Janvier 2O2O

Fossé de l’Aumône à Gennevilliers : un quartier réputé « chaud » et pourtant chaleureux…


Par un bel après midi d’hiver, le dessinateur de « Paris et Banlieue en tous Sens » a croqué une boulangerie, le long de la rue de la Couture d’Auxerre. Pendant qu’il dessinait : discussion franche mais respectueuse avec des ados un peu turbulents, qui m’ont parlé mal du maire de Gennevilliers. Un grand « merci » pour leur accueil et un « merci » tout aussi chaleureux à trois frères et sœurs venus m’offrir un gros morceau de pizza, des mandarines et une tasse de café.

 

26 janvier 2020


 

Depuis mon long séjour au Brésil   - 17 ans de mon existence dédiée à divers projets dans ce pays si tumultueux, dont la création et l’élaboration d’un journal francophone –  mon inconscient se saisit parfois de moi. J’ai envie de retrouver ce contraste auquel je m’intéressais dans plusieurs quartiers de São Paulo : de modestes mais pittoresques maisons perdues au milieu d’une jungle nouvelle de bâtiments bien plus récents, de toutes envergures. Comment et pourquoi ces témoins d’un passé déjà oublié ont-ils survécu à l’avidité parfois néfaste des bétonneurs et professionnels de l’immobilier, lesquels n’ont aucun respect pour la mémoire, tout comme certains maires ?

Alors que j’avais traversé le quartier du Fossé de l’Aumône (quel joli nom !), quelques semaines auparavant, cette boulangerie au carrefour des rues de la Couture d’Auxerre et Georges Sand.
 

Pas un envahisseur

Voilà un endroit très attachant, malgré la réputation assez négative qui lui est faite, en raison d’une jeunesse tumultueuse fréquentant de telles rues en fin d’après-midi. Quinze minutes après que je me sois installé sur le trottoir opposé à celui de l’aimable boulangerie, des ados commencèrent à tourner autour de moi. Pas du tout agressifs, alors qu’ils auraient pu me considérer comme un envahisseur d’un territoire qui est leur. 

Ma relation avec les jeunes est très curieuse et ambiguë : comme je ne parais pas mon âge, il ne me considère jamais comme « une vieille branche » mais ils ont à mon égard un grand respect, m’appelant « Monsieur » et me vousoyant. Je comprends leur égarement, dans une société où ils se sentent mal intégrés, peut-être parce que des artistes, des intellectuels, des « mecs expérimentés » ne viennent pas leur rendre suffisamment visite. D’ailleurs, ils détestent le maire de Gennevilliers, dont ils m’ont parlé à plusieurs reprises, sans même que j’évoque le sujet de la politique. Pour dire la vérité (rien que la vérité !), certains m’ont confié que le maire se mêlait trop de « certains trucs qui se passent dans le coin et qu’il ne fait pas grand-chose pour eux ».

D’abord, ils m’ont posé plein de question sur la ma manière de dessiner, tous admiratifs de la vitesse avec laquelle je « croquais » la boulangerie et les maisons alentours. J’ai toujours pensé que la société actuelle est faite pour tirer les gens vers le bas, en particulier la jeunesse sevrée des valeurs délétères dont les abreuvent les médias, pour lesquels, publicité aidant, seuls comptent le look, le paraître, la vanité, le fric.

La tromperie des communistes

Les communistes, c’est clair, n’ont jamais songé à pousser qui que ce soit vers le haut puisque leur gigantesque tromperie idéologique, partagée par tant de partis situés à gauche (contagion s’étendant à la France insoumise et son leader si vulgaire M. Mélenchon) consiste à prôner l’égalitarisme. Or, l’égalitarisme porte en lui le venin de la jalousie : tous ceux qui peuvent dépasser d’un cheveu les autres sont jugés avec suspicion voire jalousie. Et pour consolider cet égalitarisme assassinant les talents, rabotant la liberté d’entreprendre (autant que la liberté d’expression), les « cocos » et les « gauchisants » ont recours à la pire des exploitations de l’homme : l’assistanat, cette stratégie qui revient à acheter les gens en leur offrant des avantages et bénéfices en tout genre, de manière non seulement à ce qu’ils ferment leur gueule mais à ce qu’il se contentent d’une certaine médiocrité très chère à maints partis politiques. Suivez mon regard…

Et ce que j’apprécie justement chez ces jeunes, c’est leur propension à parler de tout avec une désinvolture mêlée, il est vrai, d’un cynisme constant. Un jeune de 17 ans, au visage plutôt angélique, mais qui jouait tout comme ses copains à m’enfumer un peu (de manière à tester ma sincérité) m’avoua qu’il n’avait peur de rien. Et ses copains l’approuvèrent aussitôt.

Mais si j’ai « utilisé » le mot enfumé, c’est à bon escient dans cet article.

