant la manche… Je n’ai pas arrêté de « recevoir des visites » tout en faisant ce croquis à la terrasse d’un café, rue Beaubourg !

 

16 septembre 2017


 

Comme il peut s’en passer des choses, se nouer de rencontres pendant l’élaboration d’un « simple » dessin ! Ce samedi en début d’après-midi, le ciel se marbrait de mauve et de gris. Averses à redouter… Mieux valait dessiner à l’abri, en l’occurrence sur la terrasse d’un café tenu par des Asiatiques, rue Beaubourg.
Un peu plus loin, de l’autre côté de la rue, un immeuble happe le regard, ses façades dégoulinant d’ornements, de sculptures, de consoles, de volutes…De style haussmannien, il allie la rigueur et la fantaisie, mais il semble s’inspirer davantage du baroque.

A peine avais-je esquissé l’une des coupoles surplombant l’immeuble quand une dame, coquette et maquillée sans excès, me dévisagea avec bienveillance. Elle était américaine, et comme la plupart de ses compatriotes visitant Paris elle affichait une décontraction matinée de spontanéité. « J’habite un ranch dans l’état du Wyoming et ma ville fait 5.000 habitants seulement », m’expliqua-t-elle après avoir pris place sur une chaise attenante à la mienne. Elle était retraitée, se consacrant à la peinture, et elle fit défiler, sur l’écran de son smartphone, des aquarelles élaborées par elle, dont renard d’une exquise rousseur. « Il y a plein d’animaux dans notre ranch. »

Trop brève conversation : elle désirait visiter le centre culturel Georges Pompidou.
C’est alors qu’un monsieur, lui aussi nanti d’un accent anglais, m’adressa des compliments, mais il n’était pas du tout un touriste. D’origine sud-africaine, il s’occupait d’un chantier au premier étage de l’immeuble que je croquais, chargé de repeindre un appartement. 

Héroïne tous les jours

Puis ce fut un inconnu bien différent qui m’aborda. Un visage jadis fort beau, dévasté par la maladie, et plus qu’une seule dent en place : ce cinquantenaire, Jean-Philippe, me dit avoir été dessinateur il y a longtemps. Mais il avait sombré dans la toxicomanie : injection d’héroïne tous les jours, une addiction qui l’avait amené à subir une longue hospitalisation. Sa voix reflétait la tristesse et même la détresse. Il n’avait plus vraiment le sens des réalités : « Ton dessin, il est magnifique, et tu vas le vendre au moins mille euros… » Il tomba des nues en apprenant qu’au-delà de vingt euros les touristes n’achètent pas de tels croquis…

Je lui offris un café, et il me demanda si je pouvais lui donner le dessin sur le point d’être achevé. Ce détail me fit comprendre qu’il cherchait toujours de l’argent pour se payer ses doses à cinq euros : mon dessin, en suis-je persuadé, il aurait cherché à le vendre. Jean-Philippe ajouta : « Je me suis promis d’arrêter de me droguer mais mon corps réclame sa dose… »
Aussitôt parti, quelques mètres plus loin il commença à demander aux passants de l’argent. Quel triste destin que celui de Jean-Philippe, semblable à tant d’autres dans cette ville de Paris où ils sont toujours plus nombreux à faire la manche et à dormir à la belle étoile.

NOTRE DAME : Chaque jour, surtout à la tombée de la nuit, la cathédrale est prise en photo par des centaines de touristes admirant sa splendeur et sa majesté avec les belles couleurs pastel de la Seine striée de ponts. Mais il arrive qu’un dessinateur soit dans les parages, voyant Notre Dame sous un autre angle… (16 septembre 2017)

Un promoteur artistique bien mal élevé…

Le restaurant l’Atlas où aurait dû se produire le rendez-vous…

 

Cela ne m’ennuie pas de vendre mes dessins bon marché quand les intéressés disent ne pas avoir les moyens. L’art, c’est aussi la générosité ! Par contre, quand un promoteur artistique se comporte de manière désinvolte, je n’hésite pas à témoigner mon indignation.

