Juin 2017

PARIS, RUE DE LA REYNIE (4ème) - Quelle chance avons-nous, à Paris, de pouvoir choisir entre tant de brasseries et de bistrots alors qu’ailleurs en France il y a tant de commune où tous les cafés ont fermé leurs portes définitivement. Alors, je continue à dessiner, assez souvent, les devantures de ces établissements, de préférence stores baissés, de toutes les couleurs… (Dessin fait le 7 juin 2017. feutres, pastels gras et crayons de couleur)

Rue Saint-Antoine, l'irruption d’un cinglé (sans doute) possédé par le démon

Alors qu’un dessin de l’hôtel de Sully prenait forme, un fou s’est présenté, menaçant d’agresser les consommateurs assis à la terrasse d’un café. Des gendarmes l’ont maîtrisé. Ce fut un certain choc, exigeant des nerfs d’acier pour terminer le croquis…

 

6 juin 2017


 

Alors que je faisais ce dessin sur la terrasse d’un café, un cinglé qui hurlait comme un damné a commencé à s’en prendre à mes voisins (un couple d’Américains) et à moi. Il était sans doute « sous overdose », très menaçant et je l’ai neutralisé en criant plus fort que lui. «T’es aussi moche qu’une gargouille perchée sur les tours de Notre-Dame. Retourne-y ! »
Cet inconnu bavait horriblement, la langue prête à se décrocher, les yeux crachant des lueurs tranchantes…

Sur le coup de 20 h 30, trois gendarmes ont surgi, l'ont cerné, l’ont emmené au coin de la rue pour le fouiller, puis une voiture de police s’est pointée.

La rue Sainte Antoine est l’une de mes sources d’inspiration de prédilection, alternance de bâtiments datant du Grand siècle et de maisons un peu vacillantes, bombant le torse, et de toits plusieurs fois rehaussés. Or, selon la serveuse du café où j’ai élaboré ce dessin, la rue est parcourue par de nombreux dérangés. « Jamais de ma vie je n’ai vu autant de fous que dans le 4ème… Certains sont possédés par le démon. »

Pourquoi donc ? J’imagine que beaucoup de gens, dans ces petits appartements derrière d’étroites fenêtres, vivent seuls, et qu’ils n’en peuvent plus de bouffer de l’égocentrisme chaque jour… Ou alors la richesse de cet arrondissement attire-t-elle de drôles de lascars…

Bref, j’ai dû m’accrocher, après un tel moment de frayeur, pour élaborer ce dessin…  que j’ai failli rater, tandis que le potentiel agresseur continuait à pousser des gueulantes en présence des gendarmes. En plus, un vent acide, semblant annoncer un automne précoce, balayait assez férocement la rue.

Le couple d’Américains s’en est allé. Je suis resté tout seul, face à ce somptueux bâtiment se distinguant par ses moulures et bossages.

Yann Le Houelleur

Cher, trop cher Paris…

 

Les touristes sont considérés comme des pigeons, à Paris comme ailleurs. En tout cas, nombre d’entre eux se plaignent du coup de la vie et il leur reste fort peu d’argent pour acheter des dessins le long des quais… Ceux qui me reprochent de vendre les miens trop bon marché méconnaissent la réalité.

 

 6 juin 2017


 

Voyant le client très occasionnel que je suis, un carton à dessin sous le bras, l’employé d’un supermarché dans le Marais fit cette observation : « Vous, les peintres, vous avez la belle vie. Vous pouvez dormir jusqu’à deux heures de l’après midi, ensuite faire un ou deux portraits comme à Montmartre et vous avez gagné de quoi bien vivre… »

J’avoue que ces propos m’ont laissé désabusés. Pour toutes sortes de raisons. D’abord, la caricature de l’artiste oisif est injurieuse pour «les vrais artistes» qui n’ont de cesse de créer afin de survivre. Ensuite, l’art nourrit si peu son homme. La plupart des artistes en activité ont le plus grand mal à nouer les deux bouts dans un contexte économique hostile. Hors le circuit des galeries, les amateurs d’art sont à l’affût de tarifs très abordables. Ils sont prêts à payer, mais pas plus d’une certaine somme gravée dans leur cerveau.

Et puis, pour qui vend ses dessins dans la rue, le coût de la vie en France a des conséquences… Les touristes sont invités à ouvrir tout grand leur porte monnaie, dans un pays où les impôts s’abattent comme la foudre sur les restaurants, les commerçants, les professionnels de toute sorte.


Barrières infranchissables


Mes dessins, effectivement, je ne peux pas les vendre au-delà d’un «certain prix». Une barrière infranchissable. Souvent, les personnes intéressées me font comprendre qu’il leur reste fort peu d’argent disponible, et je ne peux me soustraire à leurs contraintes car ce serait perdre l’opportunité de vendre.