Oui, ces ados ne dédaignent pas du tout fumer… un joint. D’ailleurs, le fric est pour eux, indéniablement, une valeur. Mais un fric qui s’obtient vite et au prix d’une défiance de l’autorité. La première question qu’il m’ont posée, après m’avoir interrogé sur mon dessin, ce fut : « Vous en prenez de la drogue, vous, Monsieur ? »

Substances illicites

La cocaïne : ils ne considèrent pas que ce soit dangereux pour la santé et le mental, tous comme les autres substances dites illicites devenues le gagne pain de plein de monde dans une société où la valeur travail n’est plus vraiment sacralisée.
L’un d’entre eux m’informa, carrément : « Tu vois, là (désignant un certain endroit le long de la rue), on vend pour 50.000 euros de came par jour ». Avait-il confondu « jour » et « semaine » ? Exagérait-il pour me provoquer et m’amener à m’ouvrir sur ce sujet si important dans leur vie qu’est la drogue, partout rampante et même présente ?

Ils avaient tous entre 15 et 20 ans. Rares sont ceux qui me parlaient de leur avenir professionnel. Sauf un garçon qui me déclara (encore une provoc ?) vouloir devenir policier.
Les keufs, précisément, ils en parlent toujours assez mal. Aucun d’entre eux ne voient « le bon côté » de la police : venir en aide, si souvent, aux plus démunis, ceux que la délinquance et la violence condamnent aux enfers. Et bien sûr, maintenir un ordre républicain indispensable à la cohésion de la société.

Alors, un peu moraliste je l’admets, j’essayais de leur faire prendre conscience que sans police la société deviendrait une jungle, qu’il n’y aurait plus aucune limite dans les abus en tout genre. Et à ce moment là, aucun d’entre eux ne se mot à broncher. Tout se passait comme si je les avais (sans pour autant être naïf) convaincu…


Un quartier sympathique, le Fossé de l’Aumône, mais réputé malgré tout « chaud » et « dur ». L’un de ces jeunes me décrivit même son quartier comme… « un ghetto ».


Une famille bienveillante

Pourtant, j’ai fait des rencontres merveilleuses, tout autant avec ces jeunes qui m’ont appris beaucoup de choses, qu’avec des passants venus me saluer.

Trois enfants, qui étaient venus me saluer accompagnés de leurs parents, vinrent m’offrir tout d’abord un gros morceau d’une pizza savoureuse. De la fenêtre de l’appartement que cette fratrie occupait, un HLM plutôt coquet de trois ou quatre étages, leurs parents m’observaient avec bienveillance. Ces trois frères et sœurs s’appellent Anas, Mohamed et Ines. Quand je les ai vu, si heureux de m’offrir de quoi me ravitailler, j’ai pris peur pour eux. J’ai pensé à ce qu’ils seraient dans quelques années, eux qui étaient si innocents, leur cœur encore totalement tourné vers le bien, ignorant les dangers qui les cernaient, protégés par des parents aimant.

Par la suite, ils sont venus m’offrir des mandarines, des noix (du Brésil, serais-je tenté de dire) et  - cerise sur le gâteau -  une tasse de café bien chaud alors que le froid commençait à mordiller la peau et que des nuages s’accumulaient par-dessus toits et antennes de télévisions, menaçant de se déchirer.
Comme j’aimerais les remercier, ces enfants et leurs parents ! Une telle gentillesse m’a énormément ému. Et je leur ai promis de « mettre mon dessin sur facebook » et sur mon site « parisentoussens ».

Où que l’on aille, pour autant que l’on aime les autres, on est accueilli avec une hospitalité, une douceur contrastant avec la violence dont nous abrutissent, chaque jour, les médias qui finissent par infester nos esprits en y distillant la peur, l’ineptie, la vulgarité. Et d’ailleurs, soyons francs : s’ils sont au mains d’industriels et de capitalistes, les journaux, radios et télés déroulent un contenu élaborés par des journalistes dont la majorité se déclarent « de gauche ».

Ah, j’oubliais de dire : un de ces frère et sœurs m’a offert un dessin très émouvant (épinglé sur ma page facebook) représentant, selon lui, Paris (la Tour Eiffel, esquissée en orange) et une maison, peut-être son immeuble, avec des fleurs tout en bas qui évoquent l’arrivée du printemps, dans quelques semaines… De tout cœur, merci jeune artiste !

Yann Le Houelleur

 
 

Rue Lepic, un dessin vendu par hasard…

 

Désireux de fuir l’étroitesse de mon appartement, il m’arrive souvent, lors de l’hiver, d’en quitter la chaleur pour aller dessiner à la terrasse de caté ou carrément dans la rue. Au moins, je rencontre des personnes positives et qui parfois, même, m’achètent un dessin…

 

21 janvier 2019


                                                                                                                                           
En hiver, c’est toujours le même rituel qui s’instaure. Dans l’appartement que je partage, à Gennevilliers, avec mon colocataire Philippe, on se sent à l’étroit et il fait toujours trop chaud, une température tropicale anesthésiant les neurones. 

Les ordinateurs que le coloc adore réparer et mon matériel de dessin déferlent partout, à tel point qu’on se croirait dans un souk !

Je ne me sens pas chez moi, mais dans une sorte de prison dont les barreaux seraient un manque perpétuel d’argent. En été par contre, comme je parviens à vendre des dessins à l’air libre, les choses sont plus faciles.

