Parcours Yann: espoirs et galères...

Yann, en train de dessiner, face au château de Chantilly, un beau jour de septembre 2010.

étape n° 1

1996 - 2006

Franc-Parler, l’unique journal francophone au Brésil, avec
l’Alliance française


Il fallait tout savoir faire : improviser des articles, prendre des photos, y ajouter quelques dessins, étoffer le mailing des abonnés, démarcher auprès des entreprises pour obtenir des parrainages ou des publicités.
Ce labeur accaparait toute une partie de mon temps : mettre en page l’unique journal francophone au Brésil, de format tabloïd. Selon les éditions, 12 à 28 pages. Un travail de titan car personne ne voulait y consacrer d’interminables nuits blanches.
Le logiciel que j’utilisais était Adobe PageMaker, assez rudimentaire. Je n’avais pas les connaissances suffisantes et les moyens nécessaires pour insérer moi-même les photos dans les pages en cours d’élaboration. Ce surcroît de travail se faisait chez l’imprimeur, avant les rotatives ne se mettent à tourner.
Ce journal, qui publiait un tiers de ses articles en portugais, était un miracle permanent, car j’étais avant tout correspondant de plusieurs médias européens. A son apogée, entre 2002 et 2006, Franc-Parler fut soutenu par l’Alliance Française de São Paulo et même, à la fin de sa vie, par le consulat de France à São Paulo et l’ambassade à Brasilia. Mais la diminution des budgets accordés à la culture à l’étranger, tout comme les difficultés financières que traversa l’Alliance (ainsi que maintes jalousies au sein de la communauté française, assez venimeuse) condamnèrent ce projet médiatico-culturel à une mort soudaine.

(suite ci-dessous)

étape n° 2

2007 – fin 2008
Premiers dessins à Paris
et un "job" dans un hôtel



Retour précipité à Paris, pour de multiples raisons. Découverte du chômage, assez cruelle et des minimas sociaux. Nostalgie permanente du Brésil. Envie d’y repartir, avec un nouveau projet.
Premiers dessins dans les rues de Paris pour passer le temps. A l’époque, un moyen de prendre toute la mesure de la richesse et de la pluralité de cette ville. Journées entières passées dans des cafés ou assis à même le trottoir. Puis grâce à un contact noué, par hasard, avec un chef d’entreprise français au Brésil, une occasion se présente : une exposition dans plusieurs des magasins de son groupe de distribution, Tok&Stok, assortie du lancement d’une collection d’objets de décoration et d’agrément. J’ai envie de célébrer à ma manière l’Année de la France au Brésil, qui verra fleurir tant d’initiatives culturelles.

Septembre 2007, la chance me sourit enfin : un emploi de veilleur de nuit dans un hôtel du centre de Paris, dont la gérante, si compréhensive et cultivée, s’émeut de ma propension à dessiner sans relâche.
Mme Thiery me commande quelques dessins, qu’elle expose à la réception de l’hôtel. Un client, avocat, me permet d’acquérir un ordinateur en échange de quelques dessins.

La découverte d’une maladie, début 2008, pourrait me condamner à m’ancrer à Paris. Mais le désir de repartir est plus fort que tout. Je reprends le large : décollage, début octobre, pour São Paulo.


(suite ci-dessous)

étape n° 3


Fin 2008 - 2009
Une expo et une collection
d'articles au Brésil


Retrouvailles  avec São Paulo quelques jours avant l’écroulement des bourses dans le monde entier à cause de la crise des «subprimes»… Le projet avec Tok&Stok, distributeur spécialisé possédant  une trentaine de points de ventes à travers le Brésil, est d’abord revu à la baisse en raison de la conjoncture.
Je suis reparti au Brésil grâce à un permis de séjour de quatre ans accordé en ma qua-lité de correspondant de La Tribune, à l’époque en train de renaître de ses cendres.
Dans mes valises : les dessins faits à Paris. L’expo s’intitulera «Parallèles» et visera à tracer des similitudes et airs de parenté entre la capitale française et São Paulo ainsi que Rio de Janeiro.
Mes journées, je les passe dans les rues de la mégalopole brésilienne, en train de croquer et d’interpréter des édifices et monuments. Parfois, mes confrères de La Tribune m’appellent pour un article d’actualité, mais ce n’est pas trop souvent.
Début 2009, alors que l’Année de la France au Brésil décolle, le projet se met en branle : réalisation des premiers spécimens de tasses à café dans le corps desquels seront gravés deux dessins… l’un fait à Paris, l’autre à São Paulo. Ce seront les premiers produits de la collection «Croquis», mis sur les rayons de Tok&Stok en septembre 2009. Puis viennent des coussins, des reproductions de dessins sous forme de tableaux, et un service d’assiettes à l'occasion de Noël 2009 que je ne verrai jamais de mes propres yeux car il me faut regagner la France en novembre.