Or, un artiste ne peut s’épanouir s’il n’achète pas un matériel de travail nécessairement onéreux. Les crayons Luminance, d’excellente qualité, auxquels j’ai recours, coûtent près de quatre euros l’unité. Les blocs de papier A4 Canson (comprenant 30 feuilles) peuvent valoir 14 euros. Etc. Et comme je dessine dehors, tout s’abîme plus vite encore, les agressions émanant aussi bien du soleil, du vent, de la pluie (il m’est arrivé de perdre des dessins sous une averse subite) et de la pollution voire des vents de sable survenant aux abords du Louvre et de l’Arc de Triomphe…

Ainsi, le samedi 3 juin, sur le pont de l’Archevêché, alors que je croquais Notre-Dame, un couple de Canadiens a manifesté l’intention d’acquérir un dessin fait dans le 20ème arrondissement l’été dernier. «Nous ne pouvons mettre plus de 15 euros, car la vie en France est si chère. Nous devons nous priver de manger dans les restaurants et faire notre cuisine nous même dans l’appartement que nous louons.»
J’ai accepté… après tout, 15 euros cela correspond à quatre crayons, et j’en ai besoin constamment. De surcroît, je n’aime pas bannir des personnes moins fortunées que d’autres. Toujours est-il que je suis assez choqué de voir à quel point les touristes, en France aussi, sont pris pour des pigeons, et soumis à maints dangers. Par exemple, il m’est arrivé de rencontrer des étrangers dépouillés dans le métro.


"One euro !"

Autre fait choquant : tous ces Africains s’affairant au pied de la tour Eiffel, face au Louvre ou à Montmartre qui harcèlent les touristes en criant « One euro » afin de leur refourguer leur camelote made in China. L’Etat, laxiste, tolère ce trafic à ciel ouvert tandis que des mafias s’engraissent… Quand les policiers tentent de chasser ces vendeurs de camelote, c’est peine perdue : ils reviennent dans les minutes qui suivent. On peut tout faire en France, pays des droits de l’homme, n’est-ce pas ?

Souvent, les visiteurs étrangers se plaignent de voir beaucoup trop de Roumains faisant la manche, dont le manque de discrétion, la désinvolture et l’insistance les choque. Maints de mes interlocteurs m’ont affirmé qu’ils ont aimé Paris mais que pour toutes ces raisons ils n’envisagent pas d’y revenir.

Yann Le Houelleur

JULES JOFFRIN : Cette colonne Morris a beaucoup de charme, n’est-ce pas ? Des pépites de couleurs vives à deux pas du métro Jules Joffrin et de la superbe mairie du 18ème . Tout autour, des déferlements de verdure… en fait, il y a un marchand de fleurs juste derrière la colonne. (5 juin 2017)
LE LOUVRE - N’y voyez, je vous prie, aucune allusion à un président récemment élu qui a célébré sa victoire en déambulant à ses pieds : la Pyramide du Louvre et, au second plan, le pavillon Sully. Non : tout simplement, l’auteur de ce dessin aime interpréter, avec ses crayons de couleur, le Louvre. Il prétend y retourner souvent tout au long de l’été. (Dessin fait le 24 mai 2017)

Un jeune homme rencontré à un moment opportun

Place Sainte Opportune, retrouvailles (par hasard) avec Meddy. Il habite la banlieue, travaille à Paris et il veut embrasser la carrière d’artiste de cirque.
Souvent, il m’arrive de rencontrer à plusieurs reprises des personnes quand je dessine dans les rues de Paris.
Ainsi se tisse une chaîne d’amitiés grâce à ma petite pratique artistique.

 



 



29 mai 2017 



Un dessin reflète autant ce qu’on voit que les sentiments frémissant en soi.
Elle est charmante, la place Sainte Opportune, à mi chemin entre la rue de Rivoli et les Halles ! Ravissante, quoique défigurée par la devanture clinquante et ignoble d’un magasin Kookaï : cela ressemble au hall d’entrée d’un HLM ! Comment les autorités peuvent-elles laisser le champ libre, ainsi, à des abus esthétiques dans une ville si prisée des touristes ?
Il me fallait exécuter un dessin léger tout en ventilant ma tête avec des pensées paisibles. Dans ce cas, l’exactitude des traits ne compte guère et il importe de privilégier le mouvement et la fluidité… 

Bonne mémoire

A peine avais-je commencé le dessin : un jeune homme vint me saluer. Où l’avais-je rencontré ? Malgré mes 56 printemps, j’ai encore des précieux reliquats de mémoire… Nous avions discuté place des Abbesses, dix jours plus tôt, alors que je m’inspirais de l’entrée de métro de style Guimard connue dans le monde entier. Meddy, son nom, m’avait abordé pour me dire combien il appréciait cette place dont il pensait qu’elle « a de l’esprit ». Il se trouvait là, avec sa bicyclette, travaillant en qualité de livreur de plats préparés à des clients trop paresseux pour aller au supermarché le plus proche.

Meddy peut ainsi pédaler pendant plusieurs quarts d’heure : aucun problème pour lui, d’autant plus que c’est un grand sportif, désireux de faire carrière dans le cirque. Pour l’instant, il bosse, afin de s’offrir des cours destinés à lui ouvrir les portes d’un chapiteau.

Une belle sensibilité que celle irriguant ce jeune homme : il a émis le souhait de dessiner en même temps que moi : je lui ai remis un bloc de papier Canson ; il a plongé sa main dans ma trousse à stylos feutres et le résultat est bluffant… Encore faut-il que Meddy m’autorise à publier son œuvre sur ce site… (Je vais lui transmettre un courriel).