Malgré tout, je parviens à me payer des cafés, aussi bien à Paris que dans des communes limitrophes. Je ne deviendrai jamais riche : certains jours, je dépense jusqu’à dix euros sur la terrasses de bistrots ou brasseries sélectionnés en raison de la vue qu’ils permettent d’embrasser.

En particulier, j’ai souvent besoin d’avoir une vue imprenable sur le Moulin Rouge car les touristes adorent ce monument affichant, par sa couleur, sa joie de vivre. C’est au Rouge Bis que je me rend, de l’autre côté du boulevard de Clichy. En hiver, la terrasse est souvent désertée et je peux m’étaler sur deux tables ! Joseph, le patron, et ses serveurs me laissent installer, autour de moi, quelques cartons à dessins sur lesquels « j’accroche » (au moyen d’un papier collant) des croquis féconds en couleurs.

Mais il est rare que j’en vende ici même. Quand je prends trop de temps pour reproduire le prestigieux cabaret, il me faut bien prendre deux cafés, successivement, pour ne pas donner l’impression de trop envahir… et de protiter de la gentillesse légendaire des serveurs, donc ma grande amie ukrainienne Olga qui trouve toujours les mots pour réconforter le vieux mec un peu ronchonneur que je suis.


Friandises confectionnées sur place


Ce lundi 21 août, un froid glacial martyrisait Paris. Sitôt le dessin fini, je grimpais la rue Lepic et parvenu à son point culminant, là où elle rejoint la rue des Abbesses, j’optais pour un nouveau séjour à la terrasse d’un café plutôt bobo, le Pain Quotidien, qui de surcroît propose des friandises confectionnées sur place.

En hiver, la terrasse est copieusement chauffée et je peux dessiner en toute quiétude une rangée d’immeubles brandissant des cheminées très élancées avec, au carrefour, un restaurant, le Nazir, dont une marquise en verre décrit des vaguelettes.

Pour la première fois depuis longtemps, j’étais heureux, en passe de renouer avec une sérénité piétinée par de tristes événements personnels, entres autre un vol commis chez moi par un jeune voisin.
Cette « pourriture » était venue solliciter une faveur à mon colocataire : réparer un ordinateur. A peine avions nous le dos tourné qu’il se mettait, sans que le moindre doute ne nous effleure, à nous subtiliser plusieurs biens. Il aurait pu s’abstenir d’emporter notamment un trousseau de clefs, ce qui a conduit les occupants des lieux à changer la serrure, ce qui nous a coûté un saladier.


Il faut remonter la pente

J’ai ainsi perdu de précieuses heures que j’aurais aimé en toute logique dédier à des dessins. La petite racaille qui a commis cet acte infâme, tout comme son oncle qui a tenu des propos homophobes susceptibles de lui valoir un procès, me dégoûte au plus haut point.

Alors, maintenant, il me faut remonter la pente… Je suis d’une nature superstitieuse et j’attendais un clin d’œil favorable du Destin. Alors que mon dessin de la rue des Abbesse prenait forme, un monsieur vint me parler. « Que faites vous de beau ? C’est pas mal, dites donc ! » Laurent voulait savoir si j’avais d’autres dessins et fort heureusement je me déplace toujours avec un éventail de croquis et esquisses dans une pochette alourdissant mon sac à dos.

Son choix se porta sur un dessin des Deux Magots, à Saint Germain des Prés, élaboré avec beaucoup de spontanéité et légèreté quant aux couleurs. « Ce qui m’a attiré, me confia Laurent, c’est de voir une scène devenue si rare à Paris… un mec en train de dessiner dans la rue avec plein de matériel autour de lui. Vous n’êtes pas comme ces artistes de la place du Tertre dont on ne sait plus si la production vient de France ou de Chine et même d’ailleurs. »

Laurent est un homme sérieux, entrepenant, jeune d'esprit, vêtu avec élégance et sobriété. Il travaille dans l’immobilier, commercialisant des maisons dans plusieurs villes de province, à des prix qui, à Paris, seraient infiniment plus élevés. 

Et puis, tout comme moi, il s’intéresse à la politique, au point d’avoir son nom sur une liste citoyenne aspirant à conquérir la mairie d'une ville d'envergure moyenne dans le centre de la France, très affectée par la lèpre de la désindustrialisation.

J’ai montré à Laurent ma carte d’adhésion à un grand parti politique français souvent montré du doigt par les intellectuels et les artistes se targuant (tout au moins nombre d’entre eux) de défendre des valeurs du gauche alors qu’ils sont narcissiques et si souvent enracinés dans la fourberie. 

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque Laurent me jura avoir pris sa carte au même parti.. « Macron c’est foutu. Il a tant méprisé ses concitoyens, leur a tant craché au visage… Il ne sera pas réélu, c’est certain… »

Yann Le Houelleur 

 
 
 
 
 
 

De petits chocolats pour supporter le froid

Alors que le dessinateur était en train d’élaborer ce dessin bien parisien à Asnières, Michèle, sympathique vendeuse à la Petite Chocolaterie, eut la délicatesse de lui offrir un sachet de friandises. Cadeau bienvenu alors que le froid redoublait d’intensité.