 

13 septembre 2017 


 

Aucun doute : même si des personnes, dans la rue, m’assurent que j’ai du talent, je resterai toujours un « petit artiste ». Mes dessins n’ont que la valeur du cœur, et s’ils m’aident à mettre du beurre dans mes épinards, ils me procurent avant tout le bonheur d’une insertion digne dans la société. Oui, je dessine davantage avec mon cœur qu’avec un capital de « techniques » dûment acquises, et il est indéniable que bien des personnes y sont sensibles. Même si je gagne si mal ma vie, je dois la poursuite de mes projets à tous ceux qui achètent, même en négociant âprement le prix, mes « chers » dessins. Sans eux, je ne serais presque rien.

Cela ne m’ennuie aucunement de céder à un prix symbolique un dessin à une personne n’ayant pas les moyens pour s’en acheter un. Au contraire, j’en suis ravi. Il me serait insupportable de refuser de céder un croquis sous prétexte que la personne l’appréciant ne se dit pas en mesure de payer le juste prix.

J’en ai semé, cet été, des dessins à des prix « cassés ». Je ne l’ai jamais regretté. Et je me fous de ceux qui me critiquent en me disant que je nourris à mon encontre une mauvaise estime. De même, je me fous de ceux qui pensent que je devrais gonfler mes prix. Je suis un artiste évoluant dans la rue, sur les terrasses des cafés et je sais que lorsque 20 ou 30 euros me sont octroyés, ils sont gagnés honnêtement et je ne les trouverais pas sous les sabots d’un cheval !

Il paraît que je suis gentil, affable, compréhensif.

Rue de Buci

Mais je peux aussi éprouver de retentissantes colères, surtout quand je suis manipulé, grugé par des individus mal élevés. Ce fut le cas avec un promoteur culturel, Yves, qui manifesta, par téléphone, l’intention d’exposer mes dessins lors d’un événement. Il avait l’air enthousiaste, et nous échangeâmes des messages prometteurs. Or, je commençais à nourrir des doutes quand un rendez-vous au restaurant l’Atlas, rue de Buci, fut annulé par lui, de manière sèche via un texto. Puis ce fut un autre texto : « On remet à plus tard, l’artiste. Nous verrons après (…) Nous nous consacrerons d’abord sur les bases de la soirée (…) »

Le jour suivant, ce promoteur m’appelait pour me dire que ses associés n’avaient pas jugé bon de me convier à cette mystérieuse soirée et que le projet tombait donc à l’eau.
Le promoteur n’a pas eu le courage de me préciser les raisons de cette volte-face ou tout au moins les opinions émises par ses prétendus associés. Sans doute ce monsieur et ses affidés ont-ils craint de ne pas se faire suffisamment de fric sur mon dos. Qu’ils trouvent donc la vache à lait à leur convenance !

En définitive, comme je ne connais que si peu ce promoteur, mon imagination me fait penser que j’ai peut-être échappé aux agissement d’aigrefins, ou tout au moins de gens peu sérieux.

En tout cas, Monsieur Yves se comporte de manière désinvolte. Par le biais de cet article, il a la réponse qu’il mérite !

Y. Le Houelleur 

 

RUE DES GRANDS AUGUSTINS – Superbe portail, digne d’un bel hôtel particulier, dans une rue étroite et sombre. C’est là, au numéro 7 des Grands Augustins, que Pablo Picasso a peint Guernica, dans un atelier où il a engendré maintes œuvres pendant 20 ans. Hélas, l’endroit ne se visite pas encore. (8 septembre 2017)

« Nous vous avons cherché partout dans Paris »

Deux jeunes Américains, Kevin et Melissa, m’avaient vu dessiner sur la place Saint André des Arts et ils ont cherché à me revoir… deux jours plus tard, coïncidence : nos chemins se sont croisés et ils ont pu choisir deux dessins pour se souvenir longtemps de la joie que leur a procurée Paris.