Meddy n’habite pas un quartier pour bobos parisien. Il vit en colocation dans une ville de banlieue où il ne se passe rien, apparemment. Au seuil de la vingtaine, il est déjà un adulte dans sa tête, conscient des pièges à éviter, respectueux des religions sans pour autant ignorer les dérives qu’elles suscitent quand elles sont manipulées par des individus peu scrupuleux. (Curieusement le prénom Meddy signifie « le guide éclairé par Dieu ». Il s’est frotté à toutes sortes de périls menaçant la jeunesse mais son âme d’artiste et de sportif lui permet de conserver un équilibre (sur le fil de la vie) salvateur.
 
Et ce garçon aurait pu mal tourner : sa mère l’a élevé seule, et il n’a pas connu son père.  « Je crois en la force de la volonté. Nous avons la possibilité d’écrire notre histoire… »


Points de rencontre
 


Tout en dessinant, je lui ai donné quelques conseils, dont celui de ne jamais nourrir de jalousie envers qui que ce soit. Ne pas envier les autres pour des futilités, par frustration, mais vouloir ressembler d’abord à ce que nous sommes vraiment… Ne pas renoncer, avant tout, à ses rêves.

Je ne sais trop pourquoi mais quand je dessine en plein air des jeunes gens viennent souvent me parler, me confier leurs attentes, leurs soucis, me demander conseil… Je les encourage volontiers, essaie d’instiller en eux des choses positives, et mes dessins s’apparentent à des points de rencontres entre générations si différentes.

Je crois n’avoir pas jeté aux orties le jeune homme que je fus, alors bourgeonnant de rêves. Dieu Merci, on ne me prend pas pour un « vieux con » !

 

                                                                                                               Yann Le Houelleur

PLACE DES ABBESSES : Cet édicule si particulier, coiffé d’une verrière en forme de libellule, est certainement l’une des curiosités les plus appréciées des touristes à Paris, à commencer par les Américain. Il s’agit de la station de métro Abbesses, au milieu d’une place agréable, si ombragée en été, où règne une atmosphère de village : ici, tout le monde paraît se connaître. Paris-villages… (Dessin fait en mai 2017)

Une rencontre désagréable sur le Pont Neuf, suivie de retrouvailles heureuses…

 

Des agents de Paris Sécurité ont perturbé (un peu) un humble dessinateur sur le Pont des Arts. Mais le lendemain, sur ce même pont, cette belle rencontre: un couturier croisé un an auparavant s’est délecté des dessins montrés au public… 


Par Yann Le Houelleur

 




24 mai 2017


 

« Il se passe toujours quelque chose sur le Pont des Arts, et c’est pour ça que je l’aime le pont… » Voila ce qu’avait dit Claude Boher quand il avait filmé, pendant vingt minutes, un dessinateur en train de croquer le Pont Neuf éclaboussé par un soleil franc comme l’or.
Le dessinateur en question : l’auteur de ce article…

Trois semaines après, c’est une autre rencontre, mais franchement mauvaise, qui s’est produite. Un agent de « Paris Sécurité » m’a pincé sur le pont des Arts en train de dessiner, une flopée de dessins montrés au grand jour à mes pieds… Un collègue l’a rejoint, lui aussi chevauchant une bicyclette, quelques minutes plus tard.

J’ai échappé à une contravention. Cet agent, courtois, voire compréhensible, m’a fait percevoir qu’infliger une telle amende à un artiste dont les dessins sont authentiques lui serait pénible. Mais j’ai quand même usé de ma parole de citoyen : « Monsieur, sachez-le, si une contravention de cette nature m’est un jour remise, je ne présenterai pas ma carte d’identité car j’estime que la mairie de Paris n’a rien fait pour m’aider à légaliser ma vocation de dessinateur de rue… » 

Au mois de décembre, j’ai soumis une demande à un organisme dans le giron de la mairie, rue de Cîteaux. J’ai dû me rendre sur place, spontanément, quelques semaines plus tard pour m’entendre dire qu’aucune solution n’existait … 


Tours Eiffel

Quelle mairie inepte ! Tout autour de moi, quand je retourne sur le Pont des Arts, le commerce à la sauvette fonctionne à pleine vapeur. Et il me faut préciser que mes ventes de dessins, je les déclare, que j’acquitte des cotisations à la Maison des Artistes.
Ces deux fonctionnaires m’ont irrité, et ils ont eu la réponse qu’ils méritaient, car bien évidemment ils ferment les yeux sur tout ce trafic dans les environs. Ils n’auront jamais le courage, mais peut-être en ont-ils reçu l’ordre, de s’attaquer à ceux qui harcèlent les touristes, en leur proposant des tours Eiffel en faux métal, entre autres bibelots, et à ceux qui vendent, tapis dans l’ombre, des dessins apocryphes élaborés par des petites mains hors de France.

L’un des agents de Paris Sécurité qui m’a interpellé sur le Pont des Arts m’a dit : « Mais vous ne pourrez pas longtemps faire ça… » Ah bon ? Depuis deux ans, je survis ainsi, et je n’ennuie, n’agresse, ne perturbe aucunement l’ordre public.
Tout simplement suis-je victime d’une société à double ou même triple vitesse où rien n’est fait pour les citoyens qui désirent s’intégrer à la société par le biais de leur talent et de leur volonté. Les autorités, acquises à la lâcheté et au faux humanisme ambiant, préfèrent laisser se développer des commerces en tout genre dont on sait qu’ils reposent sur l’exploitation de la misère et la tolérance à l’égard de mafias sournoisement structurées.