 

7 février 2020


 


Quand on circule à pied dans les alentours de la gare d’Asnières, on risque fort d’avoir l’illusion d’avoir été parachuté dans un élégant quartier de Paris, tel que les étrangers, surtout ceux en provenance du Nouveau monde, les apprécient. Balcons filants soutenus par des consoles, lignes de refend, fines nervures délimitant les travées, portes d’entrée majestueuses ornées d’un ourlet qu’ornent parfois fleurs sculptées… influence de l’Art Nouveau et de l’époque haussmannienne entremêlées.

Ces bâtiments ne peuvent qu’inspirer un dessinateur empêché, par la grève dans les transports publics, de se rendre trop souvent à Paris. Sur ce dessin, deux restaurant se font concurrence : la Rotonde et le Cercle. Alors qu’à Paris les stores des brasseries délaissent le rouge pour adopter des tonalités jugées moins ostentatoires, ces deux établissements ont tous deux opté pour une couleur aussi tonique.

Des gestes d’amitié touchants

Voilà un endroit bien agréable, en tout cas, et pour élaborer ce dessin je me suis assis à l’orée d’une ère de stationnement pour vélos en location. J’étais quelque peu gêné, il est vrai, par le flot de voitures qui empruntent la rue Denis Papin longeant les quais de la gare pour s’engager aussitôt dans la rue de la Station.

Par chance, je m’étais assis à proximité de la vitrine de la Petite Chocolaterie, encore pleine d’animaux et de personnages évoquant Noël. J’avoue ma chance : souvent, quand je dessine à l’air libre, des inconnus me témoignent leur amitié, par des gestes touchants, comme si un dessin était un passeport pour entre dans leur vie quotidienne.

Michèle, une vendeuse travaillant à la Petite Chocolaterie, vint me voir : « Voulez-vous un chocolat ? » Plutôt qu’un, elle me tendit un petit paquet avec au moins six carrés et rectangles chocolatés, d’une saveur exquise, de quoi reprendre un peu d’énergie pour affronter le froid qui commençait à affûter ses griffes. Je demandais à cette dame, Michèle, si les ventes n’avaient pas été trop affectées par les grèves dans les transports publics. « Oh vous savez, quelle que soit la conjoncture, les gens aiment déguster de bonnes choses ! » Sur un ton jubilatoire, Michèle vint à poursuivre : « Vous savez, la vitrine de notre boutique, c’est moi qui prépare le décor que je renouvelle saison après saison » Bravo, Michèle, vous aussi êtes une artiste !

Premières feuilles sur un arbre

D’ailleurs, sur ce petit fragment de trottoir, je fis deux belles rencontres, après la tombée de la nuit.
Rick, un Américain séjournant à Paris pour y apprendre le français, me demanda s’il pouvait voir mes dessins. (J’en ai toujours un paquet dans mon sac à dos, au cas où…) Lui-même est artiste et il me montra une de ses plus récentes œuvre : un pâté de maisons bien françaises (de par leurs toits en pentes plantés de cheminée).

Puis un jeune homme, attendant sa copine au chaud dans son survêtement, m’adressa des encouragements. « J’aime dessiner, mais plutôt des mangas… »
Sami s’avère un garçon sérieux, l’un de ces jeunes qui fort intelligemment commencent à creuser leur sillon professionnel dans des métiers d’avenir. « Je suis chef de rang au restaurant du Train Bleu, à la gare de Lyon. » En voiture pour un peu d’optimisme et de gentillesse dans cette société française en pleine déprime où presque tout le monde se méfie des autre !

Mais j’allais oublier un cadeau supplémentaire auquel j’eus droit ; au fut et à mesure que le ciel s’obscurcissait, je découvrai, ébahi, qu’un arbre tronçonnant mon dessin offrait déjà aux passant des touffes de feuilles d’un vert léger, un peu comme si nous étions en mars.
Avait-il perdu la tête, cet arbre ? Non, c’était un indice supplémentaire du dérèglement climatique.

Yann Le Houelleur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mes amis les SDF


EPISODE 1 / 
Chaque fois que je dessine la nuit apparaissent « des amis de passage »… ils sont SDF. Ils comptent parmi les plus fervents « fans » de mes dessins. Certains me racontent leur trajectoire de vie, leurs drames, et curieusement ils sont rares à se plaindre de leur sort. Comment se fait-il le président Macron affirme que la France va mieux alors que de plus en plus de gens dorment à la rue et fouinent dans les poubelles pour se nourrir ?

 

1er janvier 2020 


 

De nombreux courriers et tâches administratives que je fais pendant une bonne partie de la nuit m’amènent à rejoindre mon lit tôt le matin. Parfois, je me lève sur le coup de 11 heures, voire midi. La vie d’artiste… En hiver, comme les journées sont si éphémères, il reste une solution pour étoffer mes stocks de dessins : dessiner la nuit malgré le froid que je parviens à dompter, m’empiffrant de massepain acheté dans les bazars du boulevard Voltaire à Asnières.