Cette collection est lancée «en parallèle» avec trois expositions : deux dans des magasins de Tok&Stok à São Paulo, une autre à Rio de Janeiro.

(suite ci-dessous)

étape n° 4

2010
Un CDD à Paris puis le chômage
avec la poursuite des dessins

 

«Dessiner est un rêve», m’avait fait observer le frère du président de Tok&Stok. (Lire le chapitre précédent). Un rêve qui ne va pas tarder à virer au cauchemar. A nouveau, dès mon retour à Paris, les affres du chômage et les minimas sociaux! Toutefois, j’ai la chance de me voir octroyer une «chambre sociale».

Nouvelle vague de dessins hivernaux dans les cafés de la capitale. Puis un miracle s’opère : un CDD de journaliste à l’Usine Nouvelle, au service web de cet hebdomadaire. «Il faut savoir qu’après ces sept mois avec nous, vous retomberez sans doute au chômage», me prévient le directeur de la rédaction. Ces prévisions s’avèreront exactes.
Le soir, après le boulot, je pars dessiner au cœur de Paris : tout y passe, les ponts, les églises, les parcs, les immeubles haussmanniens, les bouches de métro signées Guimard.

Octobre 2010 : le début d’une longue période de chômage. Grâce à mes allocations, je peux faire provision de matériel à dessiner, plutôt cher en général, et acquérir quelques outils de travail supplémentaires pour scanner cette abondante production.


(suite ci-dessous)

étape n° 5


2011

Paris en tous sens:
une expo à Paris et
des cartes postales
 

Mme Thiery, la gérante de l’hôtel Le Relais des Halles m’invite à me servir des murs de la cage d’escalier pour y exposer des dessins, qui débordent aussi dans la réception. Le projet «Paris en tous sens» est en marche…
Tel est le titre de l’exposition qui occupe cinq étages (sur six) de la cage. La vente des tableaux sera investie dans l’achat de matériel de dessin. Bien qu’étant une belle opportunité, cette expo s’avère un peu nostalgique, toutefois, car l’hôtel s’apprête à fermer ses portes, voué à s’étendre à un immeuble attenant. Le nombre des chambres va doubler.
Fermeture en octobre… et réouverture prévue en 2013.
C’est l’occasion de tester le marché avec la création d’une collection de cartes postales à l’effigie du Relais des Halles. Elles sont imprimées dans le onzième arrondissement, en plein été. Ce sont quatre points de vue bien différents de Paris.

Ces cartes postales suscitent bien des sympathies et bien des encouragements, sans doute parce qu’elles ont un graphisme assez particulier, et la collection sera relancée lors de la réouverture de l’hôtel. De même, il est prévu de redéployer l’exposition sous une forme différente, avec davantage de divulgation de ma part, cette fois-ci.

Etape n° 6



Début 2012

La société s’enfonce dans la déprime.
Et moi, que faire au milieu des ruines qui s’annoncent?

( 22 février 2012) - Mais pourquoi un créateur est-il soumis, malgré lui, à l’évolution de son style d’expression, ne retrouvant parfois pas, sous le vernis de ce qu’il fait, la trace de sa jeunesse. En cinq ans, que de chemin parcouru ! Vraiment, d’ailleurs ? En 2007, quand je reprenais goût à la vie à Paris, les dessins que je faisais étaient minutieusement léchés, d’une légèreté de trait reflétant la sérénité (je crois), et le dégradé du noir et des gris était soigné.

Maintenant, en 2012, il y a de la nervosité, de l’effervescence dans les traits, qui ne s’entrecroisent plus selon la même logique. C’est comme s’il fallait capter, avant tout, une émotion, dompter des pulsions, interpréter avec l’éventualité d’une certaine marge d’erreur(s) des paysages à l’emporte-pièce. Peut-être est-ce la conséquence de la vieillesse qui s’installe : le temps manquera de prendre du temps, alors autant camper, spontanément, sans trop s’attarder, des paysages et situations, au risque de se planter. La couleur s’invite de plus en plus, et elle prend explosivement ses quartiers, mais je continue à lui préférer les crayons et stylos noirs.

Souvent, je regrette mes premiers pas dans Paris en 2007 en tant que dessinateur au regard encore vierge (je revenais de l’étranger). Pourquoi le style a-t-il ainsi évolué, m’entraînant, je le pressens, vers d’autres horizons, d’autres formes  - éventuellement - d’expression?