Moi, Yann Le Houelleur, je les vends durement mes dessins, à des prix très abordables. Je fais honneur à mon pays, à sa capitale, en ne mettant à disposition que des « pièces uniques » faites avec un esprit bien français. Et je renseigne les touristes volontiers, si nécessaire in english. « C’est scandaleux, tous ces étrangers qui travaillent au noir à Paris et ne connaissent même pas l’histoire de vos monuments », s’est indignée une dame habitant Vancouver…  


Parler avec des artistes
 

Souvent, et cela me remplit de joie, des touristes, et même des compatriotes, me témoignent leurs encouragements, me disent qu’ils n’ont jamais vu rien de pareil. Et des discussions magnifiques, en français ou en anglais, s’en suivent. Ma forme d’art est très modeste, très personnelle, sans artifices comme on les aime tant de nos jours, mais elle touche, et je ne sais pourquoi, les gens en plein cœur. Elle les amène à réagir, à parler, à dérouler des ponts entre eux…

Et c’est vraiment ça, l’art : bannir le cadre contraignant et cynique des galeries pour aller vers le public, par les moyens les plus divers, surtout de manière non virtuelle. Les gens veulent voir de l’art mais aussi parler avec les artistes. C’est merveilleux, une telle vie, même si on me le fait payer très cher ! 


« Vous êtes subversif »


Le mercredi 24 mai 2017, un jeune couturier, Raphaël, m’a reconnu sur le Pont des Arts. Je l’avais rencontré un an auparavant, sur une terrasse de café à Saint Germain des Prés. Beau gosse, charmeur, avec des yeux plein d’un brasier qui sait s’enflammer pour les causes nobles… « Vous avez raison de procéder ainsi. Vous faites des contacts, vous tissez un réseau hors les galeries dont on sait qu’elles exposent tant d’artistes qui ne vendent rien. Mais vous êtes quand même dangereux pour le système, voire subversif car avez vos cartons à dessin vous évoquez ce dont ces gens ont horreur… l’art avec le cœur, l’art concret ! Vos dessins, avec des lignes tremblantes et une sorte de fièvre indomptable, annoncent comme la fin d’un monde, l’avènement d’un tremblement de terre généralisé… Il y a de l’intuition dans ce que vous faites… »

Quand on reçoit des compliments comme ceux-ci, on est forcément aux anges. On réalise que l’obstination, le refus d’être assouvi, la mise en exergue de sa liberté de conscience sont des trésors qui fructifient nécessairement car ils ont l’assentiment d’énormément de personnes !!!

A SUIVRE : AUTRES RENCONTRES SUR LE PONT NEUF, AU FIL DES SEMAINES A VENIR… AVEC DES DESSINS INEDITS

LE PONT DES ARTS – Il ne s’y aventure aucune voiture, aucune moto : c’est un pont vraiment à part, d’autant plus qu’en soirée plusieurs musiciens s’y produisent tandis que flânent, par centaines, des touristes en quête de splendeurs architecturales et de racines historiques. (Article complet ci-dessus.) Dessin fait début mai 2017
RUE SAINT-DENIS - Il fallait faire simple car une chaleur abrupte brouillait, engourdissait l’esprit. Une dame élégante et bavarde, Françoise, s’est penchée sur le dessin en cours d’élaboration. Elle m’a dit : « Oh, c’est beau ce que vous faites. Moi, je ne saurais pas dessiner ainsi mais je copie des tableaux de maîtres du 18ème à l’huile… » Elle a prodigué un conseil dont j’ai tenu compte : « Ne chargez pas votre dessin. Laissez-le respirer avec beaucoup de blanc ». Dont acte… (22 mai 2017)
NOTRE DAME – Quand vient le soir, à la belle saison, des passants s’attardent sur les ponts alentours, dont celui de l’Archevêché, pour contempler cette merveille : la cathédrale Notre-Dame. A la fois majestueuse et légère, cossue et gracieuse, en tout cas résistant si bien aux outrages du temps. Ce dessin a été fait avant un orage copieux. Soudain, quelques minutes plus tard, des nuages se sont accumulés à l’horizon. (Dessin fait le 19 mai 2017)

Un si beau cadeau d’anniversaire

Alors que je dessinais (une fois de plus) le chevet de Notre Dame, une maraude de la Croix Rouge vint me voir, croyant que j’étais un SDF. Tel n’est pas le cas, mais le café et la viennoiserie offerts par eux me firent tant de bien. La gentillesse et la bienveillance : joli cadeau, effectivement !

 

9 mai 2017



Elle s’impose comme une source permanente d’inspiration : Notre Dame de Paris.
Il m’arrive souvent de « rôder » tout autour tant elle est belle, majestueuse mais aussi étrange, surtout quand elle se contemple depuis le pont Saint Louis. Les vitraux déployés en son chevet évoquent des yeux de chouette tandis que les arcs boutant s’apparentent à des pattes d’insectes,

Alors, quand je me sens fatigué, voire au bout du rouleau, je viens dessiner ce chevet, et il se passe toujours quelque chose sur le pont Saint Louis habituellement hanté par de si nombreux artistes.