 

3 septembre 2017


 

Il est facile de me prendre pour un fantaisiste, un timbré, un utopiste, un rêveur impénitent… Je dis volontiers que le plaisir de voir un inconnu emporter un ou plusieurs dessins excède largement le plaisir que j’éprouve à dessiner.
Dans les rues, c’est incroyable à quel point je reçois des compliments, des encouragements, en tout cas des sourires. Bien sûr, vendre un dessin est chose difficile, fruit de rencontres et de sympathies mutuellement partagées. Mais faire le plein de critiques élogieuses est déjà « tout bénéfice ».
Me croirez vous ? Cet été, à plusieurs reprises, des Américains qui m’avaient vue dessiner dans les rues de Paris ont cherché à me retrouver par la suite, et ils sont allés en divers points dans l’espoir de m’y revoir pour acquérir plusieurs dessins.

"C'est notre dernière soirée à Paris"

Pas plus tard que le dimanche 3 septembre, je dessinais dans une rue semée de cafés branchés quand je fus abordé par deux jeunes Américains, Kevin et Marissa, d’une gentillesse exquise. « Nous vous avons vu dessiner à Saint Michel deux jours auparavant et nous n’avions pas d’argent sur nous à ce moment-là. Nous nous sommes dit que nous aurions dû vous parler sur le champ. Après, nous  avons cherché à vous revoir en retournant plusieurs fois à Saint-Michel… Maintenant, nous aimerions vous prendre deux dessins. C’est vraiment notre dernière soirée à Paris et nous étions venus dîner dans le quartier.» 
Kevin et Marissa habitent dans un Etat du Sud des USA. Une belle découverte pour eux que la pléthorique capitale française : ils habitent une ville de 20.000 habitant dans une région vouée à l’agriculture.

S’ils avaient pu, ils aurait emporté tous mes croquis tant ils étaient émerveillés. Ils ont mis au moins quinze minutes pour choisir deux « pièces uniques » (comme ils disaient).
Et je perçois vraiment à présent combien je suis un magicien avec cette alchimie des couleurs que je pratique si spontanément, non sans des libertés parfois excessives par rapport à la réalité.

Yann Le Houelleur

 

RUE DE SEINE - Belles portes, fenêtres hautes et étroites, façades ondulantes, lanternes en suspension… elles sont pittoresques, les rues entre le boulevard Saint Germain et le quai Conti ! Ce dessin a été fait depuis la terrasse du restaurant La Palette, rue du Seine. (29 août 2017)

L’été touche à sa fin…

… et j’ai fait le tour du monde tout en restant ancré à Paris avec mes dessins qui ont suscité tant de belles et parfois même poignantes rencontres. Ce vendredi 1er septembre, réfugié dans un café à cause d’une pluie battante, j’ai éprouvé la nostalgie d’un bel été plein de surprises, si plein de couleurs…
 

1er septembre 2017


 

Il fallait bien que l’enchaînement des beaux jours soudain se brise et qu’une angoisse, sournoisement, suscite des fissures dans le moral de l’artiste. Qu’il était beau cet été passé à dessiner dans les rues de Paris, à côtoyer tant de personnes, à recueillir tant de témoignages !

Au fond, n’aurai-je cesse de penser, ce n’est pas tant le dessin qui importe, à savoir sa valeur marchande, mais les rencontres qu’il se fait prétexte à nouer.
Je plains les artistes dont les œuvres s’exhibent derrière les vitrines de galeristes tels des objets sacrés, non palpables pour le commun des mortels, réservées à une poignée d’élus… Certes les prix sont alléchants, parfois même hallucinants, mais rien ne m’est aussi cher que de voir mes dessins effleurés du doigts, touchés, dévisagés par des inconnus dont certains, s’approchant de moi, ont envie de me raconter, spontanément, des histoires.

Certes, l’été fut égratigné par quelques incidents inévitables, telles les observations faites par des policiers assimilant mon rôle à celui d’un vendeur à la sauvette.

Mais le vendeur à la sauvette prend les jambes à son coup dès qu’il sent se profiler le danger : moi, je suis ancré dans la vie d’une cité dont je finis par devenir tout à la fois une curiosité (combien de fois ne m’a-t-on pris en photo?) et un témoin.
D’ailleurs, merci au dessin qui m’a permis d’échapper à cet ignoble destin d’un senior livré aux griffes du chômage ! Grâce à la vie que je mène dans les rues et à la terrasse des cafés, je fais partie du monde et très humblement je contribue à écrire le déroulement des jours. 
 