Cette année s'annonce véritablement noire : les ravages du chômage qui étend ses tentacules sur la société française, la déprime accentuée qui s’empare de celle-ci, les tracasseries (bien involontaires) que font subir à un demandeur d’emploi les administrations et les humiliations qu’infligent les banques, entre autres. L’impression générale est que nous sommes nombreux à nous appauvrir.

Et moi, suis-je obligé d’accepter ces souffrances, ces tourments ? Dois-je autoriser la société à m’émasculer ainsi spirituellement et culturellement ? Même pas de quoi, en fin de mois, m’offrir ces livres et ces journaux que j’aime dévorer.
La société ne vise pas à encourager les gens à s’élever, à acquérir de la sagesse et de la dignité, mais les pressions médiatiques et technologiques visent, en général, à asservir la population à de nouvelles formes de tyrannies.

étape n° 6





Printemps-été 2012

Un guide sur Paris à l'horizon

( 22 février 2012) - Toujours en marge de la société, car au chômage, et ce n’est pas faute d’avoir répondu à des offres de boulot. Et puis, Pôle Emploi dans le quartier où je vis accuse des moyens insuffisants… Alors, il faut bien me débrouiller moi-même. Quand j’ai un peu d’argent, c’est pour acheter des livres de poche: romans, biographies et guides consacrés à divers aspects de Paris. A propos : Zola me fascine toujours davantage, avec sa rigueur, son vocabulaire si pléthorique et cette manière qu'il a de prendre son lecteur à la gorge. Fascination, aussi, pour l’histoire de France et quelques personnages en particulier, aussi bien Louis XIV que d’autres grands souverains mais aussi des hommes de vision, par ailleurs souvent férus d'art, qui su administrer la France et la mettre sur la voie de la prospérité. (Bien peu d'hommes publics, aujourd'hui, s'en montrent capables...)
Ma vision est que la culture est une puissante motivation pour survivre : il faut apprendre le chemin d’une certaine sagesse et être conscient qu’à l’heure de notre dernier souffle, nous aurons tout intérêt à nous en aller plus intelligent et riches d’acquis intellectuels que nous ne l’étions alors en pleine vie.
Je n’aime pas la France actuelle car elle délaisse trop la culture pour s’étourdir dans d’ignobles futilités.
Heureusement, la gérante d'un hôtel souhaite offrir aux clients de son établissement, en cours de rénovation, un cadeau très spécial : une série de balades dans les quartiers alentours. Je prépare un tel projet assidument, complétant la collection de dessins sur Paris et effectuant des recherches minutieuses. Il me faut assortir chaque dessin d’une dimension historique, tout en campant, dans les textes ainsi élaborés, des personnes rencontrées sur place et qui me parlent des endroits appréhendés.
 

étape n° 7

Automne 2012

Une exposition toute en émotions à Gennevilliers

( 14 01 2013) – On ne saurait se consacrer, durablement, à l’art si on n’allait pas à la rencontre du public, nouant et cultivant avec plusieurs personnes des contacts fructueux et recueillant des critiques aussi bien négatives que positives.

Voir ses créations sur des cimaises : quelle émotion, mais aussi quelle responsabilité ! On est investi, avant tout, de la mission de faire plaisir aux personnes et amis qui prennent la peine de se déplacer, afin de leur offrir une bouffée d’oxygène dans un monde devenu par certains aspects irrespirable. Telle est tout au moins ma conception de l’art et du rôle de l’artiste dans la société.

D’octobre à la mi-décembre 2012, j’ai eu la chance d’exposer une quarantaine de dessins dans les locaux de l’OPH-Gennevilliers, l’Office Public de l’Habitat relevant de la compétence des autorités de cette importante ville. C’était la 3ème exposition que je réalisais et sans doute la plus belle pour moi, car j’ai senti combien l’authenticité et la sincérité d’un travail mené sans vanité aucune pouvait toucher le cœur des personnes. Il ne m’appartient pas de décrire, en définitive, ce moment privilégié. Quelques phrases laissées sur le livre d’or me comblent de bonheur quand je les relis :

Vos dessins expriment la beauté des lieux ; beaux et habités. L’architecture, la perspective, le relief, les ombres et la lumière me touchent. Bravo et merci pour ces endroits historiques et précieux.

Rien de tel que des dessins installés dans le premier instant, celui du cœur.
(signature fort élégante mais hélas pas tout à fait lisible commençant par un B)

Belle exposition. Ce ne sont pas de simples dessins. Je sens chez l’artiste un vécu de la situation. Il a capté le temps, la lumière, les bruits du quotidien ou le silence, peut-être même les odeurs qui lui ont donné toute cette sensibilité à fleur de peau pour aller à l’essentiel du trait.