Alors, comment font-ils, ces SDF que je rencontre si fréquemment dans les rues de Paname, eux qui se contentent d’une maison en carton ou d’une couverture sous le porche d’une église, par exemple?
Les SDF, ce sont les fans les plus enthousiastes de mes dessins. Un SDF, par nature, est comme un petit animal qui (comparaison aucunement méchante, bien au contraire) veille sur son territoire : un bout de rue, une place, un passage… Quand il sent une présence inhabituelle, ne voilà-t-il pas qu’alerté par son sixième sens il se met en quête de faire la lumière sur l’intrus. Certains SDF, un peu trop alcoolisés, peuvent se montrer agressifs. Mais la plupart sont adorables et je me demande comment notre « cher » président, qui avait promis de ne laisser aucun individu dans la rue, peut ne point se repentir d’avoir si mal tenu cette promesse. Monsieur Macron et tant d’autres politiques ne connaîtront la vraie vie que lorsqu’ils se seront déguisés en SDF pour se glisser parmi ce peuple en apparence invisible afin de comprendre comment les dysfonctionnements de toute sorte survenus dans notre société si inégalitaire peuvent conduire des hommes et des femmes à vivre tels des chiens dans l’espace public.

On me traite souvent de « facho » parce que je considère que nos élites ont oublié le peuple et qu’il faut redonner le pouvoir au peuple.
Parmi mes ennemis politiques, dans ma commune, un grand prétentieux connu pour sa fourberie m’a accusé d’avoir un mauvais fond. Mais il rédige sa « propagande électorale » dans la chaleur d’une maison dont le chauffage est payé grâce à un salaire fixe et il ignore tout de la vie de ces misérables qui n’ont aucune importance puisqu’il ne votent pas.

Si j’avais un mauvais fond, je ne serais tout naturellement pas sensible au sort de petits gars comme Maxime, dont j’ai fait la connaissance en dessinant deux tours jumelles du Printemps assis par terre, bien après la tombée de la nuit, dans la rue Caumartin. « Putain, qu’est ce qui sont beaux tes dessins », m’a assuré ce garçon de 24 ans tout en désignant  - quelques dizaines  de mètres plus loin -  un espace partagé avec trois copains : les marches de l’église Saint Louis d’Antin, encadré par de robustes colonnes.

ETRANGERS DANS LEUR PROPRE PAYS

« Nous sommes une équipe de potes très soudés. Nous veillons les uns sur les autres. Tiens, hier j’avais très mal aux dents, et un de mes potes, un Marocain, s’est débrouillé pour me trouver un médicament. »
Maxime, 100 % français, est un étranger dans son propre pays. Il n’a aucun document sur lui, à cause d’une bizarrerie de notre administration qui en définitive aide si peu les exclus à être insérés dans « le système ». Ecoutons-le expliquer son drame. « Je n’ai pas de carte nationale d’identité car je me suis tout fait voler. (La majeure partie des SDF sont dans ce cas.) Pour en avoir une, et pour obtenir aussi une carte Vitale, il me faudrait bénéficier d’une domiciliation. Or, je ne peux pas me faire domicilier, même par une mairie, car je n’ai pas de carte d’identité… »

Un cercle vicieux que ne parviennent pas à briser ces être si précarisés. Je ne comprends pas comment les mairies, ou des organismes gouvernementaux, n’envoie pas des spécialistes dans les rues pour aider tous ces « sans toit ni loi » à obtenir pour le moins des papiers officiels. De toute manière, dès qu’on naît en France, on laisse une trace administrative quelque part !

" TU AS LA CHANCE DE DORMIR AU CHAUD "

Alors, Maxime et ses copains n’ont d’autres solutions que de faire la manche et de fouiller, scrupuleusement, les poubelles de ce quartier parmi les plus aisés de la capitale. Pour en revenir au mal de dents de ce jeune homme, j’ai pu constater qu’il avait des dents très abîmées. Il m’a affirmé être atteint d’une maladie dégénérative qui le condamne à avoir une espérance de vie réduite. Alors, il a eu cette phrase formidable : « Toi, tu te plains parce que tu te fais voler des tas de choses quand tu dessines dans la rue. Mais tu as la chance de dormir au chaud. Et moi, j’ai la chance d’avoir une intelligence un peu au-dessus de la moyenne  - j’ai fait des études d’économie dans une faculté -  qui me permet de comprendre les choses et de relativiser ma situation. Même si je suis précaire, je profite au maximum de ce que m’offre la vie, des rencontres qui se présente comme ce soir avec toi, un bel artiste… »

Comment la vie de Maxime a-t-elle basculé ainsi jusqu’à subir l’humiliation suprême de ne pas avoir un toit à lui ? Je ne puis le dire car il m’a raconté son secret… vous savez, des genres de drames qui peuvent survenir à n’importe qui, n’importe quand, parce que nous vivons dans un monde toujours plus violent où l’individualisme forcené prôné par certains partis politiques (tels ceux au pouvoir, ne vous en déplaise) conduit à fracturer, segmenter, saucissonner toujours davantage la société comme pour rendre les faibles encore plus faibles.

A SUIVRE : le prochain épisode sera mis en ligne très prochainement 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Heureuse surprise à Asnières : un kiosque haussmannien au milieu de la place Voltaire

Coiffé d’une amusante coupole écaillée, il est le rescapé d’une hécatombe à Paris, où 360 kiosques ont été remplacés par des sortes d’«urnes funéraires » gérantes, très moches.