L’horreur du chômage massif

Souvent, cet été, j’ai songé à cette plaie qui démange mon pays, la France, le chômage massif, douleur atroce atténuée par toutes les aides et prescriptions d’aides sociales que l’on sait. Etre chômeur, c’est devoir accepter une coupure avec le monde réel, ne plus exister vraiment pour les autres, et parfois même se voir soupçonner d’opter pour l’oisiveté.
Grâce à ces dessins que j’engendre au fil des mois, j’existe pleinement, j’injecte de la couleur dans le monde, à tel point qu’un jeune homme, hier, m’a dit : «Sans vos couleurs, Paris n’en serait que plus triste… ».

Mais triste fut ce vendredi, premier jour de septembre, souillé par des pluies vindicatives. A la terrasse d’un café, place Blanche, je fus abordé par deux touristes américaines qui manifestèrent l’envie d’acheter deux dessins, dont un à peine achevé du Moulin Rouge. Eclat de joie alors que le soleil s’effaçait derrière une procession de nuages. Puis il me fallut passer au BHV pour me procurer des crayons devenus trop rabougris dans mes trousses… Quand je regagnai la rue de Rivoli, une pluie torrentielle se mit à sévir et j’allais me réfugier dans un café donnant sur la place à partir de laquelle la rue Saint Antoine se substitue à celle de Rivoli.

Voir le monde défiler…  

Protégé par un store étanche, assis à la terrasse, l’envie me vint d’exécuter un croquis suggestif : une entrée de métro cernée par un régiment de réverbères. A côté de moi, deux étudiantes échangeaient des potins sur la « rentrée des classes » avec quelques flash back sur leur vacances à Bali… Et moi, le petit dessinateur de rue, je n’étais pas allé au bout du monde, mais j’avais dans le cœur, intact, ce bonheur d’avoir vu le monde défiler pendant plusieurs mois, conversant avec des inconnus de pays si divers que les USA, l’Inde, la Russie, le Canada, l’Australie, Israël et la Palestine, le Chili, la Colombie, l’Uruguay, la Corée du Sud, la Chine, la Turquie, l’Iran, et tant d’autres états.

Réfugiés iraniens

Je ne me rendrai jamais dans tous ces pays mais j’ai reçu un peu de leurs vibrations et d’une certaine manière, à Paris même, j’ai fait le tour du monde. Ce fut l’occasion, à travers de multiples discussions, de prendre conscience, tout bêtement, que les hommes ne sont pas si méchants que ça… en  fait, ils essaient tous de survivre et de se trouver une raison d’exister dans un monde trop densément peuplé. 

Non, ce sont nos gouvernements qui sont les méchants et les forces obscures qui agissent en filigrane, dont ils sont si souvent les agents. La veille, j’avais parlé, longuement, à Saint-Michel, avec un couple de réfugiés iraniens, des jeunes gens d’une grande culture, d’une émouvante sensibilité. « Si nous rentrons chez nous, aussitôt serons-nous interpellés par la police, condamnés et jetés en prison », m’assurèrent-ils. Une rencontre parmi les plus poignantes survenues cet été dans les rues de Paris… la ville où le monde entier s’est donné rendez-vous.

Yann Le Houelleur

PARIS 1er – Vue de la terrasse du Benjamin : un tronçon de la sympathique rue des Lavandières Sainte Opportune. Cette rue croise la rue de Rivoli. (28 août 2017)

« En France, vous êtes chanceux d’avoir tant d’histoire ! »

Dessin fait la veille à la tombée de la nuit.

 

Voilà ce que pensent Alex et Scott, deux Australiens rencontrées à la terrasse du Saint André des Arts. Ils aiment la France pour la richesse de son patrimoine, craignant de s’ennuyer de retour chez eux.

 

30 août 2017



Ce soir, la météo s’avère glauque. Outre le rétrécissement accéléré des jours, il y a les incessants caprices des nuages qui se lézardent toujours davantage, lâchant des paquets d’eau.