Voilà qui a permis d’oublier deux déconvenues subies en 2012 : l’échec d’une formation professionnelle  - graphiste - et l’enterrement d’un projet de guide sur quelques arrondissements de Paris mêlant dessins et textes.

Précison : l’évolution du graphisme telle que l’impose l’évolution de la technologie trop endiablée m’écœure plus qu’elle ne m’enchante. Les professionnels se vautrent le plus souvent dans le pillage d’idées fournies par d’autres, abusent d’artifices et subterfuges, mettent leur savoir au service de toutes sortes de manipulateurs, l’esprit d’une profession étant sacrifié sur l’autel de la communication et du mercantilisme.

étape n° 8

2013

Une année qui démarre mollement avec toutefois des projets concrets à l'automne

( 27 06 2013) – Plus que quelques années devant moi à vivre, à me noyer dans les coups de crayons et à prendre des coups ainsi qu’un bon coup de vieux !
Alors, allons-y. Mais l’année commence mollement. Et il est vrai que l’époque est à la mollesse, surtout depuis que nous avons (pas moi, Dieu merci !) élu un hypnotiseur en la personne de «F.H.» .

De la pluie, à longueur de journée ; et un seul jour d’ensoleillement en mai (pour fêter un an de roses au pouvoir…) Alors, difficile de dessiner dans les rues pour compléter et concrétiser des projets en cours, dont un à Gennevilliers. Mais avec un peu d’obstination, on peut trouver la parade en se cachant par exemple sous le Pont du Carrousel pour dessiner le Pont Royal et les toitures si amples du musée d’Orsay.

Il paraît que l'automne est une saison propice à cueillir les fruits de ses efforts. J'ai dessiné pendant tout l'été en vue d'une exposition  - une vingtaine de dessins -  dans un restaurant du 13ème arrondissement, l'Hydrophobe. Pour la première fois, ce sont des grands formats qui impliquent un défi: conserver "l'esprit dessin" sur une surface normalement impartie à de la peinture. Autrement dit, il faut garder intact la spontanéité, la liberté de trait, le juste équilibre entre les diverses composantes du paysage...
POUR CE QUI EST DE L'EXPO: veuillez vous reporter, sur ce site "Paris en tous sens" à la rubrique "Expo 2013".

En novembre, sans doute, participation à une exposition collective dans une ville de banlieue avec la présentation de dessins inédits qui donneront le coup d’envoi d’un projet sur lequel je travaille dans le plus grand secret.
 
En novembre aussi: une petite place au soleil  - à savoir, deux dessins -  lors d'une exposition devenue prestigieuse à Montreuil, les Hivernales.

Et puis, je ferai en sorte que derrière certains de mes dessins en apparence inoffensif s’épanouissent des idées qui me sont chères, car j’ai pas mal de choses à dire et il me faudra bien les partager avant de mourir…
 

étape n° 9

été 2013

Dessins sur papier grand format dans des endroits fabuleux, si près de Paris


A partir d’un certain âge, où plutôt «un âge certain», tout se met à aller bien trop vite, comme si le temps s’était soudain emballé, comme s’il échappait désormais à toute logique.
Déjà l’été, et toujours la même chose: alors que tant de mes amis s’en vont taquiner d’autres horizons, me voici «condamné», par manque de moyens, à circonscrire mes voyages à l’Ile-de-France.

En fait, plutôt que de jalouser ceux qui choisissent des destinations exotiques, je les plaindrais presque : ils préfèrent ignorer combien les paysages, la nature et l’architecture peuvent exciter l’imagination et l’inspiration à quelques enjambées seulement du lieu ils habitent. Depuis trois ans, je réside à Gennevilliers, une ville assez moche, en partie une cité dortoir.

Pendant deux mois, en juillet et en août, j’ai pris des rames aux couleurs du Transilien pour découvrir des destinations fabuleuses: Nemours, Moret-sur-Loing, Pontoise et l’abbaye de Maubuisson, Herblay, Goussainville (avec son village devenu fantôme) ainsi qu’Etampes et Ormoy-la-Rivière où un ami, policier municipal, loue un mobil home. Eté empreint de sérénité, à me fondre corps et âme dans de si beaux cadres… Certains après-midi, je ne dépensais guère que cinq euros (une boisson fraîche à la terrasse d’un café, un paquet de biscuits voire une glace). Et j’ai rencontré des autochtones, des touristes avec lesquels j’ai pris le temps de bavarder. Certains m’ont même offert un repas!