 

Fin décembre 2019


Quelle ne fut pas la surprise du dessinateur de « Paris en tous Sens » de voir se dresser, dans une ville appartenant à la banlieue parisienne, un kiosque haussmannien : d’une envergure raisonnable, il comporte, en sa partie supérieure, des festons et surtout un dôme écaillé. Pas de doute : au milieu de la place Voltaire, à Asnières, le père Noël avait offert aux habitants un kiosque comme on en trouvait plusieurs mois auparavant dans toutes les rues de Paris.

En quelque sorte, un rescapé d’une hécatombe, puisque la Mairie de Paris, toujours aussi délirante, a fait remplacer 360 kiosques tels que celui-ci par des sortes d’ « urnes funéraires » géantes jugée « moches et coûteuses » par de nombreux Parisiens. Le gentil vendeur de journaux, place Voltaire, d’origine asiatique auquel j’ai acheté un exemplaire du « Canard Enchaîné «  n’a pas su, hélas, me dire d’où venait exactement son kiosque.

Mais il avait l’air très heureux de travailler dans un tel élément du patrimoine parisien sacrifié sur l’autel de la publicité par la très dépensière Mairie de Paris. En effet, les 360 kiosques parisiens sont confiés à Mediakiosk, filiale de JC Decaux, en vertu d’un concept appelé « délégation de service publique ». Or, Mediakiosk enregistre de pulpeuses recettes en vendant les espaces publicitaires dont sont flanqué ces kiosques. Le chiffre d’affaires annuel atteint près de 30 millions d’euros, selon Mediapart.

Café de Flore et Deux Magots 

Avez-vous observé, dans la capitale française, à quel point tout et n’importe quoi finit par devenir un support de publicité. Les pubs ont envahi la Ville Lumière, engendrant une pollution visuelle épouvantable. Quelques semaines auparavant, j’avais eu l’honneur de dessiner, à la demande de sa gérante, Nelly, un kiosque parisien prêts à être détruit.

Ce kiosque se dressait entre les terrasses de deux restos prestigieux : le Café de Flore et les Deux Magots. Nelly a depuis retrouvé « son » kiosque, mais d’un tout autre style, aussi laid que tous les nouveaux autres. « Pourtant, j’avais demandé au maire du 6ème arrondissement d’inscrire mon kiosque haussmannien au registre des monuments historiques » m’a-t-elle garanti. « Hélas, il n’a pas été entendu par la Mairie de Paris ». 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Peu à peu, le Grand Paris met Pavillon(s) bas

Les charmants pavillons sont impitoyablement détruits pour faire place à des résidences et immeubles en béton.


Fin décembre 2019


 

Sans trop le vouloir, le dessinateur de «  Paris en tous Sens » soit le témoin de bouleversements dans la trame pleine d’accrocs d’un paysage urbain en pleine métamorphose. 

Peu à peu, des endroits qui apportaient une sorte de parenthèse propice à la poésie et à la respiration, au milieu d’une banlieue déjà surpeuplée, disparaissent pour faire place à des résidences et des immeubles destinés à accueillir des familles parisiennes fuyant la flambée des loyers dans la capitale. C’est ainsi que sont détruits, sous le regard impuissant des autochtones, de charmants pavillons se dressant derrière des jardins peuplés d’arbres fruitiers, dont des pommiers et des figuiers…

Peu avant la Noël, dans une petite rue d’Asnières proche du métro Gabriel Péri, j’ai repéré un trio de pavillons… devant lesquels se pavanait une bulldozer. Il était temps d’immortaliser, malgré le froid, ce fragment de rue appartenant déjà au passé. Quelques jours plus tard, ainsi que le montre une photo. la maison à gauche avait déjà subi les assaut des démolisseurs : fenêtres éventrée, toit défoncés… Plus rien, plus personne ne résiste à la guerre que nous livrent les bétonneurs, le BTP et des municipalités qui se montrent impuissante à empêcher que la banlieue ne se transforme en une accumulation de cages à lapins…

Yann Le Houelleur 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le mariage de l’église et du platane

Alors que je dessinais l’église de Clichy, un consommateur très sympa assis à la terrasse du café… de l’église me demanda de lui vendre le croquis en cours. Pourtant, il faisait froid, la nuit était tombée à une vitesse folle… et je ressentais de la chaleur au cœur.

PRECISION : Ce dessin a été réalisé à nouveau sur la terrasse du Café de l'Eglise quelques jours après avoir élaboré celui dont il est question dans le texte qui suit. Habituellement, je mets toujours mes dessins à la disposition du public après les avoir scannés chez moi.

10 décembre 2019



Cet après-midi, un lundi, j’ai vécu une incroyable aventure à Clichy. Il me fallait suivre, à pied, depuis Gennevilliers, mon colocataire un peu souffrant qui devait aller acquérir du matériel informatique dans une boutique spécialisée. Bien entendu, compte tenu des grèves qui ont mis au chaud dans leur hangar bus et rames de métro, nous avons fait le trajet Gennevilliers-Clichy à pied.