Le jour de mon anniversaire, je n’avais guère envie de convoquer des amis à déguster un cadeau d’anniversaire ou de recevoir des cadeaux. Mon plus beau cadeau, précisément, était de pouvoir dessiner une fois de plus la cathédrale.

Orange vif

Un froid acide, ce soir-là, condamnait touristes et riverains à hâter le pas. Sur le pont, aucun musicien n’avait voulu tenter sa chance. Soudain, cinq inconnus se dirigèrent vers moi, sanglés dans des combinaisons d’un orange vif. Ils s’appellent Christine, Kristal, Marie, Jean-Pierre, François. Plusieurs d’entres eux vivent en banlieue. Ils sont bénévoles sous l’égide de la Croix Rouge. Deux fois par semaine, ces volontaires arpentent les rues (et ponts) du 4ème arrondissement pour réconforter et même conseiller des SDF.
Avec ma décontraction un peu (j’en conviens) outrancière, avec mon sac à dos (où j’emtasse les affaires à dessins), je passe aisément pour un mec vivant à l’air libre. D’emblée, je leur expliqué ce que je faisais ainsi à une heure aussi indue. Ils m’ont offert un gobelet de café bien chaud extrait des thermos qu’ils trimballent. J’ai eu droit aussi à une viennoiserie. Et j’aurais pu demander, même, de la soupe.

Gâchis alimentaire
 

Le 4ème  est l’un des arrondissements les plus huppés de Paris et pourtant les SDF y sont plutôt nombreux. La Croix Rouge dans le 4ème, si j’ai bien compris, peut compter sur 400 volontaires. Il arrive souvent que les repérant à leur tenue orange des personnes en situation de précarité ne les sollicitent pour les aider, en tout cas leur demande une collation. « Des commerçants nous donnent régulièrement leur trop plein de marchandises, m’a relaté l’un des bénévoles. Il y a un gâchis alimentaire insoupçonné à tel point que ces commerçants ont du mal à trouver des associations pour écouler grâce à elles leurs invendus… » 

Ces cinq bénévoles ont dû penser que je les provoquais (un peu) quand je leur ai dit : « Grâce à vous, j’ai vécu l’un de mes plus beaux anniversaires. La gentillesse avec laquelle vous m’avez offert un café et une viennoiserie vaut largement le gâteau d’anniversaire que j’aurais pu m’offrir.» 

Un certain optimisme

Ce fut probablement l’un de mes plus beaux anniversaires. De surcroît, ai-je pu constater, , nous devons tous nous efforcer de considérer le monde avec un certain optimisme : partout, des volontaires essaient d’atténuer la méchanceté et même la brutalité souillant notre quotidien, mus par une gentillesse toute naturelle et par une générosité à toute épreuve.

Tel est mon privilège de dessinateur : voir le monde autrement, c'est-à-dire rencontrer des gens bien différents de ceux dont nous abreuvent les médias, lesquels souvent n’ont pour but que de tout salir et tout dramatiser… 

Yann Le Houelleur 

PONT DE LA TOURNELLE – Il n’est pas forcément beau, le pont de la Tournelle, mais il enjambe la Seine dans un cadre urbain magnifique. Et puis, il y a des arbres tout autour, de sorte qu’on peut même oublier être en pleine ville ! Alors que je dessinais, le dos tourné à la cathédrale, des passants m’ont dit : « Vous faites des tourbillons comme Van Gogh… » (Dessin fait le 10 mai 2017)

Première escapade « estivale »… à Conflans

Dessin A4 avec feutres et crayons : le château du Prieuré, de style Renaissance, abrite le musée de la batellerie.

Pendant toute la belle saison, le dessinateur vous fera découvrir de beaux coins en Ile-de-France. Voici un ballon d’essai avec… Conflans Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

 

11 mai 2017



Un peu fatigué de dessiner les mêmes rapports de proportions, les mêmes perspectives, les mêmes jeux de couleurs à Paris, je me suis décidé à faire ceci : une fois par semaine au moins, pendant la belle saison, aller (re)découvrir de beaux coins dans la région Ile-de-France.
Sans doute l’envie de renouveler le style de mes dessins, d’opter pour une spontanéité et une désinvolture supplémentaires comptent-ils parmi les raisons engendrant cette démarche. Si j’avais de l’argent, il est vrai, je succomberais au plaisir d’aller bien plus loin… mais pouvoir évoluer dans une région aussi spacieuse, contrastées et truffée de surprises m’emballe tout autant.

Voici pour commencer un détour par Conflans Sainte-Honorine.  La partie ancienne de cette ville, le long de la Seine, décline tout ce qu’il faut pour se faire l’idée d’une ville à la française. Une ville avec son château, sa vieille église, ses flots de toitures de tuiles et même d’ardoises, ses restaurants joyeux, ses rues tortueuses et pavées…

De surcroît, Conflans Sainte Honorine est la capitale française de la batellerie. Des ribambelles de péniches sont ancrées le long des quais, habitées pour la plupart par des bateliers à la retraite. Aller à leur rencontre, c’est plonger dans une époque pas si lointaine où les bateaux étaient aussi des résidences nomades puisque les bateliers, maintenant à la retraite, emmenaient avec eux toute leur famille.