Pour autant, je n’ai pas oublié de faire escale, certains jours, à Paris, pour dessiner quelques classiques : Palais Royal, Notre-Dame, Tour Eiffel, Hôtel de Soubise…

Cet été 2013 a marqué un tournant pour moi dans ma manière d’appréhender les paysages. Dessins de grand format, cette fois-ci, avec ajout  - sur place -  d’aquarelle et de crayons de couleur. En juillet, j’avais promis au chef d’un restaurant dans le 13ème d’exposer des dessins de grande envergure dans son établissement…

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Fin 2013


Plusieurs dessins accrochés dans un restaurant, boulevard Arago
 

(Photo ci-contre: Pascal, le chef de salle de l'Hydrophobe, mentionné dans les lignes qui suivent.)


Parmi toutes les formes d’art, celle de la cuisine est certainement la plus admirable car à la portée de la compréhension de chacun. Tirer des viandes et des légumes les plus divers les meilleures saveurs, marier celles-ci et veiller à ce qu’il n’y ait aucune fausse note dans l’assiette : cela ressemble fort, mais de manière plus complexe, aux acrobaties d’un illustrateur et d’un peintre. La bonne cuisine va de pair avec tant d’autres manières de s’exprimer…

C’est dans un excellent restaurant que certains de mes dessins ont passé les fêtes de fin d’année. Patrick, le chef de l’Hydrophobe (au 35 bis boulevard Arago, dans le 13ème), et Pascal, le chef de salle, m’ont confié le soin d’égayer leurs murs, d’octobre à janvier. C’est grâce à la bienveillance d’un oncle, le Dr Jacques Le Houelleur, que j’ai fait la connaissance de ces deux professionnels des papilles. Le contact, d’emblée, fut sensationnel et l’accrochage d’une vingtaine de dessins s’est fait dans la bonne humeur. J’ai même eu droit à quelques bons repas.

Heureusement que j’avais passé une partie de l’été écoulé à manipuler des crayons de toutes les couleurs. Patrick et Pascal voulaient que les dessins exposés témoignent une certaine joie de vivre et qu’ils apportent un zeste de fantaisie. Par chance, j’ai pu vendre une demi-douzaine de dessins (à des prix défiant toute concurrence!) Pour dire la vérité, je n’ai presque rien gagné car j’ai dû investir une petite fortune dans l’achat de cadres et de baguettes + crochets permettant de suspendre «les tableaux».

A ce niveau, l’art n’est pas rentable, mais je ne vais pas me mortifier ainsi: j’ai plus de 50 ans, j’ai le statut de chômeur et je préfère partager des émotions visuelles plutôt que de rester cloîtré dans une chambre à me goinfrer de télévision et de jeux vidéo (que je déteste). Et je préfère vendre des dessins bon marché plutôt que de voir ceux-ci moisir dans des cartons chez moi.

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Magda HL Peintre Intuitive | Réponse 25.03.2017 16.28

J'aime bien ce parcours vivant et pas tout lisse ! ^^ Lu ton comm ici et ai apprécié ! http://www.lamaisondesartistes.fr/site/communique-de-la-commission-preven

Michel Baudon | Réponse 10.07.2014 15.07

J'aime beaucoup ce parcours que je perçois riche dans ce que je ressens comme humain, comme se réaliser, je le trouve riche et, empreint d'une juste analyse.MIK

Paulo Di Mello | Réponse 31.10.2012 06.34

Je sais très bien le travail de cet artiste qui a une sensibilité extrême à capter l'univers qui est autour de lui, je lui souhaite beaucoup de succès dans son nouveau poste et je souhaite que mes amis français ont également été honoré le travail de cet a

aa | Réponse 26.03.2012 13.18

Non seulement vous dessinez bien mais vous écrivez tout aussi bien !

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Commentaires

06.07 | 17:58

Salut , je suis l'un de tes nombreux admirateurs , je tai croisés plusieur fois dans Paris , notament surr le pont de la megisserie prés de Notre Dame .
Bravo

...
21.03 | 20:48

rès beau travail Yann !!! le texte va bien avec tes dessins , tu fais vivre Paris comme dans un carnet de voyage ! en fait tu nous fais partager tes voyages

...
18.03 | 23:18

Je ne saurais dire ce que j'apprécie le plus : les textes ou les dessins ? Un choix difficile les deux étant d'une excellente qualité ! Merci pour ces pages !

...
30.12 | 10:55

Solidarité avec toi Yann ! Paris sans les artistes de rue n'est plus Paris ! Simona a tout à fait raison !

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