Il me fallait absolument, sous peine d’engourdissement de mon inspiration, faire un dessin. Rien de tel qu’une halte à la terrasse du Café de l’Eglise. Une église assez quelconque par son apparence, restaurée il y a peu, qui présente toutefois une curiosité amusante : une petite porte d’entrée d’un rouge framboise clinquant. Ce qui m’intéressait le plus, en réalité, était le mariage de cet édifice avec un platane éclaté en plusieurs branches qui semblaient vouloir s’incruster dans la pierre même… 

«  Ca fait plaisir » 

Dès que me suis posé, ma présence a suscité la curiosité de deux hommes qui discutaient en arabe. Ils étaient épatés par mes trousses à crayons. L’un d’eux, Mustafa, m’a dit : « Ca fait plaisir de voir des artistes comme vous ». Un peu pressé, car la nuit s’apprêtait à tomber vite, je lui ai raconté ce que je faisais habituellement à Paris, quand la grève ne sévissait pas. Il m’a stupéfait en me disant : « Chaque fois que je découvre un village, je cherche en premier à voir l’église car cela me donne une idée de son histoire… »

Ensuite, il ajouta qu’il n’était pas croyant du tout, et je fus quelque peu rassuré car je me méfie toujours de ce sujet, la religion. Et il m’interrogea : « Ca coûte combien, un dessin ? » Il  posa un billet de 20 euros sur ma table où un café avait déjà refroidi, et il me dit : « Merci de faire ce dessin pour moi. Si je ne suis plus là, vous pouvez le remettra au patron. Je travaille dans le coin… » 

Or, j’étais fort mal situé, en vérité. Conséquence de la grève des transports qui sévissait depuis six jours : des flots de voitures se précipitaient de partout et quelques rares bus m’obstruaient la vue par intermittence, avançant lentement. Et puis, la nuit, effectivement, survint à une vitesse inattendue, de sorte que je terminai mon dessin dans la pénombre, toutefois atténuée par une grappe de réverbères au pied de l’église, procédant comme s’il faisait encore jour. J’avais peur que des collégiens un peu agités, revenant de classe, ne buttent contre la table et fassent ainsi dégringoler des petits pots d’encre de Chine dont j’avais besoin pour renforcer certains traits. 

Bombe oubliée

Finalement, après une heure et demi de travail, interrompu par toutes sortes de brèves discussions, je pus achever ce dessin et je le confiai au patron du bar, comme convenu. Mais j’avais oublié d’emporter avec moi une bombe de fixatif et je glissais, dans une enveloppe, outre ma petite production du jour, un mot à l’intention de Mustafa lui demandant d’attendre 17 h, le lendemain, pour prendre possession de son dessin. « Je reviendrai pour y mettre du fixatif et le coller sur du papier épais noir pour faciliter l’encadrement ». J’espère qu’il aura la patience d’attendre, à moins qu’il ne s’empare du dessin dans son état le plus rudimentaire.

Cela, une fois de plus, me rendait conscience de la magie que nous autres, artistes, suscitons, quand nous réveillons en des inconnus l’enfant qu’ils n’ont pas vraiment cessé d’être et qui aimait manier feutres et pinceau pendant certains cours plutôt « cool » à l’école.

Oui, ayons conscience que nous sommes de grands enfants… et des magiciens. 

Yann Le Houelleur 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

IL RESTE UNE SEMAINE AVANT LA PARUTION DE PARIS EN TOUS SENS

Voilà une idée de cadeaux originaux : 40 dessins « made in Paris », tous des orignaux, à acquérir à des prix d’ami. De quoi réjouir les yeux de vos amis, connaissances et collègues. Dans la sphère artistique, une revue comme celle-ci, " Paris en tous Sens " est une initiative extrêmement rare et donc précieuse.

 

P A R   Y A N N   L E   H O U E L L E U R

Ces temps-ci, il me faut jongler avec beaucoup d’activités et d’obligations. Mais j’ai fait le choix de mettre mes compétences au service d’autrui, et je dois assumer, sans pour autant me plaindre, une charge de travail excessive. Notamment, je participe à une campagne électorale, en vue du renouvellement de l’équipe municipale, à Gennevilliers, ville de 42.000 habitants aux portes de Paris où j’ai pris racine bien que travaillant à 90 % à Paris en ma qualité de dessinateur.

C’est dans ce contexte plutôt hostile, tout au moins tendu, que va éclore, la semaine prochaine, le n° 11 de « Paris en tous Sens ». La couverture a déjà été réalisée. La voici en exclusivité.
Cette édition comprendra une quarantaine de dessins, véritable mine d’inspiration et de couleurs dans laquelle vous pourrez piocher de manière à offrir des dessins élaborés à Paris mais aussi  - nouveauté cette année -  des dessins faits en banlieue.

Comme il fait froid, désormais, et que je ne puis rester des heures durant sur les trottoirs, l’humidité attaquant mes muscles et dégradant les feuilles de papiers, la solution s’impose une fois de plus : proposer des originaux exclusivement (en vertu de mon éthique professionnelle) à des amis, connaissances, clients réguliers… pour leur permettre de faire des cadeaux originaux à l’occasion de Noël.