Figurez-vous qu’en dessinant j’ai entendu parler anglais autour de moi. Des touristes américains faisaient une excursion à bord d’un paquebot qui les avait mené jusqu’à Conflans. Ils s’émerveillaient au milieu de tant de vieux monuments et maisons si bien conservées.

Yann Le Houelleur

 

Le Flandrin : des serveurs d’une gentillesse exquise

 

Alors que je dessinais cette ancienne gare devenue un restaurant renommé, un inconnu vint m’apporter un café. Plusieurs de ses collègues, à leur tour, passèrent me voir sur le trottoir… Merci !

 



8 mai 2017


 

 

Le long de l’avenue Henri Martin, fort chic, une ancienne gare respire la joie de vivre avec ses façades roses et sa pendule bien en vue, alerte. Surprise : alors que je dessinais, sous la menace de la pluie, je découvris qu’il s’agit d’un restaurant parmi les plus prestigieux de la capitale : le Flandrin, adossé à un autre bâtiment abritant, quant à lui, une station du RER C.

Consultez donc le site de cet établissement: www.leflandrin.com

Voilà un endroit qui a de la classe... alliée à une réelle chaleur humaine!
 
Un serveur, d’une gentillesse exquise, vint m’apporter une tasse de café. Des collègues à lui passèrent me voir alors que ce dessin touchait à sa fin. Mais il n’est pas très réussi, le croquis, d’autant plus que les nuages, tout là haut, menaçaient d’exploser. Et des gouttes de pluie me perturbèrent un peu, fort discrètes il est vrai. Je vais y retourner, dans ce quartier du 16ème si beau par l’aspect monumental de ses immeubles haussmanniens et le soin apporté à la conservation du patrimoine !


En tout cas, un grand « Merci » aux serveurs et maîtres d’hôtel du Flandrin qui m’ont ainsi encouragé. De surcroît, comme c’est le cas lorsque je dessine dans les rues de Paris, j’avais l’air d’un SDF, mal habillé, escorté par mes sacs à dos, et la rue finir par tout salir. Mais qu’on se rassure : j’ai un toit, je vends mes dessins… Faut pas se fier aux apparences !

LE MOULIN ROUGE - Un jour de pluie, un de plus… Rien de tel que de dépenser mon argent (provenant de la vente de dessins !) dans maintes brasseries pour interpréter, à l’abri des larmes célestes, les curiosités de Paris. Sur la terrasse du café Rouge Bis, j’ai dessiné le Moulin Rouge, incontournable symbole de la vie festive et nocturne parisienne. (Dessin fait le 6 mai 2017)

Une victoire sans enthousiasme…

 

Dimanche 7 mai : dans le café où ce dessin a été réalisé régnait une atmosphère paisible tandis qu’était annoncée l’élection de Macron. La télévision n’avait pas même été allumée, « pour éviter d’éventuelles bagarres ».

 


Il arrive que je revienne sur mes pas, quelques jours plus tard, pour faire « le même » dessin. Le 4 mai (lire plus bas), j’avais dessiné un coin de rue dans le Marais tout en prenant un café dans un établissement appelé « Au Cœur du Marais ». En fait, c’est un autre café, sur le trottoir opposé de la rue des Archives, qui m’avait inspiré.


Trois jours plus tard, je me suis amusé à reproduire cet endroit, mais cette fois-ci en version « paysage », un bloc à dessin non plus de format A4 mais A 3.

C’était le soir du second tour de l’élection présidentielle. Une atmosphère étrange était palpable dans le quartier du Marais. Cinq ans auparavant, j’avais dessiné, une première fois, ici même. La victoire dans les urnes de M. Hollande avait déchaîné quelques applaudissements et dans le Marais la décontraction était de mise sur les terrasses des cafés débordantes de monde.


Or, ce dimanche 5 mai 2017, rien de tout cela. Seuls quelques clients consommaient, dont plusieurs touristes "échoués" là par hasard… A 20 h, les clients français se contentaient de tapoter sur les touches de leur portable, d’un regard morne, sans pousser le moindre cri d’enthousiasme.


Deux heures de travail

En fait, l’élection de M. Macron était une victoire amère, et pas du toute une surprise : une victoire acquise par avance.
En train de laver des verres, derrière un comptoir en demi-lune, un jeune homme (vraisemblablement en charge de la salle) expliquait à un monsieur : « Cette fois, je n’ai pas voulu allumer la télévision pour éviter des bagarres lors de la divulgation des résultats ».

Il m’a fallu deux heures environ pour réaliser ce dessin qui semble délesté de toutes sortes de détails. L’intention était de me couler davantage dans un style spontané, désinvolte, en improvisant des zones de blanc laissant le croquis respirer. Le blanc, pour moi, est une couleur essentielle, une respiration salvatrice conférant de la légèreté à l’ensemble.

 

De vulgaires alibis

Après, je suis allé sur les ponts… dix minutes de marche seulement. L’ambiance n’était vraiment pas à la fête. Je m’y suis pris trop tard pour dessiner le chevet de la cathédrale. Un caricaturiste est passé par là, et il m’a salué. Il était ravi de l’élection de Macron, faisant valoir que c’était bon pour les artistes.
Encore des balivernes! Pour les élites, nous, les artistes oeuvrant dans la rue, ne sommes que de vulgaires alibis.