Maintenant, l’été se meurt vraiment. A la terrasse d’un café à la fois très pittoresque et chic, la Palette, rue de Seine, les conversations allaient bon train entre les clients et les serveurs.
« Il va pleuvoir à quelle heure ? »«  Dix-neuf heures selon la météo »
. Le ciel était en train de s’obscurcir et à 18 h des larmes commencèrent à dégringoler.  Paris retrouvait cette tristesse, mêlée de tons gris et ocres, qui fait son charme tout autant que les éclats du soleil sur le pont Neuf au crépuscule en plein été.

Il me fallait trouver une terrasse sympathique où passer la soirée. Non loin de la rue de Seine, ce fut celle du Saint André des Arts, sur la place portant le même nom. Le paysage y est très parisien : une colonne Morris, des réverbères, des pavés  au loin un kiosque à journaux…

Deux gars costauds, au physique avantageux, discutaient en anglais, quelques tables plus loin. Ils se montrèrent curieux de ce que je faisais. La colonne Morris avait déjà pris vie sur mon bloc à dessin. Ils s’appellent Alex et Scott. Ils ont respectivement 30 et 28 ans, et ils sont frères. Leur pays : l’Australie. Toutefois, avec ses cheveux d’un blond étincelant, Alex ressemble à un Hollandais… Rien d’étonnant à cela : ses aïeux naquirent dans ce pays.

C’était leur dernier soir à Paris, au terme d’un séjour de moins d’une semaine. Je me contentais de leur dire, soucieux de les mettre à l’aise : « L’Australie, pour nous Français, est le paradis du surf et d’une certaine qualité de vie. »

L’esprit de Paris 

Alors que je poursuivais le croquis, la conversation redoubla d’intensité, et ils manifestèrent l’envie d’acheter quelques dessins, entre autres celui que j’étais en train d’exécuter. «Au musée d’Orsay que nous avons visité hier, nous voulions acheter des souvenirs, mais rien ne nous convenait vraiment. En réalité, ce que vous faites reflète l’esprit de Paris ».

Certes, l’Australie est un pays magnifique où les vols à la tire sont inconnus. Mais Alex et Scott me confièrent un regret : « Notre nation existe depuis une centaine d’années. Les Australiens, comparés à vous autres François, n’ont pas de culture car dépourvus d’un patrimoine comme le vôtre en Europe. Tout ou presque y est trop récent. Ce que nous aimons, chez vous, en France, c’est toucher un mur qui porte en lui tout une histoire…  Impossible en Australie ! »

Malgré le temps pluvieux et un petit froid acide, le Saint André des Arts débordait de monde. Toute une jeunesse décontractée, bien sapée et super éduquée. Il paraît que tous les mercredi ce genre de soirée se répète au Saint André. Précisément le genre d’ambiance que les deux frères vont regretter une fois leurs pénates regagnées. « En Australie, nous n’avons pas de bars où passer des soirées entre amis. Les gens se lèvent tôt et quand ils rentrent chez eux ils se mettent à regarder la télévision. »

PLACE SAINT ANDRE DES ARTS - Une belle rencontre de plus, sur la terrasse d’un café, le 30 septembre 2017 : Yann en compagnie de Alex (à gauche) et Scott (à droite), aux alentours de 22 h. (Lire l’article ci-dessous.)

Deux vendeurs de "peintures imprimées"' sans vergogne…

 

 

Les alentours de la Tour Eiffel, c’est tout un monde. On y vend de tout, en pleine rue, et gare à ceux qui perturberaient ce souk bien organisé sous la bienveillance des autorités. J’en ai fait l’expérience : deux vendeurs ont voulu m’empêcher de dessiner, mais ils ont eu la réponse qu’ils méritaient. Décidément, Paris est une ville livrée à maintes mafias.

 

28 août 2017


 

 

Ce que j’ai vu et subi ce dimanche (28 août 2017) dépasse mon imagination, pourtant fertile. Tout ce que j’ai pu observer et entendre dans les rues de Paris au long de l’été méritait bien une telle confirmation. Oui, la ville est livrée à d’innombrables mafias qui agissent avec la bienveillance et la tolérance des autorités. Quant à moi, je n’ai pas droit, bien évidemment, à une autorisation formelle pour vendre en toute sérénité mes dessins car des professionnels comme moi froisseraient certains intérêts.