Ces dessins, presque tous de format A 4, sont vendus entre 30 et 45 euros.
Dans quelques jours débutera l’envoi, à vous toutes et vous tous, du PDF de Paris en Tous Sens n° 11.

Je compte sur vous pour réserver à une telle initiative un accueil enthousiaste.

Avec mes remerciements et mes meilleures pensées.

Yann Le Houelleur
(06 89 58 71 34)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

ARTICLE COUP DE POUCE

ARTICLE COUP DE POUCE


Houcine et ses amis ont bien du courage…

Dans un passage donnant sur la rue du faubourg St Denis, face au café Sully, Houcine et ses amis vendent des habits de bonne qualité et cependant à des prix abordables. Ils veulent travailler et ne pas tomber dans le piège de l’assistanat social. Encourageons-les !!! 

 

2 décembre 2019


 
Elle est intéressante, la rue du Faubourg Saint Denis, avec un métissage architectural des plus débridés. Peut-être l’un dernier coins de la capitale à conserver un esprit parisien, en raison notamment des nombreux petits commerces qui s’y succédent. Si je ne le trompe : aucun supermarché n’est venu altérer et même pourir la vie des habitants.

Alors, un soir où sévissait le froid, je me suis mis à dessiner un café assez marrant, le Sully, enseigne le long des stores dont il manque un « L ».Mais en définitive, c’est à la terrasse de ce café qu’il me faudra rendre compte, par le biais de mes crayons, du fonctionnement et de la fréquence de visiteurs d’un commerce d’habits assez insolite…

Au n° 12 de la rue du Faubourg Saint Denis, il y a un passage à l’entrée duquel se sont installés une équipe de jeunes, portant tous des noms arabes, dont je suis devenu un ami et un confident. Ils sont d’une gentillesse phénoménale, vendant des pantalons, des chemises, des vestes d’une qualité excellente à des prix défiant toute concurrence.


Un loyer baucoip trop élevé

Eh bien, figurez-vous que la ville de Paris leur demande chaque mois… 1500 euros pour louer un espace dans un passage où, en hiver, le froid et le vent s’engouffrent assez brutalement. Quant on connaît le gâchis des finances publiques auquel s’adonne l’équipe municipale en place, on ne peut qu’être choqué par un loyer aussi élevé qui pénalise ces jeunes. Responsable de ce sympathique commerce, Houcine, 28 ans, a travaillé auparavant dans l’hôtellerie, jusqu’au jour où il a eu envie de voler des ses propres ailes.

Et chaque mois, son business est donc amputé de 1500 euros. Cela aurait-il ruiné Mme Hidalgo et M. Brossat que de leur accorder « seulement » 700 euros ? Hélas, on connaît le peu de cas que les cocos font du petit commerce, comme j’ai pu le constater à Gennevilliers. Par contre, les vendeurs de bière, d’eau minérale, d’images de Paris made in China peuvent s’en donner à cœur joie : ils sont pour la plupart illégaux en France, ils sont insolvables, ils incarnent cette générosité dans l’accueil des étrangers dont la France abuse et dont Emmanuel Maceon s’ennorgueillit… Alors il est bien normal que d’autres casquent à leur place.  


« Je rencontre des personnes qui m’apportent quelque chose »


Houcine habite toujours chez ses parents. « C’est pratique quand, certains mois, je n’arrive pas à avoir un salaire. » Sur le ton de la provocation, je lui ai demandé s’il n’aurait pas préféré opté pour un commerce tel que le deal de substances illégales, très florissant, et il a eu cette réponse admirable : « Au fond, mon plus beau salaire, certains jours, c’est de rencontrer des personnes qui m’apprennent des choses, qui me donnent la certitude d’avoir une activité utile pour la société… »

Je souhaite tout le bonheur du monde, autant à Houcine et ses copains. Je ne peux faire grand-chose pour les aider. Tout juste puis-je vous recommander d’acheter vos pantalons, T-shirt, sous vêtements, Sweatshirts, polos, blousons auprès d’eux, une cabine d’essayage se trouvant même sur place. Ces jeunes ont la passion de la qualité, le sourire toujours aux lèvres, d’une gentilesse à toute épreuve. Ils ont fait le choix différent dans cette voie sans issue qu’encouragent tant « mes » élus cocos de Gennevilliers, la commune où j’ai été amené à résider : le shoot permanent aux aides sociales et aux subventions de toutes sortes qui, à la longue, produit des attardés mentaux et des assistés à vie…

Yann Le Houelleur 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Commentaires

19.06 | 07:03

Bonjour Yann, pas de nouvelles depuis mars 2020 ! Comment vas-tu ?

...
17.11 | 04:01

Bonjour Bruno! Merci, nous sommes voisins... Je n'arrive pas à "voir qui vous êtes" si toutefois vous habitez aussi la grande barre Victor Hugo à Gennevilliers!

...
14.11 | 18:55

Coucou Yann c'est bruno
Un ptit coucou que je trouve super ton site
Bonjour a sheriff
A bientôt
Bruno de Henri MUSLER toujours a VH

...
18.07 | 04:10

You can send me your email address too. Thanks

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