Ce sont les galeristes qui vont en faire, de juteuses affaires, sous un gouvernement au service des plus riches, ceux qui achètent et consomment si souvent par snobisme… Les autres, les petits, continueront à souffrir, en particulier de la baisse du pouvoir d’achat dont souffre toute une partie de la population.

 

Yann Le Houelleur

Les grand monuments parisiens, ça décoiffe !

L’Arc de Triomphe (dessin format A3) vu par Yann qui l’a dessiné pendant deux soirées consécutives en mai, encouragé par de nombreux touristes dont certains ont acheté des dessins… (Dessin terminé le 29 avril 2017)


Pendant tout le mois de juin, l’Atelier W à Neuilly-sur-Seine accueille Paris en tout sens. Une partie de cette expo présentera, sous un jour inédit, une série de monuments contribuant à la réputation de Paris.

 


Après une exposition catastrophique au métro Gallieni (une boutique administrée par l’Adie et la Ratp, située dans un endroit antipathique, en vérité un trou à rats), voici que profile un rendez-vous prometteur. Pendant tout le mois de juin, l’Atelier W, à Neuilly sur Seine, accueille « Paris en tous sens ». Dans ce salon de coiffure et de beauté située à 10 minutes à pied de l’avenue Charles de Gaulle se côtoieront par dizaines des dessins qu'a réalisés Yann Le Houelleur pendant les années écoulées.

L’expo sera conçue d’une manière dynamique et simple, conformément aux conseils de Valérie Amorim, la gérante de l’Atelier W : « Yann, vos dessins se suffisent à eux-mêmes. Vous n’avez pas besoin de vous ruiner en cadres ou en matériel de décoration ».

Une partie de cette expo sera consacrée aux grands monuments parisiens, pour la plupart des dessins faits récemment, dont celui de l’Arc de Triomphe présenté ici même. Ils ont tous un « trait commun » : leur spontanéité, leur absence de sophistication. Souvent, un dessin réussi est un croquis non terminé où plane une part d’infini présumé…

Cette expo vente commence dont le 1er juin 2017 et voici l’adresse :

 

Atelier W

 

16 rue Ernest Deloison

 

Neuilly

 

 

 

Metro Pont de Neuilly

 

Bus 43 ou 93 (arrêt: entre les immeubles face à la BNP-Paribas). Descendre du bus à l’arrêt place de Bagatelle 

 

 

 

HOTEL DE SOUBISE, DANS LE MARAIS - Confortablement adossé à un pilier du péristyle enveloppant la cour d’honneur de l’hôtel de Soubise, je dessinais la façade si stylée de celui-ci quand une averse se mit à tomber… Et je fus éclaboussé par tant d’eau, tout comme mon bloc à dessins. L’eau, ça sèche mais comme j’avais utilisé des crayons aquarellables le croquis fut en partie altéré. Mais pas trop défiguré quand même. De toute manière, c’est le genre de risque auquel un dessinateur s’expose quand il dessine en plein air… (Dessin fait le 4 mai 2017)

Quand le Marais prend l’eau, il faut de la couleur !

Encore une soirée de printemps gâchée par la météo. Alors, il ne fallait pas hésiter : accentuer la vivacité des couleurs pour conjurer une grosse tristesse. 

 


4 mai 2017


 

C’est si triste, un début de mai détrempé par la pluie. Les jours rallongent toujours davantage, et il est impossible d’en tirer le moindre profit. En fait, il reste moins d’un mois et demi avant que les jours ne commencent à rétrécir à nouveau. Cela donne le vertige. Ces nuits déjà si longues sont comme un trésor gâché.

Ce soir, j’aurais dû aller sur les ponts tenter ma chance avec mes dessins. Et faire des rencontres de toute sorte. Alors, je me contente d’un café pris dans un restaurant appelé Au cœur du Marais, à l’intersection entre la rue des Archives et la rue des Francs-Bourgeois. Une dame s’exprimant en anglais, à la table voisine, me regarde commencer mon dessin, bientôt rejointe par un homme débordant de charme, barbe soigneusement taillée, d’un brun foncé contrastant avec sa chevelure persillée de blanc.

C’est le patron du café. Avec beaucoup d’aisance, il me dit : « Mais pourquoi dessinez vous la devanture de mon concurrent ? » Effectivement, j’ai choisi de reproduire un bel immeuble de l’autre côté du carrefour occupé au rez de chaussée par le Comptoir des Archives dont la terrasse se déploie sous un store d’un rouge éclatant mêlé d’orange. Comme toujours, les couleurs relèvent d’une appréciation toute personnelle…

Les serveurs du café m’assurent que je suis en rien incommodant malgré le flot de crayons qui a submergé « ma » table, un scénario pour moi habituel. « Cela fait plaisir de voir un artiste à l’œuvre », m’assure l’un d’entre eux, qui se souvient m’avoir vu, plusieurs mois auparavant, dessiner un tout autre sujet. J’étais installé à la terrasse au tout début de la rue des Francs-Bourgeois et subjugué par la superbe porte donnant accès à la cœur d’honneur de l’hôtel de Soubise, elle aussi rouge…

Y. Le Houelleur

LE PONT NEUF – Début mai, il fait encore froid le long de la Seine. On voit peu de gens s’aventurer sur les berges, et le Pont Neuf n’est que plus troublant dans ce décor urbain : ses arches sont morcelées, hachurées, en partie masquées par les bateaux et péniches ancrés au pied du pont. Voici un dessin fait dans le plus grand calme. (2 mai 2017)

Jour de pluie, dans le 18ème

 

 

Sur la terrasse d'un café rue Custine, voici un dessin rapide relatant le contraste entre cette voie rectiligne et la pittoresque rue Labat. Il faut savoir se recroqueviller dans l’inspiration, oublier les tourments de la vie et en profiter pour tisser des liens d’amitié avec des amis de passage.