Il m’arrive de me demander si je suis bien dans mon pays, la France…

Ce dimanche, dont, je décidai d’aller dessiner la Tour Eiffel depuis la dalle du Trocadéro. Comme je le fais habituellement, je posais quelques un de mes dessins à côté de moi. Un gars basané s’approcha de moi, suivant chacun de mes gestes. Quand il s’éloigna, un autre prit sa relève et commença à m’incommoder. « Tu n’as pas le droit d’être ici, le sais-tu ? » Je n’avais pas vu que sur un mur à proximité, des illustrations de Paris, comme on en voit partout chez les bouquinistes et le long des quais, étaient affichées cote a cote.

Mon interlocuteur était coriace et il défendait son territoire avec une certaine agressivité. Je ne pu m’empêcher de lui dire que j’étais artiste, que je déclarais mes revenus aux organismes compétents, et que si je montrais quelques dessins au public je commettais certainement moins de préjudice que lui ! Car il s’obstinait à me considérer comme malhonnête, ce qui était vraiment le comble. Il était, à n’en point douter, un vendeur agissant totalement dans le marché informel.

Je finis par m’emporter : « Ecoutez, je suis citoyens français, je suis dans mon pays, et si je me sens libre de dessiner où je veux ». « Cela fait vingt ans que je structure cet emplacement avec mon frère », eut-il l’audace de me répliquer.

A quelques pas de nous, une patrouille de policiers entendirent ces échanges de propos retentissants. Ils me laissèrent tranquille et discrètement s’approchèrent des ces Magrébins qui face à mes arguments n’eurent d’autre choix que de me fiche la paix. Les policiers les incitèrent à se calmer.
 
Contrebande… sous les yeux des policiers

 

J’ai pu vérifier, à cette occasion, que les vendeurs proposant des tour Eiffel, des articles de maroquinerie, des chapeaux, etc., sur la dalle du Trocadéro sont en réalité sous une certaine protection que leur octroie la police, les choses pouvant dégénérer à tout moment. Le problème est bien (contrairement à moi, dont les dessins proviennent de mon travail) qu’ils commercialisent des objets provenant de la contrebande, fournis par toutes sortes de mafias.

Donc, il ne fait aucun doute que l’Etat, sans doute pour que ces immigrés aient des revenus, ferment les yeux. Et ce ne sont pas les quelques battues que font parfois les forces de l’ordre, confisquant à l’occasion des miettes de marchandises, qui y changent grand-chose. Non, cela est fort bien orchestré.

J’en aurais d’autres choses à vous conter ! Mais je crois que ce simple épisode est très révélateur de la destruction de notre Etat par une gestion effroyable de l’immigration. Ainsi, ces personnes entrent sur un certain marché du travail sans être amenée à payer la moindre taxe, la moindre cotisation, ce qui leur donne de la France l’image d’un pays où l’on peut faire tout et n’importe quoi.


Quant à moi, je continue à dessiner dans les rues de Paris. Pourquoi n’aurais pas le droit d’agir ainsi puisque la mairie et l’Etat tolèrent des choses infiniment plus graves que ce que l’on reproche, moi qui suis un artiste refusant d’être parqué et considéré comme du bétail servile ?

 

Yann Le Houelleur

 

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Commentaires

22.10 | 23:40

Bonjour on c'est parle pour venir dessiner la devanture de ma boutique
Merci et bravo pour votre talent
Votre travail me fait penser à dessins Tobiasse
Cecile

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06.07 | 17:58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

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21.03 | 20:48

rès beau travail Yann !!! le texte va bien avec tes dessins , tu fais vivre Paris comme dans un carnet de voyage ! en fait tu nous fais partager tes voyages

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18.03 | 23:18

Je ne saurais dire ce que j'apprécie le plus : les textes ou les dessins ? Un choix difficile les deux étant d'une excellente qualité ! Merci pour ces pages !

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