 

 

3 mai 2017



Voici un jour bien triste, comme le printemps, d’un tempérament instable, sait en réserver. Le thermomètre a dégringolé, et une pluie fine se met à tomber. Dans les rues, les parapluies accompagnent l’éclosion des fleurs.

Vraiment pas le jour idéal pour dessiner à ciel ouvert, parmi les passants. Il me reste de l’argent de poche, et je vais faire une tournée des cafés, de manière à dessiner paisiblement à l’abri du vent et des larmes célestes.
 

Il y a de très beaux immeubles, pas tous haussmanniens, dans le 18ème arrondissement, au pied de la butte Montmartre, dans un périmètre allant de Barbès à Marcadet-Simplon. De splendides perspectives aussi, en raison de la confrontation entre d’une part des voies, des passages, des rues anciennes et d’autre part des voies rectilignes tracées à la fin du 19ème siècle. Par exemple : la pittoresque rue Labat, longue d’à peine 500 mètres, en pente et qui débouche sur la rue Custine, plutôt chic.

Ces contrastes, je tente de les illustrer, à la terrasse du Café Royal Custine. Un dessin format A4 fait en toute spontanéité avec des stylos feutres puis des bâtons de pastel gras.

Election présidentielle

Oui, une journée particulière : ce soir, ce sera le débat 4 jours avant le second tour de l’élection présidentielle. J’aime la politique, j’en fais passablement, mais pour moi le meilleur « moyen » de transformation de la société, ce sera toujours l’art, pour autant bien sûr que les artistes soient authentiques et abordables (d’un point de vue comme d’un point de vie financier).

M’éloignant des tourments et des querelles, je me recroqueville dans l’inspiration. Je reprends des forces, de toute évidence si fatigué, grâce au contact spontané tissé avec des inconnus ces amis de passage qui s’ils n’apparaissent pas sur un carnet d’adresse laissent toutefois une trace dans notre existence parce qu’ils nous insufflent de l’énergie.

Précisément, alors que je dessine à la terrasse du Royal Custine, un monsieur à la chevelure grisonnante encore abondante, le visage émacié (il me confie souffrir d’une maladie grave) s’assied à côté de moi et avec un regard plein de mansuétude il m’observe. « C’est intéressant ce que je vous faîtes. Moi, j’ai fais au moins 50 gouaches dans le quartier assis dans des cafés ou en pleine rue. J’apprécie beaucoup reproduire les immeubles au croisement des rues, vus de biais. »

Ce monsieur ne vend pas ses dessins, ne réalise aucune exposition. Il fait ça pour le plaisir, et il assure privilégier le respect dû aux détails, sans doute d’une minutie à toute épreuve, tout le contraire de ce que je fais puisque j’opte pour la spontanéité, le chaos des lignes et l’explosion des couleurs. 

Mais un des ses amis, qui s’assied à sa table, lui reproche aussitôt sa modestie. « Ce monsieur ne vous dit pas qu’il a un talent fou et qu’il est connu. » Vrai ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, j’ai eu beaucoup de plaisir à discuter avec lui tout en dessinant…

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Valérie Atelier W | Réponse 04.06.2017 18.44

Merci Yann de confier vos créations à notre petit Atelier W
Vos dessins suscitent beaucoup d'engouement...
J'espère que l'émoi se transformera vite en achat ;-

Sergio | Réponse 31.05.2017 09.18

Toujours aussi beau de te suivre dans Paris au gré de tes dessins et des saisons qui se succèdent sur le papier, de l'été à l'hiver. Mais il y fait toujours bon

CLAUDE BOHER | Réponse 27.05.2017 22.02

Quel plaisir de voir que ça va mieux sur le Pont des Arts mon cher Yann ! Toujours de superbes dessins et - en général- de belles histoires !

Patrick Canhan | Réponse 21.05.2017 18.24

Un bel esprit humaniste pour guider tes mains à reproduire ce que tu vois et ressent je t'invite si ça te branche https://www.flickr.com/photos/patpardon/339

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Commentaires

06.07 | 17:58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

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21.03 | 20:48

rès beau travail Yann !!! le texte va bien avec tes dessins , tu fais vivre Paris comme dans un carnet de voyage ! en fait tu nous fais partager tes voyages

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18.03 | 23:18

Je ne saurais dire ce que j'apprécie le plus : les textes ou les dessins ? Un choix difficile les deux étant d'une excellente qualité ! Merci pour ces pages !

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30.12 | 10:55

Solidarité avec toi Yann ! Paris sans les artistes de rue n'est plus Paris ! Simona a tout à fait raison